CONCLUSION
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POURQUOI EN PARLER MAINTENANT ?
L’inertie des systèmes de transformation de l’énergie est grande. On n’installe pas
à grande échelle une nouvelle source d’énergie primaire rapidement. En revanche,
les pénuries se font sentir instantanément et leur capacité de nuisance est immense.
Une crise de l’approvisionnement énergétique pourrait avoir des conséquences dramatiques, allant d’une dégradation profonde de la situation des pays les plus pauvres à des conflits armés que les pays puissants n’hésiteraient pas à conduire pour
s’assurer un approvisionnement vital pour eux.
Nous avons tenté, dans ce livre, d’expliquer le fonctionnement des sources d’énergie primaire et de donner des indications sur leur potentiel de production et sur les
coûts associés, dans l’état actuel de la technologie. C’est avec ces énergies-là qu’il
va falloir assurer la satisfaction de la demande de demain ; il ne faut pas s’attendre
à ce que des physiciens découvrent, subitement, une nouvelle source d’énergie,
facile à mettre en œuvre, comme un magicien sort un lapin de son chapeau.
Il est donc urgent de faire les choix qui permettront de diminuer radicalement la
contribution des combustibles fossiles au bouquet énergétique – en particulier aux
transports –, tout en garantissant une production suffisante et durable. Il s’agit de
choix sociaux et économiques, donc de choix politiques, et ils concernent l’ensemble de la planète – il ne suffit pas d’être vertueux ou intelligent dans un seul pays,
voire un continent ; il faut l’être mondialement. Ces choix doivent tenir compte des
réalités incontournables que sont les capacités de production et les ressources.
C’est l’un des objectifs de ce livre que de montrer quelles sont ces réalités incontournables. Le seul moyen de réduire aussi vite et autant que possible la part des
énergies fossiles est de recourir aux énergies dites renouvelables et au nucléaire.
Parmi les énergies renouvelables, il y a lieu de distinguer celles qui sont intermittentes, comme l’éolien ou le solaire, de celles qui sont disponibles à tout moment,
comme l’hydraulique et la biomasse. Pour les premières, la nécessité et la difficulté
de disposer d’un moyen de stockage de l’énergie à un coût raisonnable sont des
facteurs qui en limiteront encore longtemps l’extension, en particulier pour la production d’électricité. L’hydraulique, sous la forme des barrages hydroélectriques,
est particulièrement compétitive mais réclame des investissements lourds. Elle
est la forme de production électrique qui présente le plus de souplesse et est particulièrement bien adaptée à la gestion des demandes de pointe. Elle a contre elle
de conduire à des bouleversements écologiques et sociologiques qui peuvent être
considérables, même à l’échelle régionale. De plus, dans bien des pays, comme le
nôtre, il ne reste plus guère de sites encore susceptibles d’être équipés. La biomasse, sous forme de biogaz, de biocarburants ou de combustibles solides, représente sans doute le plus important gisement d’énergie renouvelable dans les prochaines décennies. Elle présente de sérieux risques de pollutions atmosphériques
et ne peut être considérée comme neutre sur le plan des rejets de gaz à effet de
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