42 Spermatophytes
Graine
L’ensemble macrosporange-macrospore prothallisée-jeune embryon, on
donne le nom de graine
1 . La graine résulte de la transformation de l’ovule
après la fécondation : les téguments ovulaires se lignifient, l’oosphère
fécondée donne le zygote, puis un embryon qui se développe aux dépens des
réserves accumulées dans le prothalle.
Excepté quelques spermatophytes primitifs (Cycas, Ginkgo…) chez lesquels
le développement de l’embryon se fait dans l’ovule fécondé tombé à terre
(oviparie), celui-ci se réalise au sein d’un ovule resté sur la plante mère (viviparie). D’ailleurs, chez les Angiospermes, les réserves destinées à la nourriture
de l’embryon ne sont mises en place qu’après la fécondation (cf. p. 73), ce qui
ne peut se faire que si l’ovule reste sur la plante.
Plus ou moins rapidement l’embryon cesse sa croissance, l’ensemble de la
graine se déshydrate, puis se détache de la plante mère assurant la dissémination de l’espèce. Cette dissémination est facilitée par diverses adaptations de
la graine : taille minuscule (ex. Orchidacées, Pétunia), des appendices
charnus, ou des caroncules, des ailes (ex. Pin, Glaïeul) et complétée par les
adaptations du fruit (cf. p. 73)… La gaine réalise la diffusion à distance de
l’espèce et compense, par là, la fixité de la plante sur son support.
Dans certain cas (Érable, espèces de pays chauds et humides), la graine ne
subit pas de déshydratation et germe immédiatement. Dans les régions à
saisons contrastées, la graine introduit souvent dans le cycle vital une
discontinuité : l’embryon s’y trouve à l’état de vie ralentie et peut attendre des
conditions extérieures favorables. Par exemple, des graines enfouies dans le
sol peuvent demeurer vivantes plusieurs années avant d’être remontées à la
surface et germer. De plus, la graine ne germera généralement qu’après une
certaine période de repos et cela même si les conditions sont favorables à la
germination : c’est la dormance, mécanisme qui permet l’adaptation des
plantes aux saisons. Ainsi, dans les régions tempérées, les graines de
nombreuses plantes germeront au printemps, après que leurs dormances
auront été levées par le froid hivernal. Ce dispositif évite que la venue de
belles journées à l’automne n’entraîne une germination précoce qui se verrait
vouée à l’échec.
L’embryon, fusiforme (fig. 48) comprend, au sommet, le bourgeon qui
donnera la future tige et à la base, le méristème à l’origine de la racine. Le
bourgeon, à symétrie bilatérale, est flanqué de deux expansions aplaties ou
cotylédons à l’origine des deux premières feuilles : l’embryon des Spermatophytes est dicotylé. Ce n’est que secondairement que l’on observe, soit la
perte d’un des deux cotylédons (cf. les Monocots, p. 86), soit leur multiplication (cf. les Gymnospermes, p. 45)
1. Dans une graine, comme avec des poupées russes, il y a « emboîtement des générations » :
sporophyte-mère/gamétophyte femelle/sporophyte-fils sont inclus l’un dans l’autre.
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