188 Eurosidées II
RUTACÉES (SAPINDALES)
Généralités
Les Rutacées
1 comprennent plus de 700 espèces en grand partie arborescentes
appartenant aux pays chauds.
C’est une famille par enchaînement et n’offrant qu’un petit nombre de caractères constants.
Une Rutacée s’identifie cependant avec netteté par son appareil sécréteur
constitué de poches sécrétrices – d’un type particulier et qui ne sont rencontrées dans aucune autre famille – dites schizolysigènes
2 .
Ces poches, toujours très superficielles, sont d’origine épidermiques; c’est ce
qui explique qu’il suffit d’écraser légèrement une partie molle d’une Rutacée
pour qu’une forte odeur d’essence s’en dégage. Très abondantes sur les
feuilles, elles apparaissent sous forme de points transparents.
Les fleurs possèdent un disque nectarifère intrastaminal, c’est-à-dire situé à
l’intérieur des étamines sur le réceptacle.
Nous limiterons notre étude à la Rue fétide
3 (fig. 124), herbe vivace que l’on,
rencontre à l’état spontané dans les montagnes calcaires du Midi et aux
Citronniers (fig. 125), arbres des climats de mousson.
Étude de la Rue fétide
La tige est ramifiée, vert pâle; les feuilles sont pennatiséquées et cela d’autant
plus que leur niveau d’insertion sur l’axe est plus bas.
Les fleurs sont groupées au sommet de la tige en une cyme composée, dont,
seule, la fleur centrale, sans doute de par sa disposition privilégiée, est pentamère. Il y a donc 4 ou 5 sépales, 4 ou 5 pétales; l’androcée, obdiplostémone,
comprend deux cycles d’étamines, donc 10 étamines pour la fleur centrale et
8 étamines pour les fleurs périphériques : le gynécée comporte un seul cycle
de 4 ou 5 carpelles « fermés », pluriovulés reposant sur un disque nectarifère
épais.
La formule florale de la Rue est donc, en ne considérant que la fleur centrale :
5 S + 5 P + (5 + 5) E + 5 C
1. Du genre Ruta, Rue.
2. Leur formation résulte à la fois d’un écartement (du grec schizein, fendre) et de la multiplication des cellules délimitant la cavité à l’origine de la poche et d’une lyse des cellules les plus
internes de celle-ci
3. Le Jaborandi, arbre d’Amérique du Sud apparenté aux Rues, est utilisé en pharmacie pour son
alcaloïde, la pilocarpine
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