28 - LES COÛTS EXTERNES DE L’ÉLECTRICITÉ
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Ces points impliquent l'acceptabilité et dépassent la quantification en termes de
coûts des dommages. Un exemple simple peut illustrer pourquoi les coûts des
dommages ne seront jamais le seul critère de décision. Supposons que quelqu'un
invente un système qui peut fournir l'électricité mondiale (environ 10
13 kWh/an)
au prix choc de 0,0075 €/kWh (environ un dixième du prix actuel) et sans pollution
ou risque sanitaire, sauf un petit problème : il existe une possibilité d'accident se
produisant une fois par siècle qui tuerait 25 000 personnes (approximativement
le nombre total de décès hypothétiques à long terme, si on multiplie l'estimation
d'UNSCEAR (1993) de la dose mondiale due à Tchernobyl par la fonction doseréponse des cancers fatals du tableau I). Même à 3 M€/vie avec un taux d'actualisation de zéro, l'espérance mathématique du coût actualisé d'un tel accident n’est
que
2,5 ×10
4 × 3 ×10
6
€/(100 ans ×10
13 kWh/an) = 0,75 ×10
–4
€/kWh,
seulement 1% de ce prix très bon marché. Mais est-ce que les décideurs accepteraient un tel système si ces 25 000 personnes pouvaient être tuées instantanément ?
Et pourtant, la perte de vie par kWh n’est que 25 000 × 40 ans/10
15 kWh = 1,0 années
perdues/TWh, des ordres de grandeurs plus faibles que pour les combustible fossiles (voir la figure 28.3) qui tuent de façon sournoise.
Les déchets nucléaires provoquent un malaise par leur longue durée. Néanmoins,
les déchets du charbon contiennent des métaux toxiques dont la durée de vie est
encore plus longue, et leur quantité est tellement importante que les risques pourraient être plus graves que ceux du nucléaire. L’évaluation des déchets est problématique car leurs impacts sont imprévisibles dans la mesure où la gestion future
des déchets n’est pas connue ; au mieux on peut évaluer des scénarios. En principe, les déchets peuvent être déposés dans un stockage étanche et réversible,
donc sans impact sur l’environnement ou la santé. Mais cela peut-il être garanti
pour toujours ? Le scénario choisi pour les déchets nucléaires de haute activité est
un stockage géologique dans le Massif Central. En supposant certains scénarios
d’intrusion accidentelle ou de panne de confinement, semblables aux autres études,
ExternE (1995) a estimé que la contribution des déchets pourrait être d’environ 1%
du coût total des dommages du cycle nucléaire. Pour les centrales à charbon et à
fioul, les dommages dus aux déchets n’ont pas été évalués. Les technologies de
traitement des déchets évoluent. Par exemple, les déchets des centrales à charbon
sont de plus en plus utilisés comme additifs pour les matériaux de construction,
et on peut s’attendre à des avancées dans le retraitement des déchets nucléaires
[BATTAILLE & GALLEY, 1999].
Récemment encore, l’avis prédominant était que les déchets nucléaires devraient
être déposés dans les sites géologiques profonds, enfermés de manière permanente. Cependant, compte tenu des doutes qui ont surgi sur les stockages géologiques fermés de manière permanente, il serait peut-être plus sage d'envisager
des dépôts qui soient gardés et récupérables dans un avenir indéterminé, afin de
permettre un meilleur traitement éventuel (le coût, même d'une série infinie de
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Ces points impliquent l'acceptabilité et dépassent la quantification en termes de
coûts des dommages. Un exemple simple peut illustrer pourquoi les coûts des
dommages ne seront jamais le seul critère de décision. Supposons que quelqu'un
invente un système qui peut fournir l'électricité mondiale (environ 10
13 kWh/an)
au prix choc de 0,0075 €/kWh (environ un dixième du prix actuel) et sans pollution
ou risque sanitaire, sauf un petit problème : il existe une possibilité d'accident se
produisant une fois par siècle qui tuerait 25 000 personnes (approximativement
le nombre total de décès hypothétiques à long terme, si on multiplie l'estimation
d'UNSCEAR (1993) de la dose mondiale due à Tchernobyl par la fonction doseréponse des cancers fatals du tableau I). Même à 3 M€/vie avec un taux d'actualisation de zéro, l'espérance mathématique du coût actualisé d'un tel accident n’est
que
2,5 ×10
4 × 3 ×10
6
€/(100 ans ×10
13 kWh/an) = 0,75 ×10
–4
€/kWh,
seulement 1% de ce prix très bon marché. Mais est-ce que les décideurs accepteraient un tel système si ces 25 000 personnes pouvaient être tuées instantanément ?
Et pourtant, la perte de vie par kWh n’est que 25 000 × 40 ans/10
15 kWh = 1,0 années
perdues/TWh, des ordres de grandeurs plus faibles que pour les combustible fossiles (voir la figure 28.3) qui tuent de façon sournoise.
Les déchets nucléaires provoquent un malaise par leur longue durée. Néanmoins,
les déchets du charbon contiennent des métaux toxiques dont la durée de vie est
encore plus longue, et leur quantité est tellement importante que les risques pourraient être plus graves que ceux du nucléaire. L’évaluation des déchets est problématique car leurs impacts sont imprévisibles dans la mesure où la gestion future
des déchets n’est pas connue ; au mieux on peut évaluer des scénarios. En principe, les déchets peuvent être déposés dans un stockage étanche et réversible,
donc sans impact sur l’environnement ou la santé. Mais cela peut-il être garanti
pour toujours ? Le scénario choisi pour les déchets nucléaires de haute activité est
un stockage géologique dans le Massif Central. En supposant certains scénarios
d’intrusion accidentelle ou de panne de confinement, semblables aux autres études,
ExternE (1995) a estimé que la contribution des déchets pourrait être d’environ 1%
du coût total des dommages du cycle nucléaire. Pour les centrales à charbon et à
fioul, les dommages dus aux déchets n’ont pas été évalués. Les technologies de
traitement des déchets évoluent. Par exemple, les déchets des centrales à charbon
sont de plus en plus utilisés comme additifs pour les matériaux de construction,
et on peut s’attendre à des avancées dans le retraitement des déchets nucléaires
[BATTAILLE & GALLEY, 1999].
Récemment encore, l’avis prédominant était que les déchets nucléaires devraient
être déposés dans les sites géologiques profonds, enfermés de manière permanente. Cependant, compte tenu des doutes qui ont surgi sur les stockages géologiques fermés de manière permanente, il serait peut-être plus sage d'envisager
des dépôts qui soient gardés et récupérables dans un avenir indéterminé, afin de
permettre un meilleur traitement éventuel (le coût, même d'une série infinie de
