100 Liliidées
Exceptionnellement, l’orchidée ne synthétise plus de chlorophylle (les feuilles
sont réduites à des écailles) et vit en parasite sur le champignon qui lui apporte
des photosynthétats prélevés sur les arbres voisins : c’est le cas de la Néottie
« Nid d’oiseau » (les racines du rhizome, enchevêtrées et légèrement tubérisées par la présence du champignon, simulent un nid d’oiseau).
Appareil reproducteur
Les fleurs
Presque toujours disposées en grappe ou en épi (parfois solitaires; ex. : Sabot
de Vénus) les fleurs sont remarquables par leur forte entomophilie; elles attirent les insectes, voire les oiseaux, par leur couleur, leur parfum et leur nectar
(de nombreux genres possèdent un éperon nectarifère différencié sur le
labelle).
Elles comprennent (fig. 68 et 69) :
1. Un périanthe de six (3 + 3) tépales pétaloïdes. Le tépale interne supérieur
est presque toujours converti en un labelle. Ce dernier est très différent des
autres pièces périanthaires et, souvent, de forme compliquée; il comporte
souvent à sa base une bosse (ex. : Ophrys) ou un éperon nectarifère (ex. :
Orchis). Sa forme et sa coloration, caractéristiques, sont sans cesse évoquées
pour la détermination des genres et des espèces.
Par sa forme, sa couleur, son parfum ou ses phéromones femelles, le labelle
joue ainsi un rôle attractif pour les insectes (« l’appareil d’affichage ») mais –
de plus – l’évolution lui fait jouer le rôle d’« aire d’atterrissage ». Primitivement, cette pièce est en haut de la fleur, donc impropre à fournir à l’insecte
une plate-forme lui permettant de visiter l’intérieur de la fleur, où se trouvent
pollen et stigmate à féconder. Aussi la fleur se tord sur elle-même de 180° :
— soit, le plus souvent, par torsion du pédicelle;
— soir, plus rarement, par torsion de l’ovaire : c’est le cas des Ophrys et des
Orchis
1 dont les fleurs sont sessiles.
C’est la résupination : le labelle est devenu, en apparence, inférieur.
On trouve peu d’exceptions à cette règle : c’est le cas d’espèces malgaches
pollinisées par des papillons de nuit qui aspirent le nectar, en vol, sans se
poser; chez d’autres, l’évolution est poussée trop loin : au lieu d’une torsion
de 180°, il s’est produit une rotation de 360° et le labelle est à nouveau
supérieur!
2. L’androcée est réduit aux trois étamines inférieures (fig. 69) (mais du
fait de la résupination, elles sont, en apparence supérieures), c’est-à-dire à
l’étamine inférieure du rang externe et aux deux étamines inférieures internes.
Les autres sont tout à fait virtuelles
2 (fusionnées au labelle?) ou représentées
par des lobes ou par des glandes odorantes, d’interprétation discutable.
1. Dans ce cas, l’ovaire se remet droit après la fécondation, lors de sa transformation en fruit.
2. Quelques espèces archaïques ont encore 4 ou 5 étamines.
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