Poacées 111
Cette famille, parmi toutes celles du règne végétal, occupe une place à part,
non seulement par le nombre de ses espèces, 9 000 mais encore par son
ubiquité, sa répartition et son intérêt humain, historique comme économique.
Sur des zones entières du globe, les Poacées constituent l’élément dominant
de la flore : prairie, savanne, steppe, pampa, jungle à bambous; ajoutons-y les
pelouses alpines, les rizières, les champs de céréales; sans conteste cette
famille est la première par les espaces qu’elle couvre.
De plus, les Poacées fournissent les éléments indispensables à la nourriture
des hommes, soit directement par leurs céréales, leurs espèces sucrières, soit
indirectement par les espèces fourragères apportant, par le biais de l’animal,
les protéines dont nous avons besoin.
C’est d’ailleurs l’invention de l’agriculture, quelque part sur les collines dominant la Mésopotamie, il y a environ 8 000 ans, qui permit aux populations
dispersées et essentiellement nomades de l’homme paléolithique de parvenir
aux groupements sédentaires et denses du néolithique, c’est-à-dire finalement
à la civilisation.
Le Prix Nobel de la Paix attribué en 1970 pour la première fois à un scientifique, l’agronome Norman Ernest Borlaug pour ses travaux sur la sélection de
nouvelles races de Blé à haut rendement, traduit l’importance considérable des
graminées dans la vie des hommes de tous les temps. Les travaux de Borlaug,
étendus à d’autres céréales (Riz, Maïs…) ont modifié les données du
problème alimentaire de nombreux pays en voie de développement (Mexique,
Inde, Pakistan…) et furent à la base d’une véritable mutation agricole appelée
« révolution verte ».
Dans l’avenir, l’obtention de symbiose procaryotes fixateurs d’azote-céréales
ou encore le transfert de l’opéron « nif » responsable de la fixation de N2 dans
le génome des Poacées permettraient de nouveaux progrès dans le domaine
alimentaire.
En ce qui concerne le métabolisme du carbone, les Poacées sont la famille qui,
de loin, possède le plus d’espèces dites en C4 (cf. Biochimie végétale, p. 144).
Ces espèces, qui différencient deux types de chloroplastes, fixent le CO2 avec
un rendement 4 à 5 fois supérieur à la moyenne. La plupart des céréales tropicales (Maïs, Sorgho, Mil…) et la Canne à sucre appartiennent à ce type.
Sous l’angle plus strictement botanique, cette famille – très évoluée – est
remarquable par l’extrême spécialisation de tous ses organes; spécialisation
de l’appareil végétatif caractérisé par le chaume; spécialisation de l’inflorescence et de la fleur, tout à fait typique; spécialisation du fruit et de l’embryon.
Il en résulte qu’une Poacée ne ressemble à rien d’autre et se reconnaît facilement, mais qu’inversement rien ne ressemble plus à une Poacée qu’une autre
Poacée : les botanistes débutants le savent bien!
Appareil végétatif
— Les Poacées sont des plantes herbacées et généralement de faible
dimension :
Cette famille, parmi toutes celles du règne végétal, occupe une place à part,
non seulement par le nombre de ses espèces, 9 000 mais encore par son
ubiquité, sa répartition et son intérêt humain, historique comme économique.
Sur des zones entières du globe, les Poacées constituent l’élément dominant
de la flore : prairie, savanne, steppe, pampa, jungle à bambous; ajoutons-y les
pelouses alpines, les rizières, les champs de céréales; sans conteste cette
famille est la première par les espaces qu’elle couvre.
De plus, les Poacées fournissent les éléments indispensables à la nourriture
des hommes, soit directement par leurs céréales, leurs espèces sucrières, soit
indirectement par les espèces fourragères apportant, par le biais de l’animal,
les protéines dont nous avons besoin.
C’est d’ailleurs l’invention de l’agriculture, quelque part sur les collines dominant la Mésopotamie, il y a environ 8 000 ans, qui permit aux populations
dispersées et essentiellement nomades de l’homme paléolithique de parvenir
aux groupements sédentaires et denses du néolithique, c’est-à-dire finalement
à la civilisation.
Le Prix Nobel de la Paix attribué en 1970 pour la première fois à un scientifique, l’agronome Norman Ernest Borlaug pour ses travaux sur la sélection de
nouvelles races de Blé à haut rendement, traduit l’importance considérable des
graminées dans la vie des hommes de tous les temps. Les travaux de Borlaug,
étendus à d’autres céréales (Riz, Maïs…) ont modifié les données du
problème alimentaire de nombreux pays en voie de développement (Mexique,
Inde, Pakistan…) et furent à la base d’une véritable mutation agricole appelée
« révolution verte ».
Dans l’avenir, l’obtention de symbiose procaryotes fixateurs d’azote-céréales
ou encore le transfert de l’opéron « nif » responsable de la fixation de N2 dans
le génome des Poacées permettraient de nouveaux progrès dans le domaine
alimentaire.
En ce qui concerne le métabolisme du carbone, les Poacées sont la famille qui,
de loin, possède le plus d’espèces dites en C4 (cf. Biochimie végétale, p. 144).
Ces espèces, qui différencient deux types de chloroplastes, fixent le CO2 avec
un rendement 4 à 5 fois supérieur à la moyenne. La plupart des céréales tropicales (Maïs, Sorgho, Mil…) et la Canne à sucre appartiennent à ce type.
Sous l’angle plus strictement botanique, cette famille – très évoluée – est
remarquable par l’extrême spécialisation de tous ses organes; spécialisation
de l’appareil végétatif caractérisé par le chaume; spécialisation de l’inflorescence et de la fleur, tout à fait typique; spécialisation du fruit et de l’embryon.
Il en résulte qu’une Poacée ne ressemble à rien d’autre et se reconnaît facilement, mais qu’inversement rien ne ressemble plus à une Poacée qu’une autre
Poacée : les botanistes débutants le savent bien!
Appareil végétatif
— Les Poacées sont des plantes herbacées et généralement de faible
dimension :
