vasoconstricteur (faisant augmenter la pression artérielle). L’angiotensine II est ensuite dégradée en angiotensine III. Ce peptide ne possède que 40 % du pouvoir
vasoconstricteur de l’angiotensine II, mais il stimule
la production d’aldostérone (voir le complément sur
les corticostéroïdes dans les ressources numériques), un
important régulateur rénal de la rétention de l’eau et
des ions sodium (ce qui a aussi pour effet de faire augmenter la pression artérielle). L’ECA a aussi une autre
fonction, soit l’hydrolyse de la bradykinine, un puissant vasodilatateur produit par l’organisme. L’ECA
contribue donc à faire augmenter la pression sanguine
de deux façons : par la production d’un vasoconstricteur (angiotensine II) et par l’inactivation d’un vasodilatateur (bradykinine). Inhiber la production de l’ECA
est donc un moyen à privilégier pour la mise au point
d’agents antihypertenseurs.
Le jararaca (Bothropoides jararaca) est une vipère
vivant en Amérique du Sud. Son habitat est la forêt
tropicale, mais ce serpent préconise aussi les terrains
ouverts avec une végétation suf?sante pour s’y camouer, comme les terres agricoles. De 1902 à 1945, plus
de la moitié des morsures rapportées au Brésil étaient
causées par ce serpent. Son venin est hémotoxique mais
rarement mortel (0,7 % des cas) et il cause une chute
draconienne de la pression artérielle chez la victime.
Dans les années 1960, des chercheurs brésiliens de
l’Université de São Paulo s’intéressent tout particulièrement au venin du jararaca et détectent la brady kinine
dans le plasma sanguin d’animaux injectés avec ce venin.
Ces chercheurs découvrent aussi dans ce venin un facteur potentialisant l’effet de la bradykinine, ce facteur
augmentant de manière signi?cative la durée et l’ampleur de ses effets sur la vasodilatation et la baisse de la
pression artérielle. Ce facteur s’est avéré être un mélange
de peptides inhibant fortement l’ECA. La structure d’un
de ces peptides, le V-3-A, a pu être élucidée.
À la suite de cette découverte, les chercheurs de la
compagnie pharmaceutique E. R. Squibb & Sons Ltd
(aujourd’hui Bristol-Myers Squibb) se lancent dans
un important programme de recherche a?n de mettre
au point le premier médicament inhibiteur de l’ECA
pour le traitement de l’hypertension artérielle. Ces
efforts ont permis de mettre en marché le captopril, un
médicament innovateur d’une ef?cacité remarquable.
Cette découverte a permis par la suite la mise au point
d’inhibiteurs de l’ECA améliorés, comme l’énalapril, le
lisinopril et le ramipril.
6.7.4 Niveaux de structures
Les polypeptides et les protéines sont constitués de longues séquences de résidus
d’acides aminés, ce qui pourrait laisser croire que ces molécules sont extrêmement
exibles ou de forme mal dé?nie. Il n’en est rien, puisque beaucoup de polypeptides et
de protéines ont été isolés sous une forme cristalline et possèdent une structure bien
dé?nie. Même en solution, ces composés demeurent dans un arrangement structuré.
Les expériences de diffraction des rayons X
6 montrent que ces chaînes polypeptidiques
adoptent diverses formes locales particulières (structure secondaire), ce qui confère
au polypeptide ou à la protéine une structure dé?nie et biologiquement déterminante
pour l’ensemble de la chaîne (ou du cycle) (structure tertiaire). Cette fonction biologique demande parfois que plusieurs chaînes polypeptidiques agissent de concert, créant
une superstructure appelée « structure quaternaire ». Ces différents niveaux de structures sont représentés dans la ?gure 6.29 (voir page suivante).
Ces quatre niveaux d’organisation sont décrits en détail dans les sections suivantes. Il faut toutefois prendre conscience qu’il existe beaucoup d’autres niveaux
d’organisations structurales plus complexes, menant ainsi à l’élaboration des tissus et
des organes.
