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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
la nouvelle baisse des prix de l’énergie à partir de 1986 a de nouveau ralenti les
efforts vers plus d’efficacité énergétique (construction automobile, notamment),
mais elle n’a pas empêché des diminutions significatives de l’intensité : ces dernières, avec des taux de croissance démographique et économique moins vigoureux, sont à l’origine d’une croissance mondiale de la consommation d’énergie
qui ne dépasse pas 0,9% par an sur la décennie 1990-2000.
Pour bien comprendre ces évolutions récentes et l’influence qu’elles pourraient
avoir sur celles des prochaines décennies, un examen plus attentif des grandes
régions du monde s’impose.
LES ÉCONOMIES EN TRANSITION
Pour des raisons structurelles (priorité aux industries lourdes) et technologiques
(système économique incitant peu à la croissance de l’efficacité), l’intensité énergétique de l’activité économique des pays socialistes d’Europe dépassait de deux
à trois fois celle des pays capitalistes à la fin des années 1970. En éliminant les gaspillages les plus criants, les premières réformes des années 1980 ont réduit sensiblement sa croissance (ou même amorcé sa décroissance, selon les sources d’information), mais tout a changé avec le passage à l’économie de marché au début des
années 1990. Globalement, l’évolution de ENE/PIB depuis cette date résulte de
deux évolutions contradictoires : la baisse rapide de l’intensité énergétique dans les
pays d’Europe centrale qui modernisent leur appareil de production ; sa hausse en
Russie et dans les autres anciennes républiques de l’URSS où le passage à l’économie de marché a provoqué une chute du PIB plus forte que celle de la consommation d’énergie. Cette évolution semble cependant s’inverser depuis 1997.
LES PAYS DE L’OCDE
Dans l’ensemble, les pays industrialisés ont infléchi leur trajectoire en abandonnant
la forte baisse des années 1980 (entre –2 et – 2,5%) pour une baisse beaucoup
plus modérée (autour de – 1,5%) au cours des années 1990. La diminution des prix
de l’énergie et le relâchement des politiques de maîtrise de la demande y sont certainement pour quelque chose, mais ces facteurs ne suffisent pas à expliquer les
différences entre pays de la région :
au Japon, l’intensité énergétique (0,16 kep/$95 ppa), qui est déjà la plus basse du
monde, ne progresse plus depuis que la crise économique a ralenti les investissements de productivité dans l’industrie ;
à l’opposé, les Etats-Unis, qui se situent sur une trajectoire plus élevée (0,36 kep
au début des années 1980, soit en moyenne 50% de plus que l’Europe occidentale et 80% de plus que le Japon), ont continué à réduire leur intensité énergétique mais à un rythme moins rapide qu’au cours des années 1980 (de – 2,5% à
– 1,6% par an) ;
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
la nouvelle baisse des prix de l’énergie à partir de 1986 a de nouveau ralenti les
efforts vers plus d’efficacité énergétique (construction automobile, notamment),
mais elle n’a pas empêché des diminutions significatives de l’intensité : ces dernières, avec des taux de croissance démographique et économique moins vigoureux, sont à l’origine d’une croissance mondiale de la consommation d’énergie
qui ne dépasse pas 0,9% par an sur la décennie 1990-2000.
Pour bien comprendre ces évolutions récentes et l’influence qu’elles pourraient
avoir sur celles des prochaines décennies, un examen plus attentif des grandes
régions du monde s’impose.
LES ÉCONOMIES EN TRANSITION
Pour des raisons structurelles (priorité aux industries lourdes) et technologiques
(système économique incitant peu à la croissance de l’efficacité), l’intensité énergétique de l’activité économique des pays socialistes d’Europe dépassait de deux
à trois fois celle des pays capitalistes à la fin des années 1970. En éliminant les gaspillages les plus criants, les premières réformes des années 1980 ont réduit sensiblement sa croissance (ou même amorcé sa décroissance, selon les sources d’information), mais tout a changé avec le passage à l’économie de marché au début des
années 1990. Globalement, l’évolution de ENE/PIB depuis cette date résulte de
deux évolutions contradictoires : la baisse rapide de l’intensité énergétique dans les
pays d’Europe centrale qui modernisent leur appareil de production ; sa hausse en
Russie et dans les autres anciennes républiques de l’URSS où le passage à l’économie de marché a provoqué une chute du PIB plus forte que celle de la consommation d’énergie. Cette évolution semble cependant s’inverser depuis 1997.
LES PAYS DE L’OCDE
Dans l’ensemble, les pays industrialisés ont infléchi leur trajectoire en abandonnant
la forte baisse des années 1980 (entre –2 et – 2,5%) pour une baisse beaucoup
plus modérée (autour de – 1,5%) au cours des années 1990. La diminution des prix
de l’énergie et le relâchement des politiques de maîtrise de la demande y sont certainement pour quelque chose, mais ces facteurs ne suffisent pas à expliquer les
différences entre pays de la région :
au Japon, l’intensité énergétique (0,16 kep/$95 ppa), qui est déjà la plus basse du
monde, ne progresse plus depuis que la crise économique a ralenti les investissements de productivité dans l’industrie ;
à l’opposé, les Etats-Unis, qui se situent sur une trajectoire plus élevée (0,36 kep
au début des années 1980, soit en moyenne 50% de plus que l’Europe occidentale et 80% de plus que le Japon), ont continué à réduire leur intensité énergétique mais à un rythme moins rapide qu’au cours des années 1980 (de – 2,5% à
– 1,6% par an) ;
