Plateformes de génétique moléculaire des cancers 89
sentants des plateformes de génétique moléculaire. Il concerne tous les patients
bénéficiant au cours d’une période de 12 mois d’une recherche de mutations
de l’EGFR et des biomarqueurs émergents associés. Il permettra en particulier
de déterminer le nombre de patients recevant une thérapie personnalisée sur
la base d’une anomalie moléculaire identifiée et d’établir une corrélation entre
les anomalies moléculaires, la décision thérapeutique et les données de survie.
Pour le mélanome, le projet MELBASEL, financé en 2011 dans le cadre
de l’appel à projets INCa « Bases clinico-biologiques », constitue de façon
prospective une cohorte de 1 000 patients atteints de mélanome de stade III
ganglionnaire non résécable et de stade IV. Ces patients, inclus à partir de
26 centres, seront suivis pendant trois ans.
Impact économique de l’utilisation de biomarqueurs
pour déterminer l’accès aux thérapies ciblées
Au-delà du bénéfice médical apporté aux patients, il convient de s’interroger sur l’impact économique de la caractérisation moléculaire préalable à la
prescription des thérapies ciblées.
Dans le cancer du poumon, la durée médiane de survie sans progression des
patients sans mutation de l’EGFR et traités par géfitinib est inférieure à deux
R
mois dans les essais de phase III INTEREST et IPASS [8, 9]. Parmi les 16 834
patients ayant bénéficié d’un test EGFR en 2010, 90 % d’entre eux, soit
15 000, ne présentent pas de mutations de l’EGFR dans leur tumeur et ne sont
R
donc pas éligibles aux traitements par TKI. En France, le coût de 8 semaines
de traitements au géfitinib est de 4 600 € par patient et la recherche de mutations EGFR permet donc de réaliser une économie globale de 69 M€. Si l’on
se réfère au nombre de tests EGFR réalisés en 2011, les coûts évités seraient
encore supérieurs.
En cas d’association avec un traitement par chimiothérapie, les coûts évités
sont encore bien supérieurs car un patient non répondeur au traitement par
thérapie ciblée bénéficiera tout de même de l’administration de la chimiothérapie. Il recevra de ce fait inutilement une thérapie ciblée jusqu’à progression de
la maladie. Ainsi, les données de l’essai de phase III CRYSTAL montrent que
les patients (quel que soit le statut KRAS) traités par chimiothérapie seule ont
S S
une durée médiane de survie sans progression de 8 mois [10]. Si l’on considère
que l’administration du cétuximab n’est pas délétère chez les patients KRAS+, le
S S
test KRAS évite ainsi l’administration inutile du cétuximab pendant une durée
médiane de 8 mois pour 40 % des patients. Le coût d’un traitement de 8 mois
par cétuximab s’élève en moyenne en France à 32 419 €. De même, une étude
coût-efficacité a montré que la détermination du statut HER2 est toujours plus
coût-efficace que l’administration du trastuzumab à toutes les patientes, quel
que soit le protocole utilisé pour rechercher le statut HER2 [11].
sentants des plateformes de génétique moléculaire. Il concerne tous les patients
bénéficiant au cours d’une période de 12 mois d’une recherche de mutations
de l’EGFR et des biomarqueurs émergents associés. Il permettra en particulier
de déterminer le nombre de patients recevant une thérapie personnalisée sur
la base d’une anomalie moléculaire identifiée et d’établir une corrélation entre
les anomalies moléculaires, la décision thérapeutique et les données de survie.
Pour le mélanome, le projet MELBASEL, financé en 2011 dans le cadre
de l’appel à projets INCa « Bases clinico-biologiques », constitue de façon
prospective une cohorte de 1 000 patients atteints de mélanome de stade III
ganglionnaire non résécable et de stade IV. Ces patients, inclus à partir de
26 centres, seront suivis pendant trois ans.
Impact économique de l’utilisation de biomarqueurs
pour déterminer l’accès aux thérapies ciblées
Au-delà du bénéfice médical apporté aux patients, il convient de s’interroger sur l’impact économique de la caractérisation moléculaire préalable à la
prescription des thérapies ciblées.
Dans le cancer du poumon, la durée médiane de survie sans progression des
patients sans mutation de l’EGFR et traités par géfitinib est inférieure à deux
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mois dans les essais de phase III INTEREST et IPASS [8, 9]. Parmi les 16 834
patients ayant bénéficié d’un test EGFR en 2010, 90 % d’entre eux, soit
15 000, ne présentent pas de mutations de l’EGFR dans leur tumeur et ne sont
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donc pas éligibles aux traitements par TKI. En France, le coût de 8 semaines
de traitements au géfitinib est de 4 600 € par patient et la recherche de mutations EGFR permet donc de réaliser une économie globale de 69 M€. Si l’on
se réfère au nombre de tests EGFR réalisés en 2011, les coûts évités seraient
encore supérieurs.
En cas d’association avec un traitement par chimiothérapie, les coûts évités
sont encore bien supérieurs car un patient non répondeur au traitement par
thérapie ciblée bénéficiera tout de même de l’administration de la chimiothérapie. Il recevra de ce fait inutilement une thérapie ciblée jusqu’à progression de
la maladie. Ainsi, les données de l’essai de phase III CRYSTAL montrent que
les patients (quel que soit le statut KRAS) traités par chimiothérapie seule ont
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une durée médiane de survie sans progression de 8 mois [10]. Si l’on considère
que l’administration du cétuximab n’est pas délétère chez les patients KRAS+, le
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test KRAS évite ainsi l’administration inutile du cétuximab pendant une durée
médiane de 8 mois pour 40 % des patients. Le coût d’un traitement de 8 mois
par cétuximab s’élève en moyenne en France à 32 419 €. De même, une étude
coût-efficacité a montré que la détermination du statut HER2 est toujours plus
coût-efficace que l’administration du trastuzumab à toutes les patientes, quel
que soit le protocole utilisé pour rechercher le statut HER2 [11].