6.7 Propriétés physiques des peptides et des protéines
283
vasoconstricteur de l’angiotensine II, mais il stimule
la production d’aldostérone (voir le complément sur
les corticostéroïdes dans les ressources numériques), un
important régulateur rénal de la rétention de l’eau et
des ions sodium (ce qui a aussi pour effet de faire augmenter la pression artérielle). L’ECA a aussi une autre
fonction, soit l’hydrolyse de la bradykinine, un puissant vasodilatateur produit par l’organisme. L’ECA
contribue donc à faire augmenter la pression sanguine
de deux façons : par la production d’un vasoconstricteur (angiotensine II) et par l’inactivation d’un vasodilatateur (bradykinine). Inhiber la production de l’ECA
est donc un moyen à privilégier pour la mise au point
d’agents antihypertenseurs.
Le jararaca (Bothropoides jararaca) est une vipère
vivant en Amérique du Sud. Son habitat est la forêt
tropicale, mais ce serpent préconise aussi les terrains
ouverts avec une végétation suf?sante pour s’y camouer, comme les terres agricoles. De 1902 à 1945, plus
de la moitié des morsures rapportées au Brésil étaient
causées par ce serpent. Son venin est hémotoxique mais
rarement mortel (0,7 % des cas) et il cause une chute
draconienne de la pression artérielle chez la victime.
Dans les années 1960, des chercheurs brésiliens de
l’Université de São Paulo s’intéressent tout particulièrement au venin du jararaca et détectent la brady kinine
dans le plasma sanguin d’animaux injectés avec ce venin.
Ces chercheurs découvrent aussi dans ce venin un facteur potentialisant l’effet de la bradykinine, ce facteur
augmentant de manière signi?cative la durée et l’ampleur de ses effets sur la vasodilatation et la baisse de la
pression artérielle. Ce facteur s’est avéré être un mélange
de peptides inhibant fortement l’ECA. La structure d’un
de ces peptides, le V-3-A, a pu être élucidée.
À la suite de cette découverte, les chercheurs de la
compagnie pharmaceutique E. R. Squibb & Sons Ltd
(aujourd’hui Bristol-Myers Squibb) se lancent dans
un important programme de recherche a?n de mettre
au point le premier médicament inhibiteur de l’ECA
pour le traitement de l’hypertension artérielle. Ces
efforts ont permis de mettre en marché le captopril, un
médicament innovateur d’une ef?cacité remarquable.
Cette découverte a permis par la suite la mise au point
d’inhibiteurs de l’ECA améliorés, comme l’énalapril, le
lisinopril et le ramipril.
6.7.4 Niveaux de structures
Les polypeptides et les protéines sont constitués de longues séquences de résidus
d’acides aminés, ce qui pourrait laisser croire que ces molécules sont extrêmement
exibles ou de forme mal dé?nie. Il n’en est rien, puisque beaucoup de polypeptides et
de protéines ont été isolés sous une forme cristalline et possèdent une structure bien
dé?nie. Même en solution, ces composés demeurent dans un arrangement structuré.
Les expériences de diffraction des rayons X
6 montrent que ces chaînes polypeptidiques
adoptent diverses formes locales particulières (structure secondaire), ce qui confère
au polypeptide ou à la protéine une structure dé?nie et biologiquement déterminante
pour l’ensemble de la chaîne (ou du cycle) (structure tertiaire). Cette fonction biologique demande parfois que plusieurs chaînes polypeptidiques agissent de concert, créant
une superstructure appelée « structure quaternaire ». Ces différents niveaux de structures sont représentés dans la ?gure 6.29 (voir page suivante).
Ces quatre niveaux d’organisation sont décrits en détail dans les sections suivantes. Il faut toutefois prendre conscience qu’il existe beaucoup d’autres niveaux
d’organisations structurales plus complexes, menant ainsi à l’élaboration des tissus et
des organes.
6.7 Propriétés physiques des peptides et des protéines
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