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Ari RABL & Joseph SPADARO
28.1. INTRODUCTION
Au cours des dernières années, plusieurs grandes études ont été menées afin de
quantifier les dommages causés par la pollution [ORNL/RFF 1994, ROWE et al. 1995,
ExternE 1995, ExternE 1998]. Le projet ExternE (« External Costs of Energy ») de
la Commission européenne, DG XII, constitue l’étude de la plus grande envergure,
à laquelle participent plusieurs dizaines d’experts de tous les pays de l’Union européenne (UE), y compris les auteurs du présent article. Le projet se poursuit actuellement pour approfondir la méthodologie et élargir le champ d’application.
Depuis quelques années, le terme « coût externe » est largement utilisé pour indiquer les coûts des dommages environnementaux. Ici nous parlons plutôt du coût des
dommages, pour éviter une ambiguïté qui surgit parce qu'il existe au moins deux
définitions de « coût externe » :
des coûts qui ne sont pas pris en compte par les participants à une transaction,
des coûts qui ne sont pas payés par les participants à une transaction.
Selon la première définition, un coût de dommage est internalisé si le pollueur
ramène les émissions au niveau socialement optimal, par exemple en raison d'une
réglementation qui impose une limite d'émission. La deuxième définition exige, en
plus, que le pollueur compense les victimes, par exemple en payant une taxe de
pollution. Dans les deux cas, le niveau des émissions est le même et égal à l'optimum social. Mais le coût des dommages causés par ces émissions n’est externe
que selon la seconde définition.
Les coûts des dommages sont calculés en menant une analyse des « impact pathways » (cheminement des impacts), dont les étapes principales sont les suivantes :
spécification des émissions (par ex., kg/s de particules émises par cheminée),
calcul de l'augmentation de la concentration du polluant dans toutes les régions
touchées (par ex., μg/m
3 de particules, en utilisant des modèles de dispersion
atmosphérique) ;
calcul des impacts physiques (par ex., nombre de crises d’asthme dues à ces particules, en utilisant des fonctions dose-réponse),
évaluation monétaire de ces impacts (par ex., multiplication par le coût d'une crise
d’asthme).
Les valeurs obtenues sont additionnées pour tous les récepteurs (population, bâtiments, récoltes…) touchés par le polluant, en choisissant les frontières temporelles
et spatiales de l’analyse, de telle manière que l'essentiel des impacts soit pris en
compte. Dans l’esprit de l’analyse du cycle de vie, toute la chaîne du combustible
est évaluée, de sa production jusqu’à la gestion des déchets.
Il faut noter que les résultats publiés dans les diverses publications d’ExternE ne
sont pas toujours identiques parce que la méthodologie a évolué. En particulier, une
différence profonde existe avant et après 1996, en raison de la publication d'une
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