Dans l’hybride de résonance de l’ion carbonate, il n’existe ni liaison double
CPO (longueur : 121 pm) ni liaison simple COO (longueur : 143 pm), mais bien
trois liaisons équivalentes à mi-chemin entre la liaison double et la liaison simple
( longueur : 131 pm). De plus, ce ne sont pas deux atomes d’oxygène qui portent les
deux charges négatives. Ces dernières se répartissent plutôt également sur les trois oxygènes, chacun portant alors deux tiers de charge négative. Ainsi, la résonance offre un
très grand facteur de stabilisation, car les charges ne sont plus localisées sur des atomes
précis, mais uniformément réparties sur l’ensemble du système conjugué du composé.
L’exemple d’une molécule organique simple, l’éthénamine, est présenté dans la
?gure 4.36. Cet exemple comporte un système conjugué (encadré rouge) dans lequel
le doublet d’électrons libre est séparé de la liaison double par une liaison simple ; il
s’agit donc d’un pro?l 1 de résonance. La èche courbe part du doublet d’électrons
libre et se rend jusque sur la liaison simple voisine, ce qui complète la première des
deux èches à tracer pour un pro?l 1. La délocalisation des électrons ne peut être
arrêtée à ce stade, puisque la structure qui en résulterait serait impossible (voir la
?gure 4.36 b). En effet, le carbone central aurait alors cinq liaisons et ne respecterait
pas l’octet. En conséquence, la deuxième èche courbe doit être tracée simultanément
pour que le carbone central cède des électrons en même temps qu’il en reçoit. La
?gure 4.36 a) montre que la résultante des deux èches offre une deuxième structure qui respecte la règle de l’octet et qui confère au dernier carbone, soit le carbone
marquant la ?n du système conjugué, une charge négative. L’hybride de résonance est
illustré dans la ?gure 4.36 c).
Figure 4.36
Formes limites de résonance
et hybride de résonance de
l'éthénamine, molécule
renfermant un pro?l 1
Le pro?l 1 peut se trouver dans une multitude de cas, entre autres dans certains
composés aromatiques tels que l’aniline (voir la ?gure 4.37, page suivante). Pour générer toutes les formes limites de résonance, les pro?ls de résonance doivent toujours
être traités par bloc de trois atomes du début jusqu’à la ?n du système conjugué, peu
importe sa longueur dans le composé. Cette tendance s’applique également aux autres
pro?ls de résonance.
Z Formes limites majoritaires et
minoritaires de résonance
cheneliere.ca/chimieorganique
Dans le cas où les formes
limites de résonance ne sont
pas équivalentes, celles qui
sont les plus stables contribuent majoritairement à
l’hybride de résonance. La
structure réelle de la molécule
s’approche donc toujours de
la forme limite de résonance la
plus stable, soit la forme limite
majoritaire (p. ex. : une forme
limite n’ayant pas de charge
formelle).
REMARQUE
4.7 Effets électroniques
209
CPO (longueur : 121 pm) ni liaison simple COO (longueur : 143 pm), mais bien
trois liaisons équivalentes à mi-chemin entre la liaison double et la liaison simple
( longueur : 131 pm). De plus, ce ne sont pas deux atomes d’oxygène qui portent les
deux charges négatives. Ces dernières se répartissent plutôt également sur les trois oxygènes, chacun portant alors deux tiers de charge négative. Ainsi, la résonance offre un
très grand facteur de stabilisation, car les charges ne sont plus localisées sur des atomes
précis, mais uniformément réparties sur l’ensemble du système conjugué du composé.
L’exemple d’une molécule organique simple, l’éthénamine, est présenté dans la
?gure 4.36. Cet exemple comporte un système conjugué (encadré rouge) dans lequel
le doublet d’électrons libre est séparé de la liaison double par une liaison simple ; il
s’agit donc d’un pro?l 1 de résonance. La èche courbe part du doublet d’électrons
libre et se rend jusque sur la liaison simple voisine, ce qui complète la première des
deux èches à tracer pour un pro?l 1. La délocalisation des électrons ne peut être
arrêtée à ce stade, puisque la structure qui en résulterait serait impossible (voir la
?gure 4.36 b). En effet, le carbone central aurait alors cinq liaisons et ne respecterait
pas l’octet. En conséquence, la deuxième èche courbe doit être tracée simultanément
pour que le carbone central cède des électrons en même temps qu’il en reçoit. La
?gure 4.36 a) montre que la résultante des deux èches offre une deuxième structure qui respecte la règle de l’octet et qui confère au dernier carbone, soit le carbone
marquant la ?n du système conjugué, une charge négative. L’hybride de résonance est
illustré dans la ?gure 4.36 c).
Figure 4.36
Formes limites de résonance
et hybride de résonance de
l'éthénamine, molécule
renfermant un pro?l 1
Le pro?l 1 peut se trouver dans une multitude de cas, entre autres dans certains
composés aromatiques tels que l’aniline (voir la ?gure 4.37, page suivante). Pour générer toutes les formes limites de résonance, les pro?ls de résonance doivent toujours
être traités par bloc de trois atomes du début jusqu’à la ?n du système conjugué, peu
importe sa longueur dans le composé. Cette tendance s’applique également aux autres
pro?ls de résonance.
Z Formes limites majoritaires et
minoritaires de résonance
cheneliere.ca/chimieorganique
Dans le cas où les formes
limites de résonance ne sont
pas équivalentes, celles qui
sont les plus stables contribuent majoritairement à
l’hybride de résonance. La
structure réelle de la molécule
s’approche donc toujours de
la forme limite de résonance la
plus stable, soit la forme limite
majoritaire (p. ex. : une forme
limite n’ayant pas de charge
formelle).
REMARQUE
4.7 Effets électroniques
209
