CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Les parfums, une question de notes…
« C’est sur les chimistes qu’il faudra compter pour
trouver des corps nouveaux grâce auxquels pourraient
éclore des notes originales. Oui, pour le parfum, l’avenir
est surtout entre les mains de la chimie. »
Ernest Beaux,
parfumeur,
créateur de CHANEL N
o 5
Près de 4000 ans av. J.-C., les parfums faisaient déjà
partie intégrante de la vie des Égyptiens, en particulier dans les rites religieux et funéraires. Ils utilisaient
les substances odorantes sous différentes formes telles
que des huiles parfumées, des onguents ou de l’encens.
Au l des siècles, plusieurs procédés ont été développés an de recueillir les matières premières, notamment l’expression (extraction du zeste des agrumes)
et l’eneurage (extraction des substances odorantes
dans un corps gras). C’est surtout à la n du Moyen
Âge que des techniques plus sophistiquées ont permis une véritable première révolution ; en effet, c’est
à cette époque que la technique de la distillation a
été améliorée. La combinaison de l’alambic et du
vase orentin a permis de distiller des huiles essentielles et de les séparer facilement de l’eau parfumée
recueillie en même temps au moment de la distillation. L’amélioration de la technique de distillation a
également permis d’obtenir de l’éthanol purié utilisé
pour l’extraction des substances odorantes des eurs
et des plantes ; ces substances ont ensuite servi à la
fabrication de médicaments, d’eaux-de-vie et de parfums. La seconde révolution a eu lieu vers la n du
xix
e siècle : les développements de la synthèse organique ainsi que des techniques de caractérisation ont
permis non seulement de synthétiser des molécules
odorantes identiques à celles isolées naturellement,
souvent à moindre coût, mais aussi d’en créer de nouvelles, ouvrant des possibilités innies pour les parfumeurs. C’est en 1921 que fut créé le célèbre CHANEL
N
o 5, le premier parfum élaboré à partir de molécules
synthétisées en laboratoire, entre autres des aldé -
hydes, d’où son odeur dite « aldéhydée ».
Pourquoi les molécules sont-elles odorantes ? Pour
pouvoir sentir, il faut que des molécules atteignent
les récepteurs olfactifs situés dans le nez. Un message
transmis au cerveau permet d’identier les odeurs et,
souvent, de les associer à des souvenirs. Mais pour se
rendre à la muqueuse olfactive du nez, les molécules
doivent être volatiles. La masse molaire ainsi que la
polarité sont des facteurs qui inuencent grandement
la volatilité. Un très grand nombre de composés plus
ou moins volatils composent un parfum. Pour s’y
retrouver, les molécules sont classées non seulement
par catégories d’odeurs (orale, boisée, ambrée, musquée, zestée, anisée, orientale, etc.), mais aussi par
types de notes : les notes de tête, de cœur et de fond.
Dès l’application d’un parfum, les substances les plus
volatiles parviennent à la muqueuse olfactive du nez.
Elles constituent les notes de tête. Cette catégorie
comprend les odeurs naturelles telles que la lavande, le
citron ou le romarin, mais aussi les composés de synthèse, notamment plusieurs aldé hydes aliphatiques.
Les notes de cœur sont celles qui se développent dans
les heures qui suivent et elles sont surtout o rales (rose,
lilas, jasmin, violette, etc.). Entre autres, l’α-ionone, une
cétone d’odeur orale et boisée présente dans l’essence de
L’alambic et le vase ?orentin étaient
utilisés pour la distillation des matières
premières (?eurs, plantes, écorces, etc.).
1.3 Propriétés physiques des aldéhydes et des cétones
7
Les parfums, une question de notes…
« C’est sur les chimistes qu’il faudra compter pour
trouver des corps nouveaux grâce auxquels pourraient
éclore des notes originales. Oui, pour le parfum, l’avenir
est surtout entre les mains de la chimie. »
Ernest Beaux,
parfumeur,
créateur de CHANEL N
o 5
Près de 4000 ans av. J.-C., les parfums faisaient déjà
partie intégrante de la vie des Égyptiens, en particulier dans les rites religieux et funéraires. Ils utilisaient
les substances odorantes sous différentes formes telles
que des huiles parfumées, des onguents ou de l’encens.
Au l des siècles, plusieurs procédés ont été développés an de recueillir les matières premières, notamment l’expression (extraction du zeste des agrumes)
et l’eneurage (extraction des substances odorantes
dans un corps gras). C’est surtout à la n du Moyen
Âge que des techniques plus sophistiquées ont permis une véritable première révolution ; en effet, c’est
à cette époque que la technique de la distillation a
été améliorée. La combinaison de l’alambic et du
vase orentin a permis de distiller des huiles essentielles et de les séparer facilement de l’eau parfumée
recueillie en même temps au moment de la distillation. L’amélioration de la technique de distillation a
également permis d’obtenir de l’éthanol purié utilisé
pour l’extraction des substances odorantes des eurs
et des plantes ; ces substances ont ensuite servi à la
fabrication de médicaments, d’eaux-de-vie et de parfums. La seconde révolution a eu lieu vers la n du
xix
e siècle : les développements de la synthèse organique ainsi que des techniques de caractérisation ont
permis non seulement de synthétiser des molécules
odorantes identiques à celles isolées naturellement,
souvent à moindre coût, mais aussi d’en créer de nouvelles, ouvrant des possibilités innies pour les parfumeurs. C’est en 1921 que fut créé le célèbre CHANEL
N
o 5, le premier parfum élaboré à partir de molécules
synthétisées en laboratoire, entre autres des aldé -
hydes, d’où son odeur dite « aldéhydée ».
Pourquoi les molécules sont-elles odorantes ? Pour
pouvoir sentir, il faut que des molécules atteignent
les récepteurs olfactifs situés dans le nez. Un message
transmis au cerveau permet d’identier les odeurs et,
souvent, de les associer à des souvenirs. Mais pour se
rendre à la muqueuse olfactive du nez, les molécules
doivent être volatiles. La masse molaire ainsi que la
polarité sont des facteurs qui inuencent grandement
la volatilité. Un très grand nombre de composés plus
ou moins volatils composent un parfum. Pour s’y
retrouver, les molécules sont classées non seulement
par catégories d’odeurs (orale, boisée, ambrée, musquée, zestée, anisée, orientale, etc.), mais aussi par
types de notes : les notes de tête, de cœur et de fond.
Dès l’application d’un parfum, les substances les plus
volatiles parviennent à la muqueuse olfactive du nez.
Elles constituent les notes de tête. Cette catégorie
comprend les odeurs naturelles telles que la lavande, le
citron ou le romarin, mais aussi les composés de synthèse, notamment plusieurs aldé hydes aliphatiques.
Les notes de cœur sont celles qui se développent dans
les heures qui suivent et elles sont surtout o rales (rose,
lilas, jasmin, violette, etc.). Entre autres, l’α-ionone, une
cétone d’odeur orale et boisée présente dans l’essence de
L’alambic et le vase ?orentin étaient
utilisés pour la distillation des matières
premières (?eurs, plantes, écorces, etc.).
1.3 Propriétés physiques des aldéhydes et des cétones
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