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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
d’un pays à l’autre, il faut recourir à une même unité monétaire obtenue à l’aide
soit de taux de change, soit d’un indice de parité de pouvoir d’achat (ppa).
Qui plus est, ENE/PIB n’est pas un indicateur d’efficacité mais de productivité. Son
niveau exprime donc une double réalité, énergétique (l’efficacité de conversion des
sources primaires en énergie utile, comme exposé ci-dessus ; voir § 3.1), mais aussi
économique (la composition du PIB). Un ENE/PIB élevé peut signifier soit un système énergétique peu efficace pour des raisons technologiques ou organisationnelles, soit un PIB reposant majoritairement sur des activités économiques fortes
consommatrices d’énergie (sidérurgie, métallurgie, chimie lourde), soit les deux
à la fois. Une diminution de l’intensité peut indiquer soit une élévation de l’efficacité de la chaîne des conversions énergétiques, soit une dématérialisation du PIB
(croissance plus rapide de l’informatique que de la production d’acier), soit les deux
à la fois. Cette ambivalence peut être en partie levée en décomposant une variation de ENE/PIB entre composantes, structurelle et technologique, cette dernière
étant alors assimilable à une variation d’efficacité du système énergétique (volume
d’énergie utile/volume d’énergie primaire).
Pour un pays donné, la consommation totale d’énergie ENE peut ainsi être décomposée en une somme de produits de facteurs [18] :
ENE = Σ ENE i , l’indice i étant relatif aux divers secteurs de l’économie
ENE i = Σ (ENE i / VA i ) × (VA i / PIB) × PIB
où ENE représente la consommation totale d’énergie,
ENE i et VA i la consommation d’énergie et la valeur ajoutée du secteur i,
PIB l’activité économique d’ensemble,
ENE i / VA i un indicateur d’intensité énergétique du secteur,
VA i / PIB un indicateur de structure économique.
L’expression signifie donc que ENE dépend de la valeur globale du PIB (toutes
choses égales par ailleurs, ENE sera plus élevé en France qu’au Portugal) ; de la
structure du PIB (% des diverses productions allant de l’aluminium gros consommateur d’énergie aux logiciels informatiques qui le sont beaucoup moins) ; de
l’intensité énergétique de chaque production entrant dans le PIB (un même euro
d’aluminium exigera la consommation de plus ou moins d’électricité selon l’efficacité des procédés industriels). En faisant apparaître explicitement les variations Δ
de chacun des termes de la relation précédente, on obtient :
Δ ENE = Σ Δ (ENE i / VA i ) × VA i / PIB × PIB
effet de contenu
+ Σ ENE i / VA i × Δ (VA i / PIB) × PIB
effet de structure
+ Σ ENE i / VA i × VA i / PIB × Δ (PIB)
effet d’activité
+ termes de deuxième et troisième ordres, en général négligeables sur
une courte période.
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
d’un pays à l’autre, il faut recourir à une même unité monétaire obtenue à l’aide
soit de taux de change, soit d’un indice de parité de pouvoir d’achat (ppa).
Qui plus est, ENE/PIB n’est pas un indicateur d’efficacité mais de productivité. Son
niveau exprime donc une double réalité, énergétique (l’efficacité de conversion des
sources primaires en énergie utile, comme exposé ci-dessus ; voir § 3.1), mais aussi
économique (la composition du PIB). Un ENE/PIB élevé peut signifier soit un système énergétique peu efficace pour des raisons technologiques ou organisationnelles, soit un PIB reposant majoritairement sur des activités économiques fortes
consommatrices d’énergie (sidérurgie, métallurgie, chimie lourde), soit les deux
à la fois. Une diminution de l’intensité peut indiquer soit une élévation de l’efficacité de la chaîne des conversions énergétiques, soit une dématérialisation du PIB
(croissance plus rapide de l’informatique que de la production d’acier), soit les deux
à la fois. Cette ambivalence peut être en partie levée en décomposant une variation de ENE/PIB entre composantes, structurelle et technologique, cette dernière
étant alors assimilable à une variation d’efficacité du système énergétique (volume
d’énergie utile/volume d’énergie primaire).
Pour un pays donné, la consommation totale d’énergie ENE peut ainsi être décomposée en une somme de produits de facteurs [18] :
ENE = Σ ENE i , l’indice i étant relatif aux divers secteurs de l’économie
ENE i = Σ (ENE i / VA i ) × (VA i / PIB) × PIB
où ENE représente la consommation totale d’énergie,
ENE i et VA i la consommation d’énergie et la valeur ajoutée du secteur i,
PIB l’activité économique d’ensemble,
ENE i / VA i un indicateur d’intensité énergétique du secteur,
VA i / PIB un indicateur de structure économique.
L’expression signifie donc que ENE dépend de la valeur globale du PIB (toutes
choses égales par ailleurs, ENE sera plus élevé en France qu’au Portugal) ; de la
structure du PIB (% des diverses productions allant de l’aluminium gros consommateur d’énergie aux logiciels informatiques qui le sont beaucoup moins) ; de
l’intensité énergétique de chaque production entrant dans le PIB (un même euro
d’aluminium exigera la consommation de plus ou moins d’électricité selon l’efficacité des procédés industriels). En faisant apparaître explicitement les variations Δ
de chacun des termes de la relation précédente, on obtient :
Δ ENE = Σ Δ (ENE i / VA i ) × VA i / PIB × PIB
effet de contenu
+ Σ ENE i / VA i × Δ (VA i / PIB) × PIB
effet de structure
+ Σ ENE i / VA i × VA i / PIB × Δ (PIB)
effet d’activité
+ termes de deuxième et troisième ordres, en général négligeables sur
une courte période.
