3 - LA CONSOMMATION DES SOURCES D’ÉNERGIE : UTILISATIONS FINALES, EFFICACITÉ ET PRODUCTIVITÉ
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les évolutions européennes occupent une place intermédiaire : globalement, la
baisse d’intensité a aussi perdu de sa vigueur entre les années 1980 (–1,9%)
et 1990 (–1,3%) dans la mesure où des évolutions structurelles adverses dans
l’industrie de quelques pays et dans les transports de tous ont atténué la croissance soutenue de l’efficacité énergétique de l’industrie et du résidentiel-tertiaire.
LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT
C’est de leur côté qu’est venue la principale surprise des années 1990 : la baisse
de ENE/PIB de 1,2% par an à l’échelle mondiale est en effet imputable pour partie
à celle de certains pays en développement.
Bien que la mesure de l’intensité énergétique soit plus difficile dans les pays où
l’économie informelle occupe encore une place importante 2 et où les sources
d’énergie dites non-commerciales entrent pour une large part dans les bilans énergétiques, il est vraisemblable qu’ENE/PIB a peu diminué dans la plupart. En Inde
(autour de 0,12 kep/$95 ppa) comme au Brésil (0,10), l’efficacité accrue des procédés industriels, des moyens de transport ou des appareils ménagers a été largement contre-balancée par les évolutions structurelles inhérentes à l’industrialisation et à l’urbanisation.
Reste le cas d’un pays, et non des moindres, puisqu’il s’agit de la Chine. Si l’on en
croit les données disponibles, l’intensité énergétique de son activité économique
serait tombée de 0,57 kep/$95 ppa en 1980 à 0,37 en 1990 et 0,17 en 2000, soit
une baisse de 4,3% par an au cours de la première décennie et de 7,5% au cours
de la seconde. Cette évolution de fond serait à l’origine des résultats extraordinaires
des dernières années du siècle (1996-1999), au cours desquelles la consommation
d’énergie primaire est tombée de 12% pendant que le PIB croissait de 25%. Après
étude attentive du cas, Jeffrey LOGAN [21] nuance ces résultats, mais confirme la
forte baisse de l’intensité, provoquée par une rapide modernisation industrielle :
fermeture de nombreuses petites entreprises au profit de grandes qui ont adopté
des technologies modernes et amélioration de la qualité des charbons (lavage, pouvoir calorifique plus élevé) qui a fortement accru les rendements de conversion.
Les évolutions de l’intensité énergétique observées dans les diverses régions du
monde au cours de la décennie 1990 sont-elles appelées à durer ? Des changements technologiques, économiques ou sociaux sont-ils susceptibles de les stopper ou d’accentuer leur tendance à la baisse ?
2 Et ce, même si le recours aux parités de pouvoir d’achat (ppa) corrige une partie du biais. Voir [20].
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