CONCLUSION
Associées à un concept scientifique déjà difficile à appréhender, les technologies
de l’énergie posent des problèmes complexes. Leurs aspects sont multiples et
contradictoires, même si on laisse de côté les questions économiques, sociales et
politiques, de sorte qu’une perspective globale est indispensable à toute réflexion.
Les énergies manifestent une grande diversité, tant par leur forme que par leur
échelle d’intensité. Chacune d’elles présente des avantages et des inconvénients.
La multiplicité des sources répond ainsi à une multiplicité des besoins, et il faut
se défier de tout simplisme à ce sujet. Bannir le nucléaire conduirait inexorablement
à émettre plus de CO 2 vers l’atmosphère. Bannir les carburants serait non moins
impensable dans les prochaines décennies : bien que la France, dont 80% de la
production électrique est d’origine nucléaire, 15% d’origine hydraulique, parvienne
à se passer presque totalement des carburants pour ses centrales électriques, elle
doit faire appel à eux (principalement au pétrole et au gaz) pour 60% de son approvisionnement total en énergie. Nos besoins énergétiques se répartissent en effet
en 35% pour le chauffage, 30% pour l’industrie, 25% pour le transport et 10% pour
les usages domestiques et tertiaires. Les énergies renouvelables, même si elles
sont trop diluées pour remplacer celles qui sont couramment employées aujourd’hui,
présentent des avantages qui justifient leur développement, mais à condition de les
mettre en œuvre seulement pour des utilisations auxquelles elles sont adaptées.
Enfin, certains besoins spécifiques peuvent appeler des solutions extrêmes : malgré le coût prohibitif de l’énergie qu’elles fournissent, piles et batteries sont irremplaçables pour montres et téléphones portables.
Prendre simultanément en compte les multiples questions liées à la production et
à l’usage des différentes formes d’énergie et les contraintes qu’elles impliquent,
impose de peser le pour et le contre de chaque hypothèse. Il importe en effet de
prendre conscience des diverses conséquences de chaque décision concevable (y
compris celle de ne rien faire !), de les comparer et de les hiérarchiser. Il est remarquable que le « principe de précaution », tel qu’il est énoncé dans la loi BARNIER sur
l’environnement, comporte des réserves : « l’absence de certitudes, compte tenu
des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder
l’adoption de mesures effectives et proportionnées, visant à prévenir un risque
de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ». Les adjectifs que nous avons soulignés supposent que l’on
se soit livré à une évaluation comparative raisonnée des diverses mesures envisa-
Associées à un concept scientifique déjà difficile à appréhender, les technologies
de l’énergie posent des problèmes complexes. Leurs aspects sont multiples et
contradictoires, même si on laisse de côté les questions économiques, sociales et
politiques, de sorte qu’une perspective globale est indispensable à toute réflexion.
Les énergies manifestent une grande diversité, tant par leur forme que par leur
échelle d’intensité. Chacune d’elles présente des avantages et des inconvénients.
La multiplicité des sources répond ainsi à une multiplicité des besoins, et il faut
se défier de tout simplisme à ce sujet. Bannir le nucléaire conduirait inexorablement
à émettre plus de CO 2 vers l’atmosphère. Bannir les carburants serait non moins
impensable dans les prochaines décennies : bien que la France, dont 80% de la
production électrique est d’origine nucléaire, 15% d’origine hydraulique, parvienne
à se passer presque totalement des carburants pour ses centrales électriques, elle
doit faire appel à eux (principalement au pétrole et au gaz) pour 60% de son approvisionnement total en énergie. Nos besoins énergétiques se répartissent en effet
en 35% pour le chauffage, 30% pour l’industrie, 25% pour le transport et 10% pour
les usages domestiques et tertiaires. Les énergies renouvelables, même si elles
sont trop diluées pour remplacer celles qui sont couramment employées aujourd’hui,
présentent des avantages qui justifient leur développement, mais à condition de les
mettre en œuvre seulement pour des utilisations auxquelles elles sont adaptées.
Enfin, certains besoins spécifiques peuvent appeler des solutions extrêmes : malgré le coût prohibitif de l’énergie qu’elles fournissent, piles et batteries sont irremplaçables pour montres et téléphones portables.
Prendre simultanément en compte les multiples questions liées à la production et
à l’usage des différentes formes d’énergie et les contraintes qu’elles impliquent,
impose de peser le pour et le contre de chaque hypothèse. Il importe en effet de
prendre conscience des diverses conséquences de chaque décision concevable (y
compris celle de ne rien faire !), de les comparer et de les hiérarchiser. Il est remarquable que le « principe de précaution », tel qu’il est énoncé dans la loi BARNIER sur
l’environnement, comporte des réserves : « l’absence de certitudes, compte tenu
des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder
l’adoption de mesures effectives et proportionnées, visant à prévenir un risque
de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable ». Les adjectifs que nous avons soulignés supposent que l’on
se soit livré à une évaluation comparative raisonnée des diverses mesures envisa-
