CONCLUSION
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Le problème est d’autant plus complexe que quatre causes humaines d’importance
comparable concourent à l’augmentation de l’effet de serre : le chauffage, les transports, la production industrielle, la production alimentaire. Cette augmentation de
l’effet de serre est probablement responsable, au moins en partie, des changements climatiques observés au cours du dernier siècle : en moyenne mondiale, la
température s’est élevée de près d’un degré (dont la moitié attribuée aux émissions de gaz à effet de serre), le niveau des mers de 10 cm. L’emploi du nucléaire
ou de l’hydraulique pour la production d’électricité réduit cette nuisance : les EtatsUnis ou le Canada émettent environ 20 tonnes de CO 2 par tête et par an, l’Europe
en moyenne 8 tonnes, la France ou la Suède moins de 6 tonnes ; ce chiffre reste
relativement élevé dans ces deux pays, bien qu’ils n’utilisent pratiquement pas de
centrales thermiques, car le chauffage et les transports nécessitent un recours au
pétrole, au gaz ou au charbon. D’ailleurs, à l’échelle mondiale, les carburants représentent 80% de l’énergie totale utilisée. Même si l’électronucléaire se répand dans
le monde, il faudra, pour réduire les émissions de CO 2 , généraliser le chauffage
solaire et la récupération de chaleur des centrales, diminuer la part du pétrole dans
les transports et parvenir à mettre au point de nouvelles technologies (perfectionnement du photovoltaïque, hydrogène pour les véhicules ?). Il convient de noter à
ce propos que l’hydrogène, souvent présenté comme une panacée, n’est pas une
source primaire d’énergie mais seulement un moyen de stockage ; il n’existe à l’état
naturel qu’en combinaison et on ne peut l’extraire sans production de CO 2 qu’en
faisant appel à une énergie électronucléaire ou renouvelable.
La nocivité des émissions liées à la combustion, pour l’industrie ou pour les transports, de gaz, de pétrole et, surtout, de charbon ne se limite pas à l’accroissement
de la concentration des gaz à effet de serre. Oxydes d’azote et de soufre, poussières sont, directement ou indirectement, responsables de nombreuses affections
respiratoires et cardio-vasculaires à l’origine de plusieurs centaines de milliers de
décès prématurés annuels dans le monde. Il est certes possible de limiter efficacement ces rejets à la source à condition d’y mettre le prix ; c’est ainsi que la qualité
de l’air des grandes métropoles est d’autant meilleure qu’elles sont situées dans
des pays riches. Contrairement à un préjugé répandu, la pollution moyenne à Paris
n’a cessé de diminuer depuis 50 ans malgré la circulation croissante. Les pics de
pollution causent encore cependant plus de 10 000 décès prématurés chaque année
à Paris et la recherche d’énergies propres reste indispensable.
Parmi les nuisances des industries de l’énergie, les accidents provoquent à juste
titre l’émotion du public. Beaucoup d’entre eux seraient cependant évitables. Tchernobyl est le résultat d’une incurie notoire, de même que la plupart des déversements
de pétrole dans la mer. La mortalité des mineurs de charbon est plus de 1000 fois
plus faible en Australie qu’en Chine. Le retentissement médiatique d’un accident
est souvent sans mesure avec sa gravité : une catastrophe dans une mine de charbon en Asie ou en Europe de l’Est ayant causé de nombreuses pertes humaines
peut passer inaperçue, alors que Three Mile Island, qui n’a causé par irradiation
aucune victime, est dans toutes les mémoires.
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