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Ari RABL & Joseph SPADARO
dépenses annuelles, ne serait pas excessif, avec un taux d'actualisation intergénérationnel de l’ordre de 1% [RABL, 1996]). Quelles que soient les incertitudes de
l'avenir, le progrès technologique est le scénario le plus probable à long terme, et
les générations futures auront de meilleurs moyens pour traiter les déchets radioactifs, pourvu qu’ils soient récupérables. L'idée de laisser des déchets aux générations futures est-elle si choquante, si l'alternative est de laisser d'autres déchets
susceptibles d'imposer des coûts encore plus importants, en particulier les gaz à
effet de serre des combustibles fossiles ?
28.6. CONCLUSION
Sur la base des résultats du projet d'ExternE, nous avons comparé les risques de
santé publique et les coûts de dommages en fonctionnement normal des systèmes
de production d’électricité. Nos résultats sont cohérents avec les autres études de
ce type : Ontario Hydro (1993), ORNL/RFF (1994) et ROWE et al. (1995). Généralement, le coût des dommages et la perte d'espérance de vie par kWh d'électricité
sont beaucoup plus importants pour les combustibles fossiles que pour le nucléaire
et pour la plupart des énergies renouvelables et, parmi les combustibles fossiles,
ils sont beaucoup plus importants pour le charbon que pour le gaz. Le coût des
dommages des centrales à charbon et à fioul existantes est comparable au prix de
vente de l’électricité. Cependant, pour chaque source d'énergie, il existe une variation considérable entre différentes installations ; par exemple, l'émission de PS 10 ,
SO 2 et NO x des centrales de charbon construites après janvier 2000 sera presqu’un
ordre de grandeur plus faible que celle des centrales aux Etats-Unis et dans l’UE
pendant les années 1990.
Les dommages des cycles PV (photovoltaïque) et éoliens résultent de la production des matériaux plutôt que du fonctionnement des centrales. Parmi les énergies
renouvelables, seule la combustion de la biomasse entraîne des risques sanitaires
relativement importants, dus à l'émission de PS 10 , de SO 2 et de NO x . Les risques
sanitaires en fonctionnement normal du cycle nucléaire sont très faibles, quoiqu'ils
aient été additionnés sur un horizon de 100 000 ans. Puisqu'il est difficile de comprendre la signification des risques imposés sur des milliers d'années, nous les avons
illustrés en considérant un scénario où pendant 100 ans la totalité de l’électricité
mondiale est produite par le nucléaire : la dose collective qui en résulterait est seulement 1% du fond naturel de rayonnement cosmique.
Bien que les incertitudes soient grandes (les chiffres pourraient être environ quatre
fois plus faibles ou plus importants), même une évaluation avec de grandes incertitudes est meilleure qu'aucune évaluation du tout (incertitude zéro à l'infini). En particulier, beaucoup de problèmes de la politique environnementale impliquent des
questions binaires du type « est-ce que le bénéfice vaut le coût ? ». Souvent les
chiffres sont tels que la réponse est assez claire malgré les incertitudes [voir par ex.
RABL, SPADARO & DESAIGUES, 1998].
Ari RABL & Joseph SPADARO
dépenses annuelles, ne serait pas excessif, avec un taux d'actualisation intergénérationnel de l’ordre de 1% [RABL, 1996]). Quelles que soient les incertitudes de
l'avenir, le progrès technologique est le scénario le plus probable à long terme, et
les générations futures auront de meilleurs moyens pour traiter les déchets radioactifs, pourvu qu’ils soient récupérables. L'idée de laisser des déchets aux générations futures est-elle si choquante, si l'alternative est de laisser d'autres déchets
susceptibles d'imposer des coûts encore plus importants, en particulier les gaz à
effet de serre des combustibles fossiles ?
28.6. CONCLUSION
Sur la base des résultats du projet d'ExternE, nous avons comparé les risques de
santé publique et les coûts de dommages en fonctionnement normal des systèmes
de production d’électricité. Nos résultats sont cohérents avec les autres études de
ce type : Ontario Hydro (1993), ORNL/RFF (1994) et ROWE et al. (1995). Généralement, le coût des dommages et la perte d'espérance de vie par kWh d'électricité
sont beaucoup plus importants pour les combustibles fossiles que pour le nucléaire
et pour la plupart des énergies renouvelables et, parmi les combustibles fossiles,
ils sont beaucoup plus importants pour le charbon que pour le gaz. Le coût des
dommages des centrales à charbon et à fioul existantes est comparable au prix de
vente de l’électricité. Cependant, pour chaque source d'énergie, il existe une variation considérable entre différentes installations ; par exemple, l'émission de PS 10 ,
SO 2 et NO x des centrales de charbon construites après janvier 2000 sera presqu’un
ordre de grandeur plus faible que celle des centrales aux Etats-Unis et dans l’UE
pendant les années 1990.
Les dommages des cycles PV (photovoltaïque) et éoliens résultent de la production des matériaux plutôt que du fonctionnement des centrales. Parmi les énergies
renouvelables, seule la combustion de la biomasse entraîne des risques sanitaires
relativement importants, dus à l'émission de PS 10 , de SO 2 et de NO x . Les risques
sanitaires en fonctionnement normal du cycle nucléaire sont très faibles, quoiqu'ils
aient été additionnés sur un horizon de 100 000 ans. Puisqu'il est difficile de comprendre la signification des risques imposés sur des milliers d'années, nous les avons
illustrés en considérant un scénario où pendant 100 ans la totalité de l’électricité
mondiale est produite par le nucléaire : la dose collective qui en résulterait est seulement 1% du fond naturel de rayonnement cosmique.
Bien que les incertitudes soient grandes (les chiffres pourraient être environ quatre
fois plus faibles ou plus importants), même une évaluation avec de grandes incertitudes est meilleure qu'aucune évaluation du tout (incertitude zéro à l'infini). En particulier, beaucoup de problèmes de la politique environnementale impliquent des
questions binaires du type « est-ce que le bénéfice vaut le coût ? ». Souvent les
chiffres sont tels que la réponse est assez claire malgré les incertitudes [voir par ex.
RABL, SPADARO & DESAIGUES, 1998].
