De nos jours, l’activité humaine doit
inclure des paramètres environnementaux. C’est ainsi que la chimie,
au moment de l’optimisation des
réactions ou des procédés, doit tenir
compte de l’environnement en minimisant l’énergie utilisée, l’utilisation
de substances dangereuses et la quantité de rejets générés. La chimie verte,
aussi appelée « chimie durable », a vu
le jour il y a une vingtaine d’années.
Elle s’articule autour de 12 grands
principes, dont
1 :
• l’utilisation de solvants moins toxiques ou non toxiques (comme l’eau) ;
• l’économie d’atome, c’est-à-dire la conception de
synthèses minimisant la formation de sous-produits
(p. ex. : les réactions d’addition et d’isomérisation sont
préférables, puisqu’elles ne générèrent pas de sousproduits, contrairement aux réactions d’élimination
ou de substitution) ;
• la conception de synthèses chimiques utilisant des
réactifs et des produits faiblement toxiques ou non
toxiques pour l’humain et l’environnement (p. ex. :
l’utilisation du peroxyde d’hydrogène au lieu d’un
oxyde de chrome comme agent oxydant) ;
• l’amélioration du rendement énergétique par la mise
au point de réactions à température et à pression
ambiantes ;
• l’emploi de catalyseurs non toxiques pouvant être
réutilisés.
Au Québec, le Centre en chimie verte et catalyse
(CCVC), fondé en 2009, rassemble 44 chercheurs de
toutes les grandes universités québécoises œuvrant dans
différentes sphères de la chimie (chimie organique,
minérale, biologique et chimie des matériaux). Leur but
est d’explorer les différentes facettes
de la chimie pour rendre les réactions
et les procédés industriels sans risque
pour l’environnement
2 .
Le professeur émérite Tak-Hang
Chan de l’Université McGill est
l’un des pionniers de la chimie verte
au Canada ; il s’est efforcé sans relâche d’en appliquer les règles dans
ses recherches sur les composés
organométalliques.
La synthèse organique, avec ses
nombreuses étapes et ses réactifs parfois spéci?ques, est un domaine dans lequel les chercheurs en chimie verte sont particulièrement actifs. La
synthèse de l’ibuprofène démontre avec brio les avancées dans cette nouvelle approche. Une synthèse industrielle en six étapes de cet anti-inammatoire, mise au
point dans les années 1960, impliquait la gestion d’une
grande quantité de déchets chimiques à traiter, puisque
seulement 40 % de la masse des réactifs utilisés se trouvait dans le produit ?nal, et ce, sans compter les étapes
de puri?cation. En appliquant les principes de la chimie
verte, une nouvelle synthèse industrielle a été mise au
point au début des années 1990. Non seulement ce
nouveau procédé en trois étapes génère une quantité
moindre de sous-produits (entre autres, l’acide acé -
tique représenté par des atomes rouges), mais, de plus,
ces derniers peuvent être récupérés et revalorisés. De
cette façon, aucun déchet n’est produit !
Même si, à première vue, toutes ces nouvelles
contraintes environnementales semblent être un frein
au développement de la chimie, elles ne font que stimuler davantage la créativité des chimistes organiciens.
En effet, ils relèvent avec passion ces nouveaux dé?s
a?n de créer une chimie plus propre, plus saine, plus
durable.
CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
La chimie verte : la chimie de l’avenir
3.5 Préparation des acides carboxyliques
123
inclure des paramètres environnementaux. C’est ainsi que la chimie,
au moment de l’optimisation des
réactions ou des procédés, doit tenir
compte de l’environnement en minimisant l’énergie utilisée, l’utilisation
de substances dangereuses et la quantité de rejets générés. La chimie verte,
aussi appelée « chimie durable », a vu
le jour il y a une vingtaine d’années.
Elle s’articule autour de 12 grands
principes, dont
1 :
• l’utilisation de solvants moins toxiques ou non toxiques (comme l’eau) ;
• l’économie d’atome, c’est-à-dire la conception de
synthèses minimisant la formation de sous-produits
(p. ex. : les réactions d’addition et d’isomérisation sont
préférables, puisqu’elles ne générèrent pas de sousproduits, contrairement aux réactions d’élimination
ou de substitution) ;
• la conception de synthèses chimiques utilisant des
réactifs et des produits faiblement toxiques ou non
toxiques pour l’humain et l’environnement (p. ex. :
l’utilisation du peroxyde d’hydrogène au lieu d’un
oxyde de chrome comme agent oxydant) ;
• l’amélioration du rendement énergétique par la mise
au point de réactions à température et à pression
ambiantes ;
• l’emploi de catalyseurs non toxiques pouvant être
réutilisés.
Au Québec, le Centre en chimie verte et catalyse
(CCVC), fondé en 2009, rassemble 44 chercheurs de
toutes les grandes universités québécoises œuvrant dans
différentes sphères de la chimie (chimie organique,
minérale, biologique et chimie des matériaux). Leur but
est d’explorer les différentes facettes
de la chimie pour rendre les réactions
et les procédés industriels sans risque
pour l’environnement
2 .
Le professeur émérite Tak-Hang
Chan de l’Université McGill est
l’un des pionniers de la chimie verte
au Canada ; il s’est efforcé sans relâche d’en appliquer les règles dans
ses recherches sur les composés
organométalliques.
La synthèse organique, avec ses
nombreuses étapes et ses réactifs parfois spéci?ques, est un domaine dans lequel les chercheurs en chimie verte sont particulièrement actifs. La
synthèse de l’ibuprofène démontre avec brio les avancées dans cette nouvelle approche. Une synthèse industrielle en six étapes de cet anti-inammatoire, mise au
point dans les années 1960, impliquait la gestion d’une
grande quantité de déchets chimiques à traiter, puisque
seulement 40 % de la masse des réactifs utilisés se trouvait dans le produit ?nal, et ce, sans compter les étapes
de puri?cation. En appliquant les principes de la chimie
verte, une nouvelle synthèse industrielle a été mise au
point au début des années 1990. Non seulement ce
nouveau procédé en trois étapes génère une quantité
moindre de sous-produits (entre autres, l’acide acé -
tique représenté par des atomes rouges), mais, de plus,
ces derniers peuvent être récupérés et revalorisés. De
cette façon, aucun déchet n’est produit !
Même si, à première vue, toutes ces nouvelles
contraintes environnementales semblent être un frein
au développement de la chimie, elles ne font que stimuler davantage la créativité des chimistes organiciens.
En effet, ils relèvent avec passion ces nouveaux dé?s
a?n de créer une chimie plus propre, plus saine, plus
durable.
CHRONIQUES D’UNE MOLÉCULE
La chimie verte : la chimie de l’avenir
3.5 Préparation des acides carboxyliques
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