CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Jacques Cartier et les radicaux libres
A?n de découvrir la route de l’Asie et de nouveaux
territoires regorgeant de richesses, le roi de France,
François 1
er
, mandata Jacques Cartier pour partir en
expédition vers le Nouveau Monde. Ce dernier quitta
ainsi le port de Saint-Malo en 1534. Après une traversée rapide d’à peine 20 jours, il rejoignit les côtes du
Labrador. En explorant le littoral, il aperçut pour la
toute première fois des autochtones. Des échanges
amicaux s’ensuivirent, et Cartier s’empressa de regagner la France pour faire part de sa découverte. Deux
des ?ls du chef iroquois Donnacona, soit Domagaya et
Taignoagny, prirent part au voyage.
Le roi de France, enthousiasmé, ordonna, en 1535,
une seconde traversée de plus grande envergure.
Cartier allait disposer de trois navires
et de quelque 110 hommes. Les deux
?ls de Don nacona étaient également du
voyage. Ils avaient, pendant leur séjour
en France, appris à parler français et
ils servirent d’interprètes. Bien que ce
deuxième voyage fût nettement plus
pro?table que le premier en découvertes de territoires, de ressources
naturelles et d’habitants, le malheur frappa l’équipage à Stadaconé
(Québec) au cours de l’hiver très
rigoureux de 1535. En effet, entre la
mi-novembre et la mi-avril, les glaces
emprisonnèrent les navires, les empêchant de repartir.
Plus terrible que les conditions climatiques de
l’hiver, le scorbut ?t des ravages. Des 110 hommes de
l’équipage, 10 seulement étaient encore en santé au
mois de février et 25 moururent. Les survivants furent
secourus par Domagaya, qui leur révéla la recette d’une
mixture faite à base de branches de l’annedda (cèdre
blanc).
Jacques Cartier écrivit :
« Et à tous venait la bouche si infecte et pourrie par
les gencives que toute la chair en tombait, jusqu’à la
racine des dents, lesquelles tombaient presque toutes. Et tellement, se répandit ladite maladie en nos
trois navires, qu’à la mi-février, des cent-dix hommes que nous étions, il n’y en avait à
peine dix de sains […]
2 ».
De nos jours, il est connu que le scorbut est causé par une carence importante en vitamine C. C’est d’ailleurs
cette vitamine qui fut extraite de la
mixture à base d’annedda préparée par
Domagaya. Aujourd’hui, le scorbut est
une maladie quasi disparue en raison
de l’apport quotidien en vitamine C
dans notre alimentation. Cette vitamine assure plusieurs rôles biologiques
distincts, mais sa fonction première est
d’agir à titre d’antioxydant pour ainsi
combattre la production indésirable de
radicaux libres au sein de l’organisme.
Jacques Cartier (1491-1557)
La troisième catégorie regroupe les molécules polaires portant des charges partielles.
Dans de pareils cas, les charges partielles positives de ces structures attirent les électrons
avec une force dépendante de la grandeur de la charge partielle. Les réactions menées
par ce type d’électrophiles sont généralement moins rapides et moins exothermiques.
En chimie organique, le terme « électrophile » est utilisé pour décrire les espèces
chimiques qui reçoivent des électrons au cours d’une réaction. Cependant, lorsque
l’atome qui reçoit les électrons est un atome d’hydrogène, le terme « acide » peut également être employé pour référer aux acides de Brønsted-Lowry, qui sont des donneurs
de proton H
+
.
Plusieurs facteurs inuent sur le caractère électrophile, notamment les effets électroniques inductif et mésomère qui seront discutés dans la section 4.7 (voir p. 194).
4.5.2 Nucléophiles
Les nucléophiles (de nucléo- signi?ant « noyau », et de -phile signi?ant « qui aime ») sont
des réactifs qui aiment les sites positifs d’un composé. Ce sont donc des espèces riches
en électrons. Les nucléophiles peuvent porter une charge négative ou être neutres en
possédant des doublets d’électrons libres ou des électrons π (voir le tableau 4.5). Selon
la théorie de Lewis, ce sont donc des bases puisqu’ils cherchent à donner des électrons.
S’il est clair que les carbocations sont des électrophiles et
que les carbanions sont des
nucléophiles, les radicaux,
quant à eux, ont une nature
un peu plus ambivalente.
Il existe en effet des radicaux
ayant un caractère électrophile (p. ex. : les radicaux halogénés) et des radicaux ayant un
caractère nucléophile (p. ex. :
le radical tert-butyle).
REMARQUE
188 Chapitre 4 Réactivité chimique
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