28 - LES COÛTS EXTERNES DE L’ÉLECTRICITÉ
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étude importante, par une équipe de Harvard [POPE et al., 1995], portant sur les
impacts cumulatifs de la pollution atmosphérique sur la mortalité, et en raison d'un
changement dans l'évaluation de la mortalité de la pollution atmosphérique (perte
d'espérance de vie, plutôt que nombre des décès). Ce dernier changement permet
des comparaisons significatives entre différentes causes de mortalité avec des pertes de vie par décès très différentes, en particulier entre des accidents et la pollution atmosphérique.
Pour les cycles fossiles, la part prédominante des coûts des dommages est due
aux impacts sur la santé, plus de 95% et, parmi ceux-ci, la mortalité représente la
contribution la plus significative. Pour le nucléaire, la totalité des coûts des dommages provient des cancers et des effets génétiques des radionuclides. Pour cette
raison, un paramètre clé de l’évaluation est ce qu’on appelle souvent « valeur de la
vie statistique », bien qu’il soit plus correct et moins contestable de parler de
« consentement à payer pour éviter le risque d’une mort prématuré anonyme ».
Suivant les recommandations du projet ExternE, nous avons pris une valeur de
3,1 millions d’euros (≈ 20 MF), ce qui semble de plus en plus accepté par la CE pour
des analyses de ce type. Par exemple, cette valeur a été prise dans les analyses
coût-bénéfice des nouvelles directives européennes concernant l’émission des polluants. Mais aucun consensus général n’existe et d’autres valeurs, dans une fourchette de 5 à 30 MF, ne peuvent pas être exclues.
Un argument principal pour la nécessité d’une analyse des coûts des dommages
émerge de l'épidémiologie récente. Contrairement au passé, quand on pensait qu'il
suffisait de réduire la concentration des polluants d'air au-dessous de leurs seuils
d’innocuité, les études épidémiologiques n'ont pas pu trouver de tels seuils et il
semble de plus en plus plausible que les fonctions dose-réponse sont à peu près
linéaires aux faibles concentrations. Sans seuil d’innocuité, nous n'avons aucun
critère naturel pour décider jusqu’où il faut réduire l'émission des polluants. Puisque le coût par kg de polluant évité augmente fortement quand les émissions sont
réduites, on risque des dépenses excessives dans la lutte contre la pollution atmosphérique. Ceci pourrait en fait entraîner une détérioration de la santé publique si
l'argent dépensé ainsi n'est pas disponible pour des mesures plus rentables. Une
comparaison des coûts et des avantages est nécessaire, bien que non-suffisante,
pour une politique rationnelle.
28.2.MÉTHODOLOGIE
Nous présentons d’abord un bref résumé de la méthodologie et des hypothèses du
projet ExternE (1998). Quelques détails sont analysés dans les paragraphes suivants.
Les hypothèses principales sont résumées dans le tableau I. Des présentations plus
détaillées peuvent être trouvées dans les rapports du projet ExternE (1995, 1998),
y compris un rapport en français [RABL & SPADARO, 1997].
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