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PRÉASTÉRIDÉES
Elles constituent un clade avec les Astéridées.
Les préastéridées sont un ensemble paraphylétique qui présente, comme celui des
pré-rosidées, des caractères primitifs : présence de tépales, de verticille trimère.
Les préastéridées réunissent les Santalales (à tépales), les Caryophyllales
(encore fréquemment à tépales) et les Saxifragales (ayant acquis un calice).
Les Santalales, surtout tropicales et parasites puisent la sève de leur hôte
grâce à des suçoirs.
Les Loranthacées (1 300 espèces) vivent sur les branches en hémiparasites : ne
pompant que la sève brute de leur hôte, ils conservent leur fonction chlorophyllienne. Les fruits sont des drupes (cf. la « baie » du Gui) à pulpe collante, ce qui
facilite la dispersion. Le périanthe, rudimentaire, est formé de 4 tépales. Les
ovules, presque toujours dépourvus de tégument, se confondent avec les placentas.
Les Santalacées (400 espèces) parasitent les racines, du moins des individus
jeunes. Le Santal est utilisé en Extrême-Orient pour son bois et son essence.
Les Caryophyllales (11 000 espèces) regroupent une douzaine de familles,
dont les Amaranthacées (cf. ci-dessous). Deux marqueurs – ce qui est exceptionnel les caractérisent, l’un morphologique, la forte courbure de l’ovule,
l’autre biochimique, la présence de bétalaïnes.
— La courbure de l’ovule entraîne celle de l’embryon. Dans la concavité de
l’embryon (fig. 129) sont situées les substances de réserve qui seront utilisées
lors de la germination. Ces substances ne sont pas constituées – comme c’est
habituellement le cas – par de l’albumen, mais par les restes des tissus de
l’ovule que l’on appelle périsperme
1 . En effet, ici, l’albumen ne s’est pratiquement pas développé (une mince gaine enveloppe la base de l’embryon) et n’a
pas résorbé les tissus entourant le sac embryonnaire.
— La coloration des fleurs et des fruits n’est pas due à des anthocyanes,
comme chez les autres plantes à fleurs, mais à des pigments azotés, les bétalaïnes (cf. Biochimie végétale, p. 200).
Les bétalaïnes sont synthétisées, comme les alcaloïdes isoquinoléiques, à
partir de la L-dopa
2 . Leur couleur est due à la présence d’un atome d’azote
sous forme d’ammonium quaternaire.
L’azote est très généralement un élément limitant pour les plantes et sa
présence n’est pas logique au niveau de molécules banales assurant la
coloration : on comprend que l’évolution ait très vite abandonné de telles
molécules au profit des anthocyanes, molécules non azotées. C’est d’ailleurs
1. Il convient de ne pas confondre, malgré la similitude des termes, le périsperme, tissu à 2n chromosomes, de nature ovulaire donc sporophytique, avec l’endosperme des Gymnospermes, qui,
engendré par le gamétophyte femelle après la réduction chromatique, est à n chromosomes.
2. Ce caractère métabolique est commun aux eudicots basales et aux Caryophyllales.
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