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La chimie et le sport
est de plus en plus diffi cile
à dépister, souvent planifi é
scientifi quement chez les
professionnels, profi tant des
failles dans les protocoles, ou
utilisant des substances ou
des méthodes de plus en plus
transparentes pour les appareils, avec des concentrations
de plus en plus faibles. Face
à ces diffi cultés, une nouvelle
stratégie a été mise en place
par l’AMA, consistant non plus
à détecter un produit dopant
(ou ses métabolites), ponctuellement pendant ou hors
compétition mais à en suivre
régulièrement et systématiquement les effets en mesurant les variations qu’il induit
dans l’organisme sur des
marqueurs dits indirects. En
effet, chaque métabolisme et
chaque système endocrinien
étant unique et caractéristique
d’un individu, la seule comparaison avec une norme établie
à partir de la communauté
sportive dans son ensemble,
peut conduire, par exemple,
à des accusations de dopage
infondées. Pour cela, l’AMA a
mis en place un programme
de suivi longitudinal et systématique au cours duquel
ces marqueurs, qui sont des
variables pertinentes et déterminantes d’une classe de substances en fonction de l’objectif
recherché (module hématologique ou urinaire) seront systématiquement recherchés. La
collecte et le suivi des valeurs
mesurées constituent alors
le profi l du sportif, permettant la constitution du Passeport biologique de l’Athlète, en
vigueur depuis décembre 2009
(Encart : « Le concept de passeport biologique »).
Mais jusqu’à quel point
peut-on entrer dans la sphère
privée de l’athlète ? On note
qu’actuellement, les footballeurs en Ligue des champions
de l’UEFA
45 sont déjà tenus
de signaler leur localisation
365 jours par an, afi n d’être
joignables en permanence en
moins de trois heures pour
pouvoir être testés aux molécules dopantes à tout instant
ou presque !
Certains vont jusqu’à proposer
de légaliser et médicaliser le
dopage, en disant qu’après tout,
on n’y échappera pas (Encart :
« Légaliser le dopage ? »). Or,
il y a lieu d’être prudent à ce
sujet, car il y a un problème
éthique fondamental [5].
45. UEFA : Union des associations
européennes de football.
LÉGALISER LE DOPAGE ?
« Mon point de vue, c’est que s’il est utilisé de manière
adéquate par un médecin ou sous l’autorité de la recherche
scientifi que, même un médicament comme l’EPO peut
trouver un équilibre dans son emploi. Je ne comprends
pas les instances de la lutte antidopage qui disent qu’elles
veulent rendre les choses équitables, car le sport n’est, par
essence, pas un terrain de jeu équitable.
Si vous voulez rendre les choses équitables, alors tout doit
devenir légal… »
Propos du skieur Bode Miller, 2005
La chimie et le sport
est de plus en plus diffi cile
à dépister, souvent planifi é
scientifi quement chez les
professionnels, profi tant des
failles dans les protocoles, ou
utilisant des substances ou
des méthodes de plus en plus
transparentes pour les appareils, avec des concentrations
de plus en plus faibles. Face
à ces diffi cultés, une nouvelle
stratégie a été mise en place
par l’AMA, consistant non plus
à détecter un produit dopant
(ou ses métabolites), ponctuellement pendant ou hors
compétition mais à en suivre
régulièrement et systématiquement les effets en mesurant les variations qu’il induit
dans l’organisme sur des
marqueurs dits indirects. En
effet, chaque métabolisme et
chaque système endocrinien
étant unique et caractéristique
d’un individu, la seule comparaison avec une norme établie
à partir de la communauté
sportive dans son ensemble,
peut conduire, par exemple,
à des accusations de dopage
infondées. Pour cela, l’AMA a
mis en place un programme
de suivi longitudinal et systématique au cours duquel
ces marqueurs, qui sont des
variables pertinentes et déterminantes d’une classe de substances en fonction de l’objectif
recherché (module hématologique ou urinaire) seront systématiquement recherchés. La
collecte et le suivi des valeurs
mesurées constituent alors
le profi l du sportif, permettant la constitution du Passeport biologique de l’Athlète, en
vigueur depuis décembre 2009
(Encart : « Le concept de passeport biologique »).
Mais jusqu’à quel point
peut-on entrer dans la sphère
privée de l’athlète ? On note
qu’actuellement, les footballeurs en Ligue des champions
de l’UEFA
45 sont déjà tenus
de signaler leur localisation
365 jours par an, afi n d’être
joignables en permanence en
moins de trois heures pour
pouvoir être testés aux molécules dopantes à tout instant
ou presque !
Certains vont jusqu’à proposer
de légaliser et médicaliser le
dopage, en disant qu’après tout,
on n’y échappera pas (Encart :
« Légaliser le dopage ? »). Or,
il y a lieu d’être prudent à ce
sujet, car il y a un problème
éthique fondamental [5].
45. UEFA : Union des associations
européennes de football.
LÉGALISER LE DOPAGE ?
« Mon point de vue, c’est que s’il est utilisé de manière
adéquate par un médecin ou sous l’autorité de la recherche
scientifi que, même un médicament comme l’EPO peut
trouver un équilibre dans son emploi. Je ne comprends
pas les instances de la lutte antidopage qui disent qu’elles
veulent rendre les choses équitables, car le sport n’est, par
essence, pas un terrain de jeu équitable.
Si vous voulez rendre les choses équitables, alors tout doit
devenir légal… »
Propos du skieur Bode Miller, 2005
