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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
intensifie la concurrence et entraîne une baisse des coûts de production que rend
possible la hausse de la productivité du travail dans les grands pays producteurs
(Etats-Unis, Chine, Australie, Afrique du Sud…) : en moyenne, cette dernière est
passée de 1200 tonnes par mineur et par an en 1980 à 4400 en 1999 [5], ce grâce
à l’extension des mines à ciel ouvert et à la mécanisation très poussée de toutes
les exploitations.
A l’exclusion de ceux des vieilles exploitations européennes, encore en activité
parce que subventionnées, les coûts du charbon minéral départ mine se situent en
2000 dans un rapport de 1 à 10. Ceux des grandes mines à ciel ouvert du Powder
River Basin dans l’ouest des Etats-Unis sont les plus bas ($3 à 5 la tonne) mais sont
peu représentatifs. Très au-dessus, apparaissent les coûts des mines de surface et
de quelques mines souterraines ($10 à 20) des grands pays exportateurs (Australie,
Afrique du Sud, Canada, Indonésie), suivis par ceux ($20 à 30) de la région des
Appalaches aux Etats-Unis qui n’entrent sur le marché mondial que lorsque les prix
des charbons vapeur dépassent $40 et qui jouent ainsi le rôle de fournitures marginales de court terme. Au prix de $30 la tonne, la Chine exporte presque 100 millions
de tonnes, ce qui pourrait signifier que ses coûts sont comparables à ceux de
l’Australie, mais l’absence de preuves autorise certains à l’accuser de dumping.
Brûlé sur le carreau des mines dans de grandes centrales thermiques, le charbon
est actuellement, et de très loin, le combustible le meilleur marché. Ailleurs, son
coût rendu lieu d’utilisation résulte de l’addition de plusieurs postes :
transport intérieur de la mine au port d’embarquement,
frais d’embarquement,
transport maritime,
lesquels, en moyenne, doublent les coûts départ mine pour du charbon rendu
Europe occidentale depuis les Etats-Unis, l’Australie ou l’Afrique du Sud. A titre
d’exemple, un charbon vapeur coûtant de $13,4 à 19,7 départ mine du Transvaal
en Afrique du Sud supporte des charges de transport jusqu’au port d’embarquement ($6,8 à 7,3), de stockage et chargement ($1,2 à 1,7) et de transport maritime
($4,6 à 6,3) pour arriver dans un port européen de mer du Nord à un coût compris
entre $26,1 et 37,2 la tonne, soit de $1,04 à 1,38 le gigajoule (pour un pouvoir calorifique de 25 à 27 GJ/t).
A l’avenir, les coûts de production du charbon minéral devraient évoluer de façon
contrastée d’une région du monde à l’autre : stabilité dans l’Ouest des Etats-Unis et
dans les grands pays exportateurs (Australie, Afrique du Sud, Indonésie, Colombie,
Venezuela) où d’importantes extensions de capacité de production sont envisagées,
même aux prix actuels du marché qui sont bas ; croissance dans les anciennes
régions de production des Appalaches aux Etats-Unis ou du Donbass en Russie.
Une incertitude pèse sur l’évolution des coûts de production de la Chine qui combat les rendements décroissants d’une partie de ses mines par de profondes restructurations industrielles et la construction de nouvelles infrastructures de transport. Mais, des trois principales sources d’énergie fossile, le charbon minéral est la
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
intensifie la concurrence et entraîne une baisse des coûts de production que rend
possible la hausse de la productivité du travail dans les grands pays producteurs
(Etats-Unis, Chine, Australie, Afrique du Sud…) : en moyenne, cette dernière est
passée de 1200 tonnes par mineur et par an en 1980 à 4400 en 1999 [5], ce grâce
à l’extension des mines à ciel ouvert et à la mécanisation très poussée de toutes
les exploitations.
A l’exclusion de ceux des vieilles exploitations européennes, encore en activité
parce que subventionnées, les coûts du charbon minéral départ mine se situent en
2000 dans un rapport de 1 à 10. Ceux des grandes mines à ciel ouvert du Powder
River Basin dans l’ouest des Etats-Unis sont les plus bas ($3 à 5 la tonne) mais sont
peu représentatifs. Très au-dessus, apparaissent les coûts des mines de surface et
de quelques mines souterraines ($10 à 20) des grands pays exportateurs (Australie,
Afrique du Sud, Canada, Indonésie), suivis par ceux ($20 à 30) de la région des
Appalaches aux Etats-Unis qui n’entrent sur le marché mondial que lorsque les prix
des charbons vapeur dépassent $40 et qui jouent ainsi le rôle de fournitures marginales de court terme. Au prix de $30 la tonne, la Chine exporte presque 100 millions
de tonnes, ce qui pourrait signifier que ses coûts sont comparables à ceux de
l’Australie, mais l’absence de preuves autorise certains à l’accuser de dumping.
Brûlé sur le carreau des mines dans de grandes centrales thermiques, le charbon
est actuellement, et de très loin, le combustible le meilleur marché. Ailleurs, son
coût rendu lieu d’utilisation résulte de l’addition de plusieurs postes :
transport intérieur de la mine au port d’embarquement,
frais d’embarquement,
transport maritime,
lesquels, en moyenne, doublent les coûts départ mine pour du charbon rendu
Europe occidentale depuis les Etats-Unis, l’Australie ou l’Afrique du Sud. A titre
d’exemple, un charbon vapeur coûtant de $13,4 à 19,7 départ mine du Transvaal
en Afrique du Sud supporte des charges de transport jusqu’au port d’embarquement ($6,8 à 7,3), de stockage et chargement ($1,2 à 1,7) et de transport maritime
($4,6 à 6,3) pour arriver dans un port européen de mer du Nord à un coût compris
entre $26,1 et 37,2 la tonne, soit de $1,04 à 1,38 le gigajoule (pour un pouvoir calorifique de 25 à 27 GJ/t).
A l’avenir, les coûts de production du charbon minéral devraient évoluer de façon
contrastée d’une région du monde à l’autre : stabilité dans l’Ouest des Etats-Unis et
dans les grands pays exportateurs (Australie, Afrique du Sud, Indonésie, Colombie,
Venezuela) où d’importantes extensions de capacité de production sont envisagées,
même aux prix actuels du marché qui sont bas ; croissance dans les anciennes
régions de production des Appalaches aux Etats-Unis ou du Donbass en Russie.
Une incertitude pèse sur l’évolution des coûts de production de la Chine qui combat les rendements décroissants d’une partie de ses mines par de profondes restructurations industrielles et la construction de nouvelles infrastructures de transport. Mais, des trois principales sources d’énergie fossile, le charbon minéral est la
