6
Systématique des plantes supérieures. Classifications. Définition de l’espèce
NOMENCLATURE BINÔMIALE
Chaque espèce, depuis Linné
1 , est désignée par deux mots latins; c’est ce que
l’on appelle la nomenclature binomiale. Le premier est le nom de genre, le
second le nom d’espèce.
Ex. : Rosa canina et Rosa arvensis sont deux espèces distinctes que l’on
confond vulgairement sous le nom d’Églantier et qui appartiennent au genre
Rosa.
De plus, pour être complet, le nom d’espèce est suivi par le nom, symboliquement abrégé (par ex. : L., pour Linné), du premier botaniste qui l’a décrite.
NOTION D’ESPÈCE
Critère de ressemblance
La notion d’espèce est d’abord intuitive et ne semble pas poser de problème.
Nul ne penserait appeler un Prunier, un Pêcher et inversement : le Prunier, le
Pêcher sont deux espèces différentes.
Cependant, si l’on regarde plus attentivement, on s’aperçoit que jamais un
individu n’est exactement semblable à un autre; jamais un Prunier n’est rigoureusement identique à un autre Prunier, mais les différences qui les séparent
sont, en vérité, très faibles, secondaires, alors que celles qui séparent un
Prunier d’un Pêcher, sont importantes, évidentes.
En fait, on considérera l’espèce comme une collection d’individus entre
lesquels les différences sont faibles, alors qu’entre deux espèces, les différences sont plus ou moins profondes.
C’est ce qu’on appelle le critère de ressemblance : « l’espèce est la collection
des individus nés les uns des autres, ou issus de parents communs et de tous
ceux qui leur ressemblent autant qu’ils se ressemblent entre eux » (Cuvier).
Le verbe ressembler doit être pris au sens large : les caractères biochimiques,
physiologiques, cytologiques, sexuels, chromosomiques entreront en considération. L’identité de ces caractères sera suffisante pour se traduire en
particulier par une fécondité indéfinie des individus issus les uns des autres.
C’est ce qu’on appelle le critère d’interfécondité souvent énoncé comme un
second critère de l’espèce, mais qui n’est, en réalité, qu’une conséquence du
critère de similitude.
Au regard de la biologie moléculaire, l’espèce se définit comme l’ensemble
des individus susceptibles d’échanger de l’information génétique.
Il n’en reste pas moins que, pratiquement, l’espèce est définie par des caractères morphologiques, qui sont seuls évidents et faciles à observer. Comment,
1. Linné établit la nomenclature binômiale d’abord pour les végétaux, puis l’étendit aux animaux.
Précédent

- 16/295

Suivant