CONCLUSION
609
Les énergies renouvelables proviennent pour la plupart, directement ou non, du
rayonnement solaire : énergies solaire, hydraulique, éolienne, biomasse (aliments
d’une part, combustibles comme le bois, les déchets végétaux ou l’alcool d’autre
part). Malgré leur pérennité, ces énergies sont très diluées ; la puissance maximale
qu’elles sont susceptibles de fournir ne peut suffire à subvenir qu’à une partie de
nos besoins. Certes la Terre reçoit du Soleil un flux de 1,4 kW/m
2 de surface apparente, ce qui représente en une heure l’énergie que les hommes consomment
en un an. Compte tenu de la sphéricité de la Terre, de la durée des nuits, de la réflexion et de l’absorption par l’atmosphère, la puissance moyenne qui atteint le sol,
160 W/m
2 , est plus faible mais reste importante. Malheureusement, les rendements
des divers processus de capture de l’énergie solaire sont faibles.
Ainsi, l’assimilation chlorophyllienne n’exploite qu’une faible part du flux lumineux : les cultures sucrières, les plus productives en énergie biochimique, fournissent seulement en moyenne annuelle l’équivalent de 0,6 W/m
2 . Ceci limite les perspectives de la biomasse. Elle est produite actuellement presque uniquement pour
notre alimentation. Or un homme consomme en moyenne pour se nourrir 2700 kcal/
jour, c’est-à-dire 130 W, chiffre faible devant sa consommation de 2 kW en énergies conventionnelles (moyenne mondiale pour l’électricité et les carburants). Un
développement significatif des biocarburants occuperait donc une part importante
des terres cultivables, de sorte que malgré leur intérêt les combustibles végétaux
ne pourront jouer qu’un rôle limité.
Le rendement des piles photovoltaïques industrielles atteint 15% et il faudrait
200 m
2 de panneaux par Européen pour assurer en moyenne ses besoins en énergie ; leur fabrication repose pour l’instant sur une technologie dispendieuse. De
plus, le solaire, aussi bien d’ailleurs que l’éolien, si l’on veut les utiliser plus que
comme des sources d’appoint pour la production d’électricité, doivent être combinées à un stockage d’énergie, problème non résolu. Dans nos pays, c’est dans le
domaine du chauffage domestique que l’énergie solaire semble dans l'immédiat le
mieux utilisable, grâce à des capteurs sur les toits produisant de l’eau chaude. Au
contraire, dans des régions dépourvues de réseau électrique, les dispositifs photovoltaïques associés à des batteries sont peut-être, malgré leur coût, le choix le meilleur pour donner accès à un minimum de confort électrique à des milliards d’humains
qui en sont dépourvus. Quant à l’énergie hydraulique, celle qui parmi les énergies
renouvelables occupe (après l’énergie solaire directe) le moins de surface sur Terre
pour une puissance donnée, elle ne peut plus se développer que dans certains
pays où il subsiste encore des sites adéquats pour l’installation de barrages, et ce
au prix de bouleversements écologiques et humains qui peuvent être considérables. Dans les pays développés, l’équipement hydroélectrique approche de la saturation ; en France, il fournit environ 15% de notre consommation électrique.
La géothermie occupe une place particulière parmi les énergies renouvelables, car
elle est issue non du Soleil mais de l’intérieur de la Terre, dont la température reste
élevée en raison de sa radioactivité. Elle aussi ne peut fournir qu’une puissance limi-
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Les énergies renouvelables proviennent pour la plupart, directement ou non, du
rayonnement solaire : énergies solaire, hydraulique, éolienne, biomasse (aliments
d’une part, combustibles comme le bois, les déchets végétaux ou l’alcool d’autre
part). Malgré leur pérennité, ces énergies sont très diluées ; la puissance maximale
qu’elles sont susceptibles de fournir ne peut suffire à subvenir qu’à une partie de
nos besoins. Certes la Terre reçoit du Soleil un flux de 1,4 kW/m
2 de surface apparente, ce qui représente en une heure l’énergie que les hommes consomment
en un an. Compte tenu de la sphéricité de la Terre, de la durée des nuits, de la réflexion et de l’absorption par l’atmosphère, la puissance moyenne qui atteint le sol,
160 W/m
2 , est plus faible mais reste importante. Malheureusement, les rendements
des divers processus de capture de l’énergie solaire sont faibles.
Ainsi, l’assimilation chlorophyllienne n’exploite qu’une faible part du flux lumineux : les cultures sucrières, les plus productives en énergie biochimique, fournissent seulement en moyenne annuelle l’équivalent de 0,6 W/m
2 . Ceci limite les perspectives de la biomasse. Elle est produite actuellement presque uniquement pour
notre alimentation. Or un homme consomme en moyenne pour se nourrir 2700 kcal/
jour, c’est-à-dire 130 W, chiffre faible devant sa consommation de 2 kW en énergies conventionnelles (moyenne mondiale pour l’électricité et les carburants). Un
développement significatif des biocarburants occuperait donc une part importante
des terres cultivables, de sorte que malgré leur intérêt les combustibles végétaux
ne pourront jouer qu’un rôle limité.
Le rendement des piles photovoltaïques industrielles atteint 15% et il faudrait
200 m
2 de panneaux par Européen pour assurer en moyenne ses besoins en énergie ; leur fabrication repose pour l’instant sur une technologie dispendieuse. De
plus, le solaire, aussi bien d’ailleurs que l’éolien, si l’on veut les utiliser plus que
comme des sources d’appoint pour la production d’électricité, doivent être combinées à un stockage d’énergie, problème non résolu. Dans nos pays, c’est dans le
domaine du chauffage domestique que l’énergie solaire semble dans l'immédiat le
mieux utilisable, grâce à des capteurs sur les toits produisant de l’eau chaude. Au
contraire, dans des régions dépourvues de réseau électrique, les dispositifs photovoltaïques associés à des batteries sont peut-être, malgré leur coût, le choix le meilleur pour donner accès à un minimum de confort électrique à des milliards d’humains
qui en sont dépourvus. Quant à l’énergie hydraulique, celle qui parmi les énergies
renouvelables occupe (après l’énergie solaire directe) le moins de surface sur Terre
pour une puissance donnée, elle ne peut plus se développer que dans certains
pays où il subsiste encore des sites adéquats pour l’installation de barrages, et ce
au prix de bouleversements écologiques et humains qui peuvent être considérables. Dans les pays développés, l’équipement hydroélectrique approche de la saturation ; en France, il fournit environ 15% de notre consommation électrique.
La géothermie occupe une place particulière parmi les énergies renouvelables, car
elle est issue non du Soleil mais de l’intérieur de la Terre, dont la température reste
élevée en raison de sa radioactivité. Elle aussi ne peut fournir qu’une puissance limi-
