et diminue la formation des leucotriènes (inhibiteur de la 5-lipoxygénase, voir la section 4.7, p. 198). La PGF 2 est un puissant vasoconstricteur et un bronchoconstricteur,
et elle induit la contraction des muscles lisses (notamment l’utérus). Les prostacyclines
inhibent l’agrégation des plaquettes sanguines (anticoagulant), sont des dilatateurs
pour les muscles lisses et font diminuer la pression artérielle en inhibant la vasoconstriction des artères. Les thromboxanes possèdent des propriétés inverses des prostacyclines, puisqu’ils provoquent la contraction des muscles lisses, favorisent l’agrégation
des plaquettes sanguines et font augmenter la pression artérielle.
La PGE 2 participe également à la production et à la sécrétion de mucus protégeant
les parois internes de l’estomac ; elle réfrène aussi la production d’acide chlorhydrique.
Ce rôle de protection permet donc la digestion des aliments sans que les parois du système digestif soient endommagées par les conditions très acides.
Les cyclo-oxygénases-1 (COX-1) participent en permanence à de nombreux mécanismes d’actions entraînant la production normale de prostanoïdes ; elles contribuent
au bon fonctionnement de l’organisme si elles sont bien régulées. Toutefois, sous l’effet d’un traumatisme (p. ex. : une blessure) ou d’une agression extérieure, le système
immunitaire réagit très rapidement à ce stimulus en activant la cascade de l’acide arachidonique a?n d’obtenir un surplus de prostaglandines (provoquant inammation,
?èvre et douleurs) et de thromboxanes (pour l’agrégation des plaquettes sanguines
et la coagulation du sang). L’augmentation de l’activité (ou surexpression) des cyclooxygénases-2 (COX-2) est généralement associée au processus d’inammation causé
par un surplus de prostaglandines.
Z Leucotriènes
cheneliere.ca/chimieorganique
CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Les médicaments anti-in?ammatoires
Il y a plus de cent ans, l’aspirine (acide acétylsalicylique)
voyait le jour (découverte en 1899 par la compagnie
Bayer). Ce médicament est encore très utilisé de nos
jours. L’ef?cacité de l’aspirine pour apaiser la douleur,
combattre la ?èvre et diminuer l’inammation n’est
plus à démontrer. Bien que des milliards de personnes
aient depuis béné?cié de ses effets, son mode d’action lié
aux prostanoïdes n’a été compris que
récemment. En 1969, le docteur John
R. Vane (1927-2004) et ses collaborateurs (Collège royal des chirurgiens
de Londres) découvrent que l’aspirine
inhibe la production de prostaglandines, et que celles-ci sont directement impliquées dans les réactions
d’inammation. Par contre, la découverte des cyclo-oxygénases-2 (COX-2)
en 1990 et leur présence exclusive dans
les tissus lésés ont permis d’af?rmer
que seules les COX-2 étaient directement liées aux inammations. Ce n’est
aussi que plus tard que les chercheurs
ont découvert que l’aspirine inhibait à
la fois les COX-1 et les COX-2. L’utilisation de l’aspirine a donc pour effet
de faire diminuer l’inammation et la
douleur, en plus d’inhiber l’agrégation
des plaquettes sanguines pour la coagulation du sang.
Cette dernière propriété est souvent mise à pro?t,
notamment pour éviter la formation de caillots et diminuer les risques de thrombose après un infarctus. L’un
des effets indésirables de l’aspirine est toutefois l’inhibition des prostaglandines responsables de la production
de mucus protégeant les cellules de la paroi stomacale.
L’utilisation de l’aspirine sur une base
régulière peut donc causer de l’irritation, voire la formation d’ulcères dans
l’estomac et le duodénum.
L’aspirine fait partie des antiinammatoires non stéroïdiens (voir
la ?gure ci-après), d’où l’abréviation
AINS (en comparaison, la cortisone
est un anti-inammatoire stéroïdien).
Plusieurs autres classes d’AINS sont
connues, dont les « profènes », notamment l’ibuprofène. Ces AINS classiques sont tous des inhibiteurs non
sélectifs des COX-1 et des COX-2, et
ils sont utilisés pour soulager plusieurs maux, notamment l’arthrose, la
polyarthrite rhumatoïde, les douleurs
menstruelles, les douleurs musculaires
et articulaires, les tendinites, les bursites, etc.
John R. Vane (1927-2004), médecin
anglais, corécipiendaire du prix Nobel de
physiologie-médecine en 1982 pour ses
travaux sur l’action de l’aspirine.
