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L'ÉNERGIE DE DEMAIN. TECHNIQUES - ENVIRONNEMENT - ECONOMIE
Le problème de la radioactivité des déchets nucléaires est source de préoccupation générale. Le danger est évident, mais doit être relativisé par diverses comparaisons, d’abord avec celui du CO 2 , puis avec celui des déchets radioactifs d’origine
médicale, beaucoup moins délimité et moins bien contrôlé, avec celui des déchets
chimiques, enfin et surtout avec la radioactivité naturelle. Faut-il s’inquiéter d’informations alarmistes faisant état d’une activité du sol de quelques dizaines de milliers de becquerels au m
2
, induite par des retombées de Tchernobyl, lorsqu’on sait
qu’un corps humain émet en permanence 8000 Bq ? Ces peurs sont entretenues
par une surestimation des effets sur nos cellules des faibles doses de rayonnement.
Les réglementations et les croyances communes sont basées sur une extrapolation linéaire de ces effets à partir des valeurs observées pour de fortes doses. En
réalité, des études de biologie et d’épidémiologie (confirmant l’idée selon laquelle
la radioactivité naturelle n’a pas entravé le développement de la vie) ont montré
que les effets des faibles doses, s’ils existent, sont très inférieurs aux estimations
courantes. Ici encore, la physique doit aider à la réflexion : la très longue durée de
certains déchets préoccupe le public, alors qu’elle implique une très faible activité.
Un traitement rationnel des déchets suppose leur tri et une recherche de solutions
différentes selon le temps de vie (stockage ou transmutation). Les progrès de la
physique nucléaire, si les recherches nécessaires sont poursuivies, pourraient aboutir à une solution du problème, d’autant plus que le volume total à traiter est faible.
Les surgénérateurs pourraient en particulier aider à se débarrasser du plutonium.
Des recherches sont aussi en cours pour mettre au point de nouveaux types de
réacteurs, qui ne seraient pas susceptibles de s’emballer et qui produiraient peu
de déchets actifs.
Les déchets chimiques, dangereux comme le plomb issu de la fabrication des
accumulateurs ou les métaux lourds contenu dans les piles, présentent des risques
différents. Ils ne disparaissent pas avec le temps comme les produits hautement
radioactifs. Ils sont beaucoup moins aisément détectables que des corps même
très faiblement radioactifs, et passent plus facilement inaperçus.
La pollution thermique, issue de la dégradation de l’énergie, est globalement
négligeable pour l’ensemble de la Terre. Elle peut localement conduire à une nuisance, associée par exemple à l’échauffement d’une rivière.
Les énergies renouvelables ne sont pas exemptes de nuisances. Les barrages,
qu’ils soient grands ou petits, perturbent l’environnement, parfois de façon catastrophique. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’usine marémotrice de la Rance
n’a pas eu de successeur. Les éoliennes occupent à puissance donnée beaucoup
d’espace ; elles nécessitent chacune un socle de béton de 270 tonnes ; malgré les
progrès, elles restent bruyantes et sont souvent critiquées, comme les pylônes
électriques, pour la place qu’elles occupent dans le paysage ou dans la mer. Les
panneaux solaires, noirs eux-mêmes, peuvent choquer le sens esthétique. La géothermie se heurte à divers problèmes tels que la corrosion. Quant à la biomasse,
sa production industrielle suppose l’emploi de quantités importantes d’engrais,
L'ÉNERGIE DE DEMAIN. TECHNIQUES - ENVIRONNEMENT - ECONOMIE
Le problème de la radioactivité des déchets nucléaires est source de préoccupation générale. Le danger est évident, mais doit être relativisé par diverses comparaisons, d’abord avec celui du CO 2 , puis avec celui des déchets radioactifs d’origine
médicale, beaucoup moins délimité et moins bien contrôlé, avec celui des déchets
chimiques, enfin et surtout avec la radioactivité naturelle. Faut-il s’inquiéter d’informations alarmistes faisant état d’une activité du sol de quelques dizaines de milliers de becquerels au m
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, induite par des retombées de Tchernobyl, lorsqu’on sait
qu’un corps humain émet en permanence 8000 Bq ? Ces peurs sont entretenues
par une surestimation des effets sur nos cellules des faibles doses de rayonnement.
Les réglementations et les croyances communes sont basées sur une extrapolation linéaire de ces effets à partir des valeurs observées pour de fortes doses. En
réalité, des études de biologie et d’épidémiologie (confirmant l’idée selon laquelle
la radioactivité naturelle n’a pas entravé le développement de la vie) ont montré
que les effets des faibles doses, s’ils existent, sont très inférieurs aux estimations
courantes. Ici encore, la physique doit aider à la réflexion : la très longue durée de
certains déchets préoccupe le public, alors qu’elle implique une très faible activité.
Un traitement rationnel des déchets suppose leur tri et une recherche de solutions
différentes selon le temps de vie (stockage ou transmutation). Les progrès de la
physique nucléaire, si les recherches nécessaires sont poursuivies, pourraient aboutir à une solution du problème, d’autant plus que le volume total à traiter est faible.
Les surgénérateurs pourraient en particulier aider à se débarrasser du plutonium.
Des recherches sont aussi en cours pour mettre au point de nouveaux types de
réacteurs, qui ne seraient pas susceptibles de s’emballer et qui produiraient peu
de déchets actifs.
Les déchets chimiques, dangereux comme le plomb issu de la fabrication des
accumulateurs ou les métaux lourds contenu dans les piles, présentent des risques
différents. Ils ne disparaissent pas avec le temps comme les produits hautement
radioactifs. Ils sont beaucoup moins aisément détectables que des corps même
très faiblement radioactifs, et passent plus facilement inaperçus.
La pollution thermique, issue de la dégradation de l’énergie, est globalement
négligeable pour l’ensemble de la Terre. Elle peut localement conduire à une nuisance, associée par exemple à l’échauffement d’une rivière.
Les énergies renouvelables ne sont pas exemptes de nuisances. Les barrages,
qu’ils soient grands ou petits, perturbent l’environnement, parfois de façon catastrophique. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’usine marémotrice de la Rance
n’a pas eu de successeur. Les éoliennes occupent à puissance donnée beaucoup
d’espace ; elles nécessitent chacune un socle de béton de 270 tonnes ; malgré les
progrès, elles restent bruyantes et sont souvent critiquées, comme les pylônes
électriques, pour la place qu’elles occupent dans le paysage ou dans la mer. Les
panneaux solaires, noirs eux-mêmes, peuvent choquer le sens esthétique. La géothermie se heurte à divers problèmes tels que la corrosion. Quant à la biomasse,
sa production industrielle suppose l’emploi de quantités importantes d’engrais,
