3 - LA CONSOMMATION DES SOURCES D’ÉNERGIE : UTILISATIONS FINALES, EFFICACITÉ ET PRODUCTIVITÉ
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3.2. DE L’EFFICACITÉ À LA PRODUCTIVITÉ DE L’ÉNERGIE
La croissance de l’efficacité globale des chaînes énergétiques n’est pas une nouveauté. A des rythmes variables selon les pays et les époques, sans exclure des
phases de régression, le rapport énergie utile/énergie primaire s’est élevé depuis
le XIX
e siècle : en moyenne de 10,5% à 22% entre 1860 et 1950, selon Palmer
PUTNAM [17], beaucoup plus aux Etats-Unis (de 8 à 30%) mais beaucoup moins en
Inde (de 5 à 6%) 1 . Cette évolution a donc freiné la croissance de la consommation
d’énergie que tiraient celles de la population et de l’activité économique. Dans
quelle proportion ? On ne peut pas répondre en systématisant les mesures d’efficacité telles que mentionnées ci-dessus tant sont grandes les difficultés de quantification de la consommation d’énergie utile et plus encore du contenu des services
énergétiques à l’échelle d’une économie nationale (voir § 3.1). On se réfère donc à
un indicateur de productivité, au sens traditionnel que lui donnent les économistes
lorsqu’ils mesurent la productivité du travail ou du capital. Il s’agit ici du volume de
biens et de services (mesuré en valeur) qu’une économie nationale peut produire à
l’aide d’une quantité donnée de sources d’énergie (PIB/ENE) que l’on a pris l’habitude de lire en l’inversant (ENE/PIB) sous la dénomination d’intensité énergétique
de l’activité économique.
3.2.1. LA SIGNIFICATION DE L’INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE
En rapportant la consommation d’énergie primaire ou finale de la France ou des
Etats-Unis, en tep ou TJ, au volume de la production de ces pays la même année,
exprimé par le Produit Intérieur Brut (PIB) en milliards de dollars ou d’euros, on
obtient l’intensité énergétique de l’activité économique. En 2000, par exemple, cette
intensité en tep par 1000 € est estimée à 0,273 (Union européenne), 0,288 (EtatsUnis), 0,172 (Japon), 1,238 (ex-URSS), 0,899 (Chine) ou 0,375 (monde).
Indicateur apparemment très simple, l’intensité énergétique d’un pays doit être
interprétée avec une grande prudence, surtout si on l’utilise pour retracer des évolutions temporelles ou effectuer des comparaisons internationales. Si les numérateurs (aux différences près de coefficients d’équivalence entre sources d’énergie)
ne posent pas trop de problèmes, les dénominateurs ne sont comparables qu’à certaines conditions :
d’une année à l’autre, il faut s’assurer qu’il s’agit bien de valeurs constantes, c'està-dire de PIB déflattés à l’aide d’un indice des prix qui efface les effets d’éventuelles inflations ;
1 On doit à André GARDEL ([3], p. 167-168) des estimations plus récentes mais plus ponctuelles : EtatsUnis 1970 (44%), Europe de l’Ouest 1972 (33%), Europe de l’Est (32%), Suisse 1910-1970 (38%-52%).
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