CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Des noms triviaux… inspirés !
La nomenclature systématique permet de nommer les
structures chimiques en respectant une série de règles
bien établies selon la présence des groupements fonctionnels et de leur emplacement dans la molécule. Or,
il est fréquent d’attribuer des noms triviaux aux structures complexes a?n d’alléger leur identi?cation. Ces
noms ne sont, dès lors, plus soumis à aucune règle, ce
qui donne parfois des noms complètement loufoques.
Voici les trois grandes catégories générales de noms familiers.
Catégorie 1 : Noms inspirés
de leur origine
Dans cette catégorie, le composé est
nommé en fonction du lieu où il a été
découvert, ou encore de la plante ou de
l’animal duquel il a été isolé. Par exemple,
la valériane, ou « herbe à chat », doit son
nom àValéria, une province de l’époque
de l’Empire romain.
La centaureidine, une molécule possédant des propriétés anti-inammatoires, est trouvée dans une plante
de la famille des Astéracées, soit la Centaurea corcubionensis. Cette dernière tire son nom d’une vieille légende
selon laquelle la plante aurait guéri les blessures d’un
centaure
11 .
La gigantine n’est pourtant pas une molécule très
volumineuse ! Son nom provient d’un cactus géant
présent en Arizona et au nord du Mexique, soit le
Carnegia gigantea
12 . Ce dernier peut atteindre jusqu’à
15 m de hauteur. Il s’agit du deuxième plus grand cactus
du monde. La gigantine est un puissant hallucinogène.
Catégorie 2 : Noms inspirés d’une personne,
d’un animal ou d’une chose
La deuxième catégorie répertorie les molécules
dédiées à des personnes qui, souvent, ont joué un
rôle majeur dans la découverte de la structure à
nommer. Cependant, il arrive que les noms ne soient
en rien liés au champ d’expertise de la découverte.
La nomenclature devient alors un hommage à une
personne aimée ou témoigne simplement des intérêts du chercheur.
L’étymologie de l’acide bohémique
est presque inima ginable ! Le professeur Donald E. Nettleton (1930-2005),
un chercheur sérieux, a étudié, en
1979, un antibiotique complexe qui
n’avait pas encore été répertorié et
qui n’avait donc pas encore de nom. Or,
le professeur Nettleton, un passionné
d’opéra, s’est inspiré de son œuvre
préférée entre toutes, vous l’aurez
deviné… La Bohème ! Son enthousiasme pour l’opéra
de Puccini ne s’arrêta pas là. Lorsqu’il a étudié les
sous- unités de l’acide, il s’est empressé de leur trouver des noms de circonstance en relation avec les personnages de l’opéra, notamment ceux décrits dans le
tableau ci-dessous
13 . Les sous-unités sont produites
par la fermentation de l’acide bohémique causée par
l’Actinosporangium.
Personnage de La Bohème
Nom de la sous-unité
Rudolpho (le poète)
rudolphomycine
Marcello (le peintre)
marcellomycine
Colline (la philosophe)
collinemycine
Musetta (la chanteuse)
musettamycine
Mimi (la couturière)
mimimycine
Alcindoro (le conseiller d’État)
alcindoromycine
La structure des sous-unités renferme un squelette
commun :
Centaure
2.5 Nomenclature des composés organiques
57
Des noms triviaux… inspirés !
La nomenclature systématique permet de nommer les
structures chimiques en respectant une série de règles
bien établies selon la présence des groupements fonctionnels et de leur emplacement dans la molécule. Or,
il est fréquent d’attribuer des noms triviaux aux structures complexes a?n d’alléger leur identi?cation. Ces
noms ne sont, dès lors, plus soumis à aucune règle, ce
qui donne parfois des noms complètement loufoques.
Voici les trois grandes catégories générales de noms familiers.
Catégorie 1 : Noms inspirés
de leur origine
Dans cette catégorie, le composé est
nommé en fonction du lieu où il a été
découvert, ou encore de la plante ou de
l’animal duquel il a été isolé. Par exemple,
la valériane, ou « herbe à chat », doit son
nom àValéria, une province de l’époque
de l’Empire romain.
La centaureidine, une molécule possédant des propriétés anti-inammatoires, est trouvée dans une plante
de la famille des Astéracées, soit la Centaurea corcubionensis. Cette dernière tire son nom d’une vieille légende
selon laquelle la plante aurait guéri les blessures d’un
centaure
11 .
La gigantine n’est pourtant pas une molécule très
volumineuse ! Son nom provient d’un cactus géant
présent en Arizona et au nord du Mexique, soit le
Carnegia gigantea
12 . Ce dernier peut atteindre jusqu’à
15 m de hauteur. Il s’agit du deuxième plus grand cactus
du monde. La gigantine est un puissant hallucinogène.
Catégorie 2 : Noms inspirés d’une personne,
d’un animal ou d’une chose
La deuxième catégorie répertorie les molécules
dédiées à des personnes qui, souvent, ont joué un
rôle majeur dans la découverte de la structure à
nommer. Cependant, il arrive que les noms ne soient
en rien liés au champ d’expertise de la découverte.
La nomenclature devient alors un hommage à une
personne aimée ou témoigne simplement des intérêts du chercheur.
L’étymologie de l’acide bohémique
est presque inima ginable ! Le professeur Donald E. Nettleton (1930-2005),
un chercheur sérieux, a étudié, en
1979, un antibiotique complexe qui
n’avait pas encore été répertorié et
qui n’avait donc pas encore de nom. Or,
le professeur Nettleton, un passionné
d’opéra, s’est inspiré de son œuvre
préférée entre toutes, vous l’aurez
deviné… La Bohème ! Son enthousiasme pour l’opéra
de Puccini ne s’arrêta pas là. Lorsqu’il a étudié les
sous- unités de l’acide, il s’est empressé de leur trouver des noms de circonstance en relation avec les personnages de l’opéra, notamment ceux décrits dans le
tableau ci-dessous
13 . Les sous-unités sont produites
par la fermentation de l’acide bohémique causée par
l’Actinosporangium.
Personnage de La Bohème
Nom de la sous-unité
Rudolpho (le poète)
rudolphomycine
Marcello (le peintre)
marcellomycine
Colline (la philosophe)
collinemycine
Musetta (la chanteuse)
musettamycine
Mimi (la couturière)
mimimycine
Alcindoro (le conseiller d’État)
alcindoromycine
La structure des sous-unités renferme un squelette
commun :
Centaure
2.5 Nomenclature des composés organiques
57
