Euphorbiacées 153
Mais ici :
• Chaque fleur est réduite à une seule étamine sans calice. Le filet se distingue
du pédoncule par une légère articulation à la limite de l’organe (chez un genre
voisin tropical, l’étamine est encore entourée par un petit calice rudimentaire).
• Les cinq inflorescences mâles sont situées de telle façon qu’elles entourent
une inflorescence femelle réduite à une seule fleur réduite elle-même à son
gynécée. L’ensemble est appelé cyathe. Les bractées situées à la base de
chaque inflorescence mâle se soudent en un involucre appelé péricyathe. En
outre, les stipules de ces bractées s’unissent pour former quatre (ou cinq)
glandes nectarifères en croissant, qui, chez certaines espèces, s’accroissent et
forment des lobes pétaloïdes (Euphorbia fulgens du Mexique).
• De plus, les cyathes sont à leur tour groupés en inflorescences complexes. Ce
sont généralement des cymes de cyathes chez les Euphorbes et même chez les
espèces exotiques des incyathescences : plusieurs cyathes devenus exclusivement mâles par avortement de la fleur femelle entourent un cyathe femelle
réduit à la fleur femelle, le tout très condensé et protégé par des bractées
(Anthostema).
• Enfin, chez certaines autres espèces américaines on observe la présence d’un
cyathe zygomorphe, ce qui est un caractère tout à fait remarquable et exceptionnel au niveau de l’inflorescence.
Il faut particulièrement souligner que le cyathe, inflorescence complexe, a
l’aspect d’une fleur bisexuée, apétale : les bractées du péricyathe simulent
cinq sépales, les cinq inflorescences de fleurs mâles, cinq phalanges
d’étamines, l’inflorescence femelle, un ovaire tricoque. Au point que de
nombreux auteurs anciens y reconnaissaient la fleur complète et primitive (car
apétale) des Euphorbiacées. Ces auteurs auraient dû remarquer :
• que les étamines se développent ici de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui est
l’ordre inverse d’une fleur où les étamines du centre sont d’abord moins
épanouies que celles du pourtour,
• que les étamines sont articulées sur le pédoncule, ce qui est anormal et qui,
nous l’avons vu, s’explique par l’anatomie comparée.
Mais il ne convient pas de les critiquer trop vite. Nous décrivons sans doute,
encore, certaines fleurs comme telles, alors qu’elles ne sont que des inflorescences très contractées.
L’intérêt de l’étude de la fleur et de l’inflorescence chez les Euphorbiacées est
de nous montrer le type d’une évolution pseudocylique : partant d’un organe
donné (la fleur), par transformations successives, on retrouve un organe
ressemblant morphologiquement au premier (le cyathe), mais dont la structure
est différente.
Le gynécée et le fruit
L’unité des Euphorbiacées est due à son gynécée très particulier, qui, à maturité, donne naissance à un fruit tout à fait typique.
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