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L'ÉNERGIE DE DEMAIN. TECHNIQUES - ENVIRONNEMENT - ECONOMIE
serre qu’au prix d’une gestion rigoureuse de la ressource et d’une lutte déterminée contre le déboisement, lutte dont les conditions de succès sont loin d’être
assurées dans la grande majorité des pays en voie de développement. Elle peut
aussi poser de sérieux problèmes d’allocations des sols et des ressources en eau.
En définitive, on ne voit pas comment on pourrait à la fois faire face à la demande
d’énergie et limiter les émissions de gaz à effet de serre à un niveau acceptable,
sans faire appel de façon beaucoup plus massive qu’à présent à l’énergie nucléaire.
Non seulement elle permettrait au niveau mondial de se passer presque totalement
des carburants pour la production d’électricité, comme actuellement en France,
mais elle pourrait aussi dans un avenir pas très lointain être stockée sous forme
d’hydrogène susceptible d’alimenter les véhicules. Il semble impossible que la
fusion nucléaire puisse donner lieu à un déploiement industriel avant 2050. Reste
donc l’énergie de fission. Pour ce faire, il faudra la rendre socialement plus acceptable qu’elle ne l’est actuellement. Des réponses satisfaisantes qui ne relèvent pas
toutes de la technique, loin de là, devront être apportées aux préoccupations des
populations, qu’il s’agisse de la sûreté des installations, de la gestion des déchets
ou de la prolifération des armements nucléaires. En ce qui concerne les deux premières questions, la situation est dès à présent sous contrôle car on ne voit pas se
profiler à l’horizon d’obstacles techniques insurmontables pour leur trouver des
réponses durables et sûres. La question de la prolifération relève, elle, de mesures
politiques plus que techniques. Certes, en recourant aux réacteurs actuels, un
important déploiement de l’énergie nucléaire risque de se heurter à une raréfaction
des ressources d’uranium. Il est donc important et urgent de développer une ou
des filières surgénératrices permettant une gestion optimale des ressources, une
diminution spectaculaire des besoins d’extraction minière et une diminution tout
aussi spectaculaire de la production de déchets ; les bases scientifiques sont bien
établies et les recherches technologiques déjà amorcées, en coopération au niveau
mondial, montrent que l’objectif pourrait être atteint à l’horizon 2050 si une volonté
politique existe.
Comme on l’a vu à maintes reprises, les questions énergétiques sont, parmi les
problèmes de société majeurs dont l’opinion se préoccupe à juste raison, celles
qui nécessitent le plus de faire appel à la science, en particulier à la physique. Celleci a un double rôle à jouer. D’une part, même si elle ne peut suffire à résoudre
les multiples problèmes qui se posent, elle seule est susceptible de suggérer des
solutions technologiques. Ce livre a abordé des questions relatives aux rejets de
CO 2 , au stockage de l’énergie, au traitement des déchets nucléaires, à l’amélioration de l’emploi des énergies chimique ou solaire, aux progrès des réacteurs à fission, aux économies d’énergie, à une meilleure exploitation des gisements d’énergie fossile, aux espoirs en la fusion. Pour toutes ces questions, des recherches
fondamentales et appliquées sont cruciales. Il importe en effet de faire face à un
défi majeur, celui de satisfaire aux besoins des hommes en énergie à l’échelle mondiale, tout en préservant l’avenir de notre planète.
L'ÉNERGIE DE DEMAIN. TECHNIQUES - ENVIRONNEMENT - ECONOMIE
serre qu’au prix d’une gestion rigoureuse de la ressource et d’une lutte déterminée contre le déboisement, lutte dont les conditions de succès sont loin d’être
assurées dans la grande majorité des pays en voie de développement. Elle peut
aussi poser de sérieux problèmes d’allocations des sols et des ressources en eau.
En définitive, on ne voit pas comment on pourrait à la fois faire face à la demande
d’énergie et limiter les émissions de gaz à effet de serre à un niveau acceptable,
sans faire appel de façon beaucoup plus massive qu’à présent à l’énergie nucléaire.
Non seulement elle permettrait au niveau mondial de se passer presque totalement
des carburants pour la production d’électricité, comme actuellement en France,
mais elle pourrait aussi dans un avenir pas très lointain être stockée sous forme
d’hydrogène susceptible d’alimenter les véhicules. Il semble impossible que la
fusion nucléaire puisse donner lieu à un déploiement industriel avant 2050. Reste
donc l’énergie de fission. Pour ce faire, il faudra la rendre socialement plus acceptable qu’elle ne l’est actuellement. Des réponses satisfaisantes qui ne relèvent pas
toutes de la technique, loin de là, devront être apportées aux préoccupations des
populations, qu’il s’agisse de la sûreté des installations, de la gestion des déchets
ou de la prolifération des armements nucléaires. En ce qui concerne les deux premières questions, la situation est dès à présent sous contrôle car on ne voit pas se
profiler à l’horizon d’obstacles techniques insurmontables pour leur trouver des
réponses durables et sûres. La question de la prolifération relève, elle, de mesures
politiques plus que techniques. Certes, en recourant aux réacteurs actuels, un
important déploiement de l’énergie nucléaire risque de se heurter à une raréfaction
des ressources d’uranium. Il est donc important et urgent de développer une ou
des filières surgénératrices permettant une gestion optimale des ressources, une
diminution spectaculaire des besoins d’extraction minière et une diminution tout
aussi spectaculaire de la production de déchets ; les bases scientifiques sont bien
établies et les recherches technologiques déjà amorcées, en coopération au niveau
mondial, montrent que l’objectif pourrait être atteint à l’horizon 2050 si une volonté
politique existe.
Comme on l’a vu à maintes reprises, les questions énergétiques sont, parmi les
problèmes de société majeurs dont l’opinion se préoccupe à juste raison, celles
qui nécessitent le plus de faire appel à la science, en particulier à la physique. Celleci a un double rôle à jouer. D’une part, même si elle ne peut suffire à résoudre
les multiples problèmes qui se posent, elle seule est susceptible de suggérer des
solutions technologiques. Ce livre a abordé des questions relatives aux rejets de
CO 2 , au stockage de l’énergie, au traitement des déchets nucléaires, à l’amélioration de l’emploi des énergies chimique ou solaire, aux progrès des réacteurs à fission, aux économies d’énergie, à une meilleure exploitation des gisements d’énergie fossile, aux espoirs en la fusion. Pour toutes ces questions, des recherches
fondamentales et appliquées sont cruciales. Il importe en effet de faire face à un
défi majeur, celui de satisfaire aux besoins des hommes en énergie à l’échelle mondiale, tout en préservant l’avenir de notre planète.
