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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
conditions posées par l’International Panel on Climate Change (IPCC), pour qui la
stabilisation de l’émission annuelle de carbone anthropogénique à 6 Gt implique
non seulement une politique très volontariste de décarbonisation de l’approvisionnement (part des non-fossiles portée de 12 à 46%), mais une consommation mondiale ne dépassant pas 13,6 Gtep (572 EJ) en 2050. Quelles sont les évolutions qui
poussent plutôt vers A ou vers C ?
3.3.2. CROISSANCES DÉMOGRAPHIQUE ET ÉCONOMIQUE
Depuis la construction des scénarios du CME, les démographes n’ont cessé de
revoir à la baisse leurs projections de population mondiale. Alors que les trajectoires
énergétiques s’appuient toutes sur une hypothèse haute à 10,1 milliards d’habitants
en 2050, l’hypothèse basse à 7,7 est envisagée avec une attention croissante, au
vu des données les plus récentes sur l’évolution de la fécondité. Elle est en effet
à l’origine de la baisse du taux de croissance de la population mondiale : 2% (et
même 2,5% dans les régions les moins développées) à la fin des années 1960, 1,5
à la fin des années 1990, peut-être 0,50 en 2050. La rapidité de la baisse du taux
de fécondité est en proportion directe avec l’éducation et le niveau de formation,
des filles notamment. Il est vraisemblablement aussi influencé par un large accès
aux médias occidentaux. Ce qui fait dire à l’Unesco, qu’au-delà de l’inévitable croissance démographique des prochaines décennies, la population mondiale, loin d’être
menacée « d’explosion », pourrait bien « imploser », le phénomène s’amorçant déjà
dans les pays touchés par la dépopulation [23]. Dans cette perspective, le taux moyen
de croissance démographique sur toute la période serait plus proche de 0,6% que
du 1,1% retenu.
Sur une période de temps aussi longue et un ensemble de régions aussi hétérogène, aucun scénario de croissance économique cohérent ne peut être construit. Il
est donc raisonnable de conserver les deux taux (2,2 et 2,7%) adoptés par le CME,
sachant que le premier, considéré comme le plus réaliste, correspond au taux de
progression de la productivité des pays industrialisés et au taux minimum nécessaire au développement économique des autres.
3.3.3. L’ÉLÉVATION DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE
Composante principale de la baisse de l’intensité énergétique jusqu’à présent, l’efficacité énergétique dispose d’un potentiel considérable de croissance dans tous les
secteurs d’utilisation (voir § 3.2). L’expérience historique prouve cependant que ce
potentiel n’est exploité complètement que lorsque sont réunies un certain nombre
de conditions.
Dans les pays industrialisés, y compris les anciens pays socialistes dès qu’ils seront
passés à une véritable économie de marché, les choix de technologies efficaces
dépendent d’un signal prix sans équivoque et de normes techniques faisant office
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