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La chimie et le sport
Si les conditions de compétition et de la physiologie humaine demeurent, 50 % des épreuves
ne seront plus perfectibles au-delà d’1/2000
e d’ici vingt ans. Nous allons donc assister à
une raréfaction des records. À terme, la notion même de « course au record » risque de se
déprécier fortement.
Cela nous amène à relativiser la pérennité de la devise olympique « plus vite, plus fort, plus
haut ». Par ailleurs, on peut se demander s’il ne serait pas judicieux de modifi er les objectifs
olympiques et de s’orienter vers une valorisation des luttes entre athlètes plus que vers des
performances pures. Enfi n, si cette course aux records est maintenue, allons-nous observer
un désintérêt progressif des media pour ces disciplines, notamment celles touchées par le
dopage ?
D’après Geoffroy Berthelot, Épidémiologie de la performance : 1896-2008, la fi n du citius. Extrait du 2
e Symposium de l’IRMES, 2007. www.insep.fr/FR/activites/Recherchemedicales/Pages/IRMES-INSEP.aspx.
les phases non nagées : au
moment du plongeon ou juste
après le virage (voir aussi les
Chapitres de D. Masseglia et
de F. Roland, qui donnent des
exemples d’introduction de
nouvelles technologies dans
le sport).
Or le nombre de records
établis au cours des trois
dernières olympiades (Sydney,
Athènes et Pékin), comparé à
l’ensemble des records battus
au cours des précédentes,
montre une augmentation
signifi cative qui ne semble
due qu’à un seul paramètre :
l’introduction de la combinaison en natation. Il est en
effet possible d’en mesurer
l’effet, en ne dénombrant que
i) les records battus dans les
disciplines autres que la natation et ii) les records établis
en natation où les nageurs
n’ont pour autant pas utilisé
de combinaison (la plupart à
Sydney, très peu à Athènes,
aucun à Pékin). On constate
alors que les records du
monde établis aux Jeux olympiques en 2000, 2004 et 2008
dépendent pour deux tiers
d’entre eux du seul paramètre
« combinaison ». Isoler aussi
nettement l’impact d’un seul
OFF
ON
Figure 19
L’introduction d’une perturbation
(phase « ON »), telle qu’une
technologie nouvelle, induit, après
un bref temps d’adaptation et
d’apprentissage, une augmentation
rapide du niveau, suivie d’une
régulation qui conduit à un état
d’équilibre. Après arrêt de la
perturbation (phase « OFF »), la
performance diminue brutalement.
L’importance de l’effet « OFF » est
comparable à celui de l’effet « ON »
avec, à chaque fois, augmentation
de l’amplitude des variations de la
valeur observée avant équilibre,
traduisant un accroissement
transitoire de la variabilité ou une
plus grande volatilité, au sens
économique du terme.
d’adaptation et une courbe
d’apprentissage qui évolue
jusqu’au nouvel état d’équilibre (partie ON de la
Figure 19). Lorsqu’on supprime la source de la perturbation (partie OFF de la Figure
19), les performances diminuent brutalement.
L’effet des combinaisons
sur la natation mondiale est
particulièrement signifi catif.
Le port de la combinaison a
été instauré pour diminuer
la traînée hydrodynamique et
réduire les microturbulences
autour de la surface cutanée,
de même que les macroturbulences, par un effet de
compression très important
sur la poitrine, les fesses et le
dos. Il en résulte une pénétration dans l’eau beaucoup plus
effi cace en particulier dans
La chimie et le sport
Si les conditions de compétition et de la physiologie humaine demeurent, 50 % des épreuves
ne seront plus perfectibles au-delà d’1/2000
e d’ici vingt ans. Nous allons donc assister à
une raréfaction des records. À terme, la notion même de « course au record » risque de se
déprécier fortement.
Cela nous amène à relativiser la pérennité de la devise olympique « plus vite, plus fort, plus
haut ». Par ailleurs, on peut se demander s’il ne serait pas judicieux de modifi er les objectifs
olympiques et de s’orienter vers une valorisation des luttes entre athlètes plus que vers des
performances pures. Enfi n, si cette course aux records est maintenue, allons-nous observer
un désintérêt progressif des media pour ces disciplines, notamment celles touchées par le
dopage ?
D’après Geoffroy Berthelot, Épidémiologie de la performance : 1896-2008, la fi n du citius. Extrait du 2
e Symposium de l’IRMES, 2007. www.insep.fr/FR/activites/Recherchemedicales/Pages/IRMES-INSEP.aspx.
les phases non nagées : au
moment du plongeon ou juste
après le virage (voir aussi les
Chapitres de D. Masseglia et
de F. Roland, qui donnent des
exemples d’introduction de
nouvelles technologies dans
le sport).
Or le nombre de records
établis au cours des trois
dernières olympiades (Sydney,
Athènes et Pékin), comparé à
l’ensemble des records battus
au cours des précédentes,
montre une augmentation
signifi cative qui ne semble
due qu’à un seul paramètre :
l’introduction de la combinaison en natation. Il est en
effet possible d’en mesurer
l’effet, en ne dénombrant que
i) les records battus dans les
disciplines autres que la natation et ii) les records établis
en natation où les nageurs
n’ont pour autant pas utilisé
de combinaison (la plupart à
Sydney, très peu à Athènes,
aucun à Pékin). On constate
alors que les records du
monde établis aux Jeux olympiques en 2000, 2004 et 2008
dépendent pour deux tiers
d’entre eux du seul paramètre
« combinaison ». Isoler aussi
nettement l’impact d’un seul
OFF
ON
Figure 19
L’introduction d’une perturbation
(phase « ON »), telle qu’une
technologie nouvelle, induit, après
un bref temps d’adaptation et
d’apprentissage, une augmentation
rapide du niveau, suivie d’une
régulation qui conduit à un état
d’équilibre. Après arrêt de la
perturbation (phase « OFF »), la
performance diminue brutalement.
L’importance de l’effet « OFF » est
comparable à celui de l’effet « ON »
avec, à chaque fois, augmentation
de l’amplitude des variations de la
valeur observée avant équilibre,
traduisant un accroissement
transitoire de la variabilité ou une
plus grande volatilité, au sens
économique du terme.
d’adaptation et une courbe
d’apprentissage qui évolue
jusqu’au nouvel état d’équilibre (partie ON de la
Figure 19). Lorsqu’on supprime la source de la perturbation (partie OFF de la Figure
19), les performances diminuent brutalement.
L’effet des combinaisons
sur la natation mondiale est
particulièrement signifi catif.
Le port de la combinaison a
été instauré pour diminuer
la traînée hydrodynamique et
réduire les microturbulences
autour de la surface cutanée,
de même que les macroturbulences, par un effet de
compression très important
sur la poitrine, les fesses et le
dos. Il en résulte une pénétration dans l’eau beaucoup plus
effi cace en particulier dans
