pour l’implantation de l’ovule fertilisé. S’il y a fécondation, la production doit se faire tout
au long de la grossesse, et elle est alors assurée par le placenta. La présence de progestérone pendant la gestation inhibe l’ovulation, ce qui cause l’infertilité durant la grossesse.
Le fait que la progestérone induise l’infertilité durant la grossesse a permis de mettre
au point des progestatifs synthétiques comme contraceptifs oraux (la progestérone ne
peut être utilisée oralement, puisqu’elle est fortement dégradée). La noréthindrone (voir
la ?gure 4.35) a été l’un des premiers contraceptifs oraux à être mis sur le marché dans
les années 1960, mais ce dernier a été abandonné en 1988. Un composé très similaire,
le lévonorgestrel, est toutefois utilisé (à forte dose) depuis 1999 comme contraceptif
d’urgence après un rapport sexuel non protégé ; il est communément appelé « pilule
du lendemain ». Aujourd’hui, le contraceptif oral le plus souvent utilisé est une combinaison de l’éthynylestradiol et du mestranol. Le mestranol est un promédicament
de l’éthynylestradiol : c’est une substance pharmacologiquement inactive, mais qui est
métabolisée par le foie pour donner le métabolite actif, l’éthynylestradiol.
En 1980, la compagnie pharmaceutique Roussel-Ucalf (anciennement Hoechst,
mais maintenant Sano?-Aventis) découvre le RU-486. Ce dérivé de la noréthindrone
n’est pas un contraceptif, mais plutôt un puissant abortif (avortement chimique)
pouvant être utilisé dès les premières semaines de grossesse. Ce médicament agit en
bloquant l’action progestative, ce qui entrave le développement embryonnaire et provoque le détachement de la muqueuse utérine. Il est implanté en France en 1988 et dans
certains autres pays (États-Unis en 2000), mais son utilisation suscite la controverse
dans la population (soit l’avortement comme une méthode contraceptive) et l’indignation chez les activistes pro-vie. Hoechst abandonne ce médicament en 1997. Il est
encore utilisé aujourd’hui, mais principalement par les professionnels de la santé en
gynécologie-obstétrique (p. ex. : grossesses à haut risque, morts fœtales). L’importation
et l’utilisation du RU-486 sont toujours illégales au Canada.
Figure 4.35 Structures de la noréthindrone, de l’éthynylestradiol, du mestranol et du mifépristone (RU-486)
Exercice 4.10 Trouvez la similitude structurale dans les composés de la
?gure 4.35.
Exercice 4.11 À partir du précurseur suivant, déterminez les réactifs nécessaires
pour sa transformation en mestranol.
4.6 Stéroïdes
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