200 Chapitre 4 Lipides
et elle induit la contraction des muscles lisses (notamment l’utérus). Les prostacyclines
inhibent l’agrégation des plaquettes sanguines (anticoagulant), sont des dilatateurs
pour les muscles lisses et font diminuer la pression artérielle en inhibant la vasoconstriction des artères. Les thromboxanes possèdent des propriétés inverses des prostacyclines, puisqu’ils provoquent la contraction des muscles lisses, favorisent l’agrégation
des plaquettes sanguines et font augmenter la pression artérielle.
La PGE 2 participe également à la production et à la sécrétion de mucus protégeant
les parois internes de l’estomac ; elle réfrène aussi la production d’acide chlorhydrique.
Ce rôle de protection permet donc la digestion des aliments sans que les parois du système digestif soient endommagées par les conditions très acides.
Les cyclo-oxygénases-1 (COX-1) participent en permanence à de nombreux mécanismes d’actions entraînant la production normale de prostanoïdes ; elles contribuent
au bon fonctionnement de l’organisme si elles sont bien régulées. Toutefois, sous l’effet d’un traumatisme (p. ex. : une blessure) ou d’une agression extérieure, le système
immunitaire réagit très rapidement à ce stimulus en activant la cascade de l’acide arachidonique a?n d’obtenir un surplus de prostaglandines (provoquant inammation,
?èvre et douleurs) et de thromboxanes (pour l’agrégation des plaquettes sanguines
et la coagulation du sang). L’augmentation de l’activité (ou surexpression) des cyclooxygénases-2 (COX-2) est généralement associée au processus d’inammation causé
par un surplus de prostaglandines.
Z Leucotriènes
cheneliere.ca/chimieorganique
CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
Les médicaments anti-in?ammatoires
Il y a plus de cent ans, l’aspirine (acide acétylsalicylique)
voyait le jour (découverte en 1899 par la compagnie
Bayer). Ce médicament est encore très utilisé de nos
jours. L’ef?cacité de l’aspirine pour apaiser la douleur,
combattre la ?èvre et diminuer l’inammation n’est
plus à démontrer. Bien que des milliards de personnes
aient depuis béné?cié de ses effets, son mode d’action lié
aux prostanoïdes n’a été compris que
récemment. En 1969, le docteur John
R. Vane (1927-2004) et ses collaborateurs (Collège royal des chirurgiens
de Londres) découvrent que l’aspirine
inhibe la production de prostaglandines, et que celles-ci sont directement impliquées dans les réactions
d’inammation. Par contre, la découverte des cyclo-oxygénases-2 (COX-2)
en 1990 et leur présence exclusive dans
les tissus lésés ont permis d’af?rmer
que seules les COX-2 étaient directement liées aux inammations. Ce n’est
aussi que plus tard que les chercheurs
ont découvert que l’aspirine inhibait à
la fois les COX-1 et les COX-2. L’utilisation de l’aspirine a donc pour effet
de faire diminuer l’inammation et la
douleur, en plus d’inhiber l’agrégation
des plaquettes sanguines pour la coagulation du sang.
Cette dernière propriété est souvent mise à pro?t,
notamment pour éviter la formation de caillots et diminuer les risques de thrombose après un infarctus. L’un
des effets indésirables de l’aspirine est toutefois l’inhibition des prostaglandines responsables de la production
de mucus protégeant les cellules de la paroi stomacale.
L’utilisation de l’aspirine sur une base
régulière peut donc causer de l’irritation, voire la formation d’ulcères dans
l’estomac et le duodénum.
L’aspirine fait partie des antiinammatoires non stéroïdiens (voir
la ?gure ci-après), d’où l’abréviation
AINS (en comparaison, la cortisone
est un anti-inammatoire stéroïdien).
Plusieurs autres classes d’AINS sont
connues, dont les « profènes », notamment l’ibuprofène. Ces AINS classiques sont tous des inhibiteurs non
sélectifs des COX-1 et des COX-2, et
ils sont utilisés pour soulager plusieurs maux, notamment l’arthrose, la
polyarthrite rhumatoïde, les douleurs
menstruelles, les douleurs musculaires
et articulaires, les tendinites, les bursites, etc.
John R. Vane (1927-2004), médecin
anglais, corécipiendaire du prix Nobel de
physiologie-médecine en 1982 pour ses
travaux sur l’action de l’aspirine.
200 Chapitre 4 Lipides
