β-lactames sont maintenant inef?caces). Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Premièrement,
l’utilisation excessive d’antibiotiques par l’homme
depuis les années 1950 a exposé un grand nombre de
bactéries aux antibiotiques. Les antibiotiques sont souvent considérés comme des remèdes miracles et prescrits à outrance (p. ex. : prescription pour un rhume ou
une grippe alors que les antibiotiques sont inef?caces
contre les virus). Une autre cause est l’utilisation inappropriée d’antibiotiques par les patients eux-mêmes.
Plusieurs patients interrompent la prise d’antibiotiques
alors que l’infection n’est pas complètement éliminée.
L’infection refait surface avec une souche bactérienne
possiblement résistante, et un autre antibiotique doit
être utilisé pour combattre l’infection. Finalement,
les antibiotiques sont massivement utilisés depuis les
années 1970 par les éleveurs de bétail (volailles, porcs,
bœufs et même poissons) comme supplément alimentaire a?n d’accélérer la croissance des animaux
10
. Cette
pratique est passée longtemps inaperçue, mais, en 1980,
il a été démontré qu’elle pouvait affecter les consommateurs, puisqu’elle favorisait des souches de bactéries
résistantes aux antibiotiques. En 2003, l’Organisation
mondiale de la santé invitait les éleveurs à ne plus utiliser d’antibiotiques comme facteurs de croissance.
L’Union européenne (où la résistance bactérienne est
très élevée) emboîtait le pas et établissait une réglementation a?n de freiner cette tendance. Toutefois, cette
pratique est toujours en vigueur dans plusieurs pays…
L’augmentation de la résistance bactérienne aux antibiotiques a aussi eu des répercussions dans l’industrie
pharmaceutique. La ?n des années 1990 a vu une baisse
marquée du nombre de nouveaux antibiotiques mis sur
le marché. Plusieurs géants pharmaceutiques se sont
retirés de ce domaine thérapeutique, puisque l’investissement
11 nécessaire au développement de nouveaux
antibiotiques devenait, en comparaison au temps de vie
utile du médicament, un domaine trop risqué.
Les carbapénènes développés dans les années 1990
(imipénème, méropénème) sont de loin des antibiotiques de type β-lactame possédant les spectres d’activité
les plus larges. Pour éviter la résistance bactérienne,
ils sont principalement utilisés en milieu hospitalier
comme antibiotiques de dernier recours.
6.7.4.3 Structure tertiaire
Les structures secondaires en hélice α (telle la kératine α), en feuillet β (telle la kératine β) ou en triple hélice (le collagène), ainsi que la proportion importante de résidus
d’acides aminés peu polaires (glycine, alanine, proline) dans ces structures, permettent
d’expliquer le caractère ?breux de ces protéines. Les protéines ?breuses sont généralement peu réactives et insolubles dans l’eau.
Plusieurs polypeptides et protéines adoptent plutôt une forme globulaire. En plus de
contenir les structures secondaires décrites dans la section précédente, de fortes interactions peuvent se créer entre certains résidus d’acides aminés situés à différents endroits
sur la chaîne. Ces interactions causent des repliements dans la chaîne peptidique de sorte
que celle-ci adopte une forme globulaire tridimensionnelle nommée structure tertiaire.
Les protéines globulaires contiennent une plus grande proportion d’acides aminés
hydrophiles que les protéines ?breuses, ce qui leur confère une plus grande solubilité
dans l’eau. Les résidus hydrophiles sont habituellement placés sur la surface extérieure
de la forme tridimensionnelle pour assurer le contact avec le milieu aqueux extérieur,
alors que les résidus hydrophobes se situent davantage vers le centre de la molécule.
290 Chapitre 6 Protides
l’utilisation excessive d’antibiotiques par l’homme
depuis les années 1950 a exposé un grand nombre de
bactéries aux antibiotiques. Les antibiotiques sont souvent considérés comme des remèdes miracles et prescrits à outrance (p. ex. : prescription pour un rhume ou
une grippe alors que les antibiotiques sont inef?caces
contre les virus). Une autre cause est l’utilisation inappropriée d’antibiotiques par les patients eux-mêmes.
Plusieurs patients interrompent la prise d’antibiotiques
alors que l’infection n’est pas complètement éliminée.
L’infection refait surface avec une souche bactérienne
possiblement résistante, et un autre antibiotique doit
être utilisé pour combattre l’infection. Finalement,
les antibiotiques sont massivement utilisés depuis les
années 1970 par les éleveurs de bétail (volailles, porcs,
bœufs et même poissons) comme supplément alimentaire a?n d’accélérer la croissance des animaux
10
. Cette
pratique est passée longtemps inaperçue, mais, en 1980,
il a été démontré qu’elle pouvait affecter les consommateurs, puisqu’elle favorisait des souches de bactéries
résistantes aux antibiotiques. En 2003, l’Organisation
mondiale de la santé invitait les éleveurs à ne plus utiliser d’antibiotiques comme facteurs de croissance.
L’Union européenne (où la résistance bactérienne est
très élevée) emboîtait le pas et établissait une réglementation a?n de freiner cette tendance. Toutefois, cette
pratique est toujours en vigueur dans plusieurs pays…
L’augmentation de la résistance bactérienne aux antibiotiques a aussi eu des répercussions dans l’industrie
pharmaceutique. La ?n des années 1990 a vu une baisse
marquée du nombre de nouveaux antibiotiques mis sur
le marché. Plusieurs géants pharmaceutiques se sont
retirés de ce domaine thérapeutique, puisque l’investissement
11 nécessaire au développement de nouveaux
antibiotiques devenait, en comparaison au temps de vie
utile du médicament, un domaine trop risqué.
Les carbapénènes développés dans les années 1990
(imipénème, méropénème) sont de loin des antibiotiques de type β-lactame possédant les spectres d’activité
les plus larges. Pour éviter la résistance bactérienne,
ils sont principalement utilisés en milieu hospitalier
comme antibiotiques de dernier recours.
6.7.4.3 Structure tertiaire
Les structures secondaires en hélice α (telle la kératine α), en feuillet β (telle la kératine β) ou en triple hélice (le collagène), ainsi que la proportion importante de résidus
d’acides aminés peu polaires (glycine, alanine, proline) dans ces structures, permettent
d’expliquer le caractère ?breux de ces protéines. Les protéines ?breuses sont généralement peu réactives et insolubles dans l’eau.
Plusieurs polypeptides et protéines adoptent plutôt une forme globulaire. En plus de
contenir les structures secondaires décrites dans la section précédente, de fortes interactions peuvent se créer entre certains résidus d’acides aminés situés à différents endroits
sur la chaîne. Ces interactions causent des repliements dans la chaîne peptidique de sorte
que celle-ci adopte une forme globulaire tridimensionnelle nommée structure tertiaire.
Les protéines globulaires contiennent une plus grande proportion d’acides aminés
hydrophiles que les protéines ?breuses, ce qui leur confère une plus grande solubilité
dans l’eau. Les résidus hydrophiles sont habituellement placés sur la surface extérieure
de la forme tridimensionnelle pour assurer le contact avec le milieu aqueux extérieur,
alors que les résidus hydrophobes se situent davantage vers le centre de la molécule.
290 Chapitre 6 Protides
