27 - LES PRIX ET LES COÛTS DES SOURCES D’ÉNERGIE
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Mais la comparaison des coûts futurs suppose aussi l’introduction de plusieurs
hypothèses qu’il n’est pas toujours aisé de paramétrer. Les unes sont relatives à
l’évolution attendue des prix des sources d’énergie fossiles destinées à être converties en carburants conventionnels, électricité ou hydrogène. Les autres concernent
la fonction d’apprentissage des nouvelles technologies, c’est-à-dire la baisse des
coûts unitaires associée à la diffusion des éoliennes, des cellules photovoltaïques
ou des piles à combustibles.
Reste enfin la nécessaire actualisation des dépenses qui entrent dans le coût de
chaque filière. Etalées sur plusieurs décennies, elles ne peuvent être additionnées
telles quelles car un euro de revenu ou de dépense aura évidemment moins de
valeur dans 10 ans qu’aujourd’hui. Il faut donc actualiser l’un et l’autre, en considérant que la valeur actuelle D o de la dépense D n à faire dans n années est égale à
D o = D n /(1 + r) où r est le taux d’actualisation choisi. On constate que la valeur actuelle sera d’autant plus faible que le futur est éloigné et que le taux d’actualisation
est élevé. Le choix de ce dernier est donc particulièrement délicat puisque un taux
élevé (10% et plus correspondent au rendement du capital exigé en 2003 par une
entreprise privée) favorise les solutions les moins lourdes en investissement dont
toutes les dépenses lointaines sont effacées, au contraire d’un taux modéré (5%
n’est pas trop éloigné du rendement dont se contentent les pouvoirs publics pour
de grands travaux d’infrastructure) qui allège relativement le poids de l’investissement initial.
27.2.3. RELATIONS ENTRE COÛTS ET PRIX
A court terme (capital fixe constant), la théorie économique établit une relation entre
coût et prix puisqu’en régime de concurrence parfaite, les entreprises qui veulent
maximiser leur profit doivent fixer leur niveau de production de façon à ce que leur
coût marginal égalise le prix du marché pour le produit qu’elles vendent. L’égalité
entre coût marginal et prix est généralement considérée comme une condition pour
l’obtention d’un optimum de Pareto en concurrence parfaite, mais aussi, sous certaines conditions, en situation de monopole et d’oligopole [1].
A long terme (capital fixe variable, donc décisions portant sur les investissements),
la tarification de l’électricité au coût marginal a été construite pour que le signal prix
envoyé aux consommateurs l’informe aussi précisément que possible de ce que
coûte sa demande. Ce coût dit marginal de long terme, ou en développement, comprend tous les coûts, fixes et proportionnels, associés à l’accroissement du parc de
production et du réseau de transport-distribution que la demande supplémentaire
induit. Pour un parc optimal, coûts de court terme et de long terme s’égalisent [2].
Moins formalisée, la relation prix-coût de long terme existe aussi pour les sources
d’énergie autres que l’électricité produite dans un système intégré. Un prix de
marché durablement inférieur au coût marginal débouche inévitablement sur une
contraction de l’offre par fermeture des installations les plus coûteuses, abandon de
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