alkyles sont petits, est miscible dans l’eau. L’éthoxyéthane (CH 3 CH 2 OOOCH 2 CH 3 ),
pour sa part, est nettement moins soluble (solubilité dans l’eau à 20 °C : 10 g/100 g
d’eau) avec l’ajout d’un seul groupement méthylène par chaîne R, alors que le propoxypropane (CH 3 CH 2 CH 2 OOOCH 2 CH 2 CH 3 ) est pratiquement insoluble (solubilité
dans l’eau à 20 °C : 0,25 g/100 g d’eau).
11.2 Utilité des éthers en synthèse organique
Les éthers sont des molécules qui ne réagissent ni avec les agents oxydants ou réducteurs, ni avec les bases, ni même avec des nucléophiles forts tels que les composés
organométalliques. Cette inertie confère aux éthers une place de choix comme solvants en synthèse organique, car, en plus de solubiliser un grand nombre de composés
organiques, les éthers n’interfèrent pas dans la réaction et permettent aux réactifs de
réagir entre eux. Par exemple, les éthers tels que l’éthoxyéthane (Et 2 O) et le tétrahydrofurane (THF) sont utilisés au cours de la formation des réactifs de Grignard (voir
la section 9.8, p. 418).
De plus, puisque les éthers sont volatils, possédant des points d’ébullition relativement faibles, et qu’ils solubilisent une grande variété de composés organiques, ils
sont largement exploités pour réaliser des extractions liquide-liquide ou encore solideliquide. Dans cette technique de séparation, la phase organique éthérée se trouve audessus de la phase aqueuse, car les éthers ont une masse volumique plus faible que celle
de l’eau. L’éther le plus fréquemment employé est l’éthoxyéthane en raison de son faible
coût, de sa grande capacité à solubiliser les produits organiques et de son faible point
d’ébullition (35 °C). Ainsi, sans risquer de dégrader la substance organique à isoler en la
chauffant trop, les éthers peuvent être facilement éliminés à l’aide d’un évaporateur
rotatif ou encore récupérés par distillation.
Bien que les éthers soient largement utilisés dans les laboratoires de recherche en
chimie organique, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent être manipulés avec prudence et ne doivent jamais être laissés près d’une source de chaleur vive, car ce sont des
composés hautement inammables.
Toutefois, le danger des éthers ne se limite pas à leur caractère inammable. Si les
éthers sont exposés pour une longue période de temps à l’oxygène de l’air, une réaction
d’oxydation a lieu, transformant la fonction éther en un peroxyde organique. Cette
réaction porte le nom d’autoxydation (voir la ?gure 11.3). Les peroxydes organiques
sont des molécules hautement explosives lorsque soumises à un choc ou à une amme.
Même s’ils ne se forment généralement qu’en faible concentration, il est impératif de
les éliminer du solvant éthéré avant une quelconque utilisation. Pour détecter leur présence, il existe des tests chimiques tels que les tests à l’iodure ou au thiocyanate ferreux. Si la présence des peroxydes est con?rmée, ils peuvent être détruits à l’aide d’une
solution aqueuse de sulfate de fer (II) (FeSO 4 ), un agent réducteur. Des antioxydants,
tels que le 2,6-di-tert-butyl-4-méthylphénol ou le 2,6-di-tert-butyl-p-crésol, sont également ajoutés aux éthers achetés commercialement (THF, éthoxyéthane et plusieurs
autres) a?n de les stabiliser et de minimiser la formation des peroxydes organiques.
Figure 11.3
Réaction globale de la formation
naturelle des peroxydes
organiques dans les éthers
exposés à l’oxygène de l’air
Z Caractéristiques spectrales
des éthers et des oxiranes
cheneliere.ca/chimieorganique
Z Présentation d’un test à l’iodure
pour déceler la présence des
peroxydes organiques
cheneliere.ca/chimieorganique
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