3 - LA CONSOMMATION DES SOURCES D’ÉNERGIE : UTILISATIONS FINALES, EFFICACITÉ ET PRODUCTIVITÉ
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Lorsque l’on dispose de toutes les données statistiques pour l’appliquer à une économie nationale, la méthode permet de dissocier les variations d’activité, de structure ou de contenu qui sont à l’origine d’une variation de ENE/PIB. En figeant l’effet
de structure, on peut évaluer l’effet technologique ou de contenu qui correspond à
une variation d’efficacité du système d’approvisionnement. La principale difficulté
méthodologique vient de l’incidence du degré de désagrégation du PIB sur le partage entre effets de structure et de contenu : plus ce degré est grand, plus l’effet
de structure devient prépondérant et inversement.
3.2.2. L’ÉVOLUTION PASSÉE DE L’INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE
Pour comprendre l’incidence de l’évolution de ENE/PIB sur la croissance de la
consommation mondiale d’énergie, il faut essayer de reconstituer cette évolution sur une période de temps aussi longue que le permettent les statistiques disponibles [19].
Tableau VII - Taux de croissance ou décroissance de ENE/PIB (%)
[source : évaluations de l’auteur à partir des PIB d’Angus MADDISON]
Amérique
latine
Amérique
du Nord
Asie
Europe
de l’Ouest
Europe
de l’Est
Monde
1820-1870
– 0,3
0,3
0,2
1870-1913
– 1,2
– 0,8
– 0,3
0,3
– 0,2
0,0
1913-1950
– 0,9
– 1,0
– 0,3
– 1,3
– 1,6
– 0,9
1950-1973
– 1,3
– 0,6
– 0,8
– 0,3
1,3
– 0,4
1973-1990
0,2
– 2,5
– 0,8
– 1,9
0,7
– 1,3
1990-2000
0,6
– 1,7
– 1,5
– 1,3
0,8
– 1,2
Quelques grandes tendances se dégagent des évaluations ci-dessus :
à l’échelle mondiale, l’intensité énergétique n’a crû qu’au XIX
e siècle, c'est-à-dire
quand l’Europe s’est industrialisée en recourant massivement à un charbon minéral utilisé de façon très peu efficace (le rendement initial de la machine à vapeur
était inférieur à 1%) ; au cours du XX
e siècle, l’intensité n’a crû que dans quelques
régions, dont l’Europe de l’Est qui a donné priorité au développement des industries lourdes sans aucun souci de productivité, et plus récemment l’Amérique
latine pour des raisons tenant surtout à ses crises économiques ;
en général, la baisse s’est accentuée d’une période à l’autre, sauf lorsque la diminution du prix relatif de l’énergie a découragé la recherche d’une plus grande efficacité énergétique, ce qui a été le cas entre 1950 et 1973, avec la construction
d’immeubles qualifiés de « véritables passoires thermiques » ou celle d’automobiles consommant de 20 à 30 litres d’essence au kilomètre, notamment aux EtatsUnis ;
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Lorsque l’on dispose de toutes les données statistiques pour l’appliquer à une économie nationale, la méthode permet de dissocier les variations d’activité, de structure ou de contenu qui sont à l’origine d’une variation de ENE/PIB. En figeant l’effet
de structure, on peut évaluer l’effet technologique ou de contenu qui correspond à
une variation d’efficacité du système d’approvisionnement. La principale difficulté
méthodologique vient de l’incidence du degré de désagrégation du PIB sur le partage entre effets de structure et de contenu : plus ce degré est grand, plus l’effet
de structure devient prépondérant et inversement.
3.2.2. L’ÉVOLUTION PASSÉE DE L’INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE
Pour comprendre l’incidence de l’évolution de ENE/PIB sur la croissance de la
consommation mondiale d’énergie, il faut essayer de reconstituer cette évolution sur une période de temps aussi longue que le permettent les statistiques disponibles [19].
Tableau VII - Taux de croissance ou décroissance de ENE/PIB (%)
[source : évaluations de l’auteur à partir des PIB d’Angus MADDISON]
Amérique
latine
Amérique
du Nord
Asie
Europe
de l’Ouest
Europe
de l’Est
Monde
1820-1870
– 0,3
0,3
0,2
1870-1913
– 1,2
– 0,8
– 0,3
0,3
– 0,2
0,0
1913-1950
– 0,9
– 1,0
– 0,3
– 1,3
– 1,6
– 0,9
1950-1973
– 1,3
– 0,6
– 0,8
– 0,3
1,3
– 0,4
1973-1990
0,2
– 2,5
– 0,8
– 1,9
0,7
– 1,3
1990-2000
0,6
– 1,7
– 1,5
– 1,3
0,8
– 1,2
Quelques grandes tendances se dégagent des évaluations ci-dessus :
à l’échelle mondiale, l’intensité énergétique n’a crû qu’au XIX
e siècle, c'est-à-dire
quand l’Europe s’est industrialisée en recourant massivement à un charbon minéral utilisé de façon très peu efficace (le rendement initial de la machine à vapeur
était inférieur à 1%) ; au cours du XX
e siècle, l’intensité n’a crû que dans quelques
régions, dont l’Europe de l’Est qui a donné priorité au développement des industries lourdes sans aucun souci de productivité, et plus récemment l’Amérique
latine pour des raisons tenant surtout à ses crises économiques ;
en général, la baisse s’est accentuée d’une période à l’autre, sauf lorsque la diminution du prix relatif de l’énergie a découragé la recherche d’une plus grande efficacité énergétique, ce qui a été le cas entre 1950 et 1973, avec la construction
d’immeubles qualifiés de « véritables passoires thermiques » ou celle d’automobiles consommant de 20 à 30 litres d’essence au kilomètre, notamment aux EtatsUnis ;
