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L'ÉNERGIE DE DEMAIN. TECHNIQUES - ENVIRONNEMENT - ECONOMIE
geables. Sans ces réserves, souvent méconnues, le principe de précaution peut
conduire à des décisions discutables ou même aberrantes. L’abandon par l’Allemagne de l’électronucléaire, qui la conduira inéluctablement soit à émettre plus de CO 2 ,
soit à réduire massivement et autoritairement les consommations, est-il rationnel ?
Des partisans du développement des énergies renouvelables eux-mêmes en arrivent à s’opposer à tel ou tel projet de barrage ou d’éoliennes en découvrant ses
nuisances. Même une mesure d’économie d’énergie peut avoir des conséquences
indirectes dommageables : en Hongrie, une campagne de calfeutrage systématique des fenêtres lors du premier choc pétrolier a permis de réaliser des économies
sur le chauffage, mais a conduit à une accumulation, dans l’air des appartements,
de radon émis par le béton des murs ; de ce fait, la population est soumise chaque
hiver à une irradiation supérieure à l’effet des retombées de Tchernobyl. Il semble
par ailleurs que le calfeutrage soit, avec l’élévation de la température des appartements, l’une des causes de l’augmentation de 50% en une trentaine d’années des
cas d’asthme, observée dans les pays les plus riches.
Toute réflexion sur l’énergie, avec les indispensables comparaisons qu’elle suppose,
devrait s’appuyer sur des données chiffrées, ou tout au moins sur des ordres de
grandeur. Certains devraient particulièrement être gardés en mémoire, comme
ceux qui concernent la plus ou moins grande concentration des énergies. On comprend également mieux les enjeux géopolitiques de l’énergie en sachant que la
population mondiale est passée en 50 ans de 2,5 à 6 milliards, tandis que la production d’énergie était multipliée par 4, et que la puissance moyenne consommée est
actuellement de 5 kW (ou 3,8 tep/an) pour un Européen, de 11 kW pour un NordAméricain, de 1,2 kW pour un Chinois, de 0,7 kW pour un Indien et moins encore
pour un Africain. Il faut savoir qu’il existe une forte corrélation entre les indicatifs
sanitaires tels que la durée de vie et la consommation d’énergie, au moins jusqu’à
4 kW par tête. Ces chiffres montrent tout l’effort de développement à faire ; ils mettent aussi en évidence l’importance de la maîtrise de l’énergie, car la consommation énergétique, lorsqu’elle est forte, ne reflète pas seulement un niveau de vie
mais aussi un niveau de gaspillage : dans l’ex-URSS, la consommation par tête a
avoisiné celle des Etats-Unis.
Les principales contraintes que nous rencontrerons pour satisfaire aux besoins énergétiques croissants de l’humanité sont celles des ressources, des nuisances et de
la distance entre ressources et utilisation, donc de la nécessité de transporter et de
stocker l’énergie.
RESSOURCES
Afin d’apprécier les problèmes de réserves énergétiques et de nuisances, il importe
de noter qu’actuellement, à l’échelle mondiale, l’énergie (hors aliments) provient du
pétrole pour 35%, du charbon pour 22%, du gaz pour 21%, du bois de chauffage pour
10%, du nucléaire pour 6%, de l’hydraulique pour 6%, le reste étant négligeable.
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