CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Bisphénol A : un nouveau produit sur la liste noire de Santé Canada
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Par Suzanne Girard, Cégep de Sherbrooke
Le 2,2-bis(4-hydroxyphényl)propane (ou 4,4′- dihydroxy2,2-diphénylpropane), mieux connu sous le nom
« bisphénol A » (ou « BPA »), est un produit chimique
industriel de la famille des composés aromatiques.
Il a été synthétisé pour la toute première fois en
1891 par le chimiste russe Alexander Pavlovich
Dianin (1851-1918). Au début des années 1930, le
bisphénol A a été employé en tant qu’œstrogène de
synthèse. Il a été utilisé comme œstrogène artificiel
pour la croissance des bovins et de la volaille, et brièvement employé comme œstrogène de remplacement
pour les femmes. Il a cependant été remplacé par le
diéthylstilbestrol (DES), un médicament considéré,
à tort, plus prometteur. En effet, les études ont révélé
que de nombreuses malformations génitales étaient
observées chez les enfants nés de femmes ayant
consommé le DES.
Depuis les années 1950, le bisphénol A est surtout
utilisé comme monomère pour synthétiser du polycarbonate (PC), un plastique dur transparent et pratiquement incassable. Le BPA entre dans la fabrication d’une
panoplie de produits courants incluant les biberons, les
bouteilles pour boissons, les récipients pour denrées alimentaires, les équipements de sport, les lentilles pour
lunettes, les CD et les DVD. Il est également présent,
sous forme libre, dans un grand nombre de reçus de
caisse (papier thermique). En?n, les résines qui tapissent l’intérieur de certaines boîtes de conserve ou de
canettes, les couvercles métalliques de pots et de bouteilles en verre ainsi que certains amalgames dentaires
renferment du bisphénol A. Sa production mondiale est
évaluée à plus de trois millions de tonnes par année.
Le BPA est au centre d’une controverse. Sa structure
étant proche des hormones de la famille des œstrogènes,
il devient inévitable qu’une exposition massive au
BPA entraîne des répercussions physiologiques tant
chez l’homme que chez la femme. Le BPA est, en effet,
classé dans la catégorie des perturbateurs endocriniens.
Plusieurs scienti?ques associent le BPA à l’augmentation de cas de cancers du sein et de la prostate, d’obésité,
de diabète de type 2, de perturbations neurologiques et,
plus inquiétant encore, de troubles de la fertilité. À cet
effet, le BPA fait partie de la famille des substances dites
« reprotoxiques de catégorie 3 », c’est-à-dire jugées préoccupantes pour la fertilité de l’espèce humaine.
En règle générale, la plupart des Canadiens sont quotidiennement exposés à des quantités non négligeables
de BPA. En 2010, Statistique Canada rapportait que
Exercice 10.16 Complétez les réactions suivantes en écrivant la structure du
produit organique majoritaire.
468 Chapitre 10 Alcools, phénols et thiols
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