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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
pour satisfaire une demande future. Il comporte de nombreux éléments d’incertitude qui appellent souvent des paramétrages (durée de vie des installations, taux
d’actualisation…).
Toute activité économique mobilise des facteurs de production (bâtiments, machines, main-d’œuvre, matières premières, assurances, impôts) qui se traduisent par
des coûts fixes ou variables, selon qu’ils sont indépendants ou non des quantités
produites. Leur sommation donne un coût total et la division de ce dernier par les
quantités produites un coût unitaire moyen. Lorsque les rendements d’échelle sont
constants et qu’il n’y a pas de coûts fixes, le coût moyen est constant. Ce n’est
évidemment pas le cas des activités énergétiques dans lesquelles, les coûts fixes
étant presque toujours élevés, le coût moyen l’est aussi pour de faibles quantités
produites avant de diminuer fortement lorsque la production augmente. Selon que
les rendements d’échelle sont décroissants ou croissants, le coût remonte au-delà
d’un certain niveau de production ou continue à baisser. Pour une quantité produite
donnée, on peut aussi calculer le coût marginal, défini comme l’augmentation de
coût qu’entraîne la production d’une unité supplémentaire de bien. Avant de revenir plus loin sur le rôle de ce dernier coût dans la relation entre les prix et les coûts,
notons que les différences de structure de coûts sont essentielles dans la gestion
d’un parc de production électrique et dans les choix entre filières de production. A
coûts unitaires moyens sensiblement égaux dans certaines conditions de production, la turbine à gaz est fréquemment préférée à la centrale nucléaire ou hydroélectrique parce que la part de ses coûts fixes ne dépasse pas 30% contre 60 à
80% pour les autres.
Dans une perspective de long terme, il ne s’agit plus de gérer un parc de production existant mais de le développer en le renouvelant. Les choix à effectuer entre
l’exploitation de nouvelles mines de charbon ou de gisements de pétrole, la construction de centrales thermiques conventionnelles ou nucléaires, d’éoliennes ou
d’installations solaires photovoltaïques, s’appuient sur des comparaisons de coûts
unitaires moyens d’installations à construire, lesquelles sont marginales par rapport au parc existant. Ces coûts dépendront de l’investissement à réaliser et de
son exploitation tout au long d’une durée de vie qui peut s’étendre sur plusieurs
décennies. Pour les estimer, on se donne un certain nombre de conventions qui
permettent de comparer les diverses filières :
unité monétaire : $ ou € constant base 2000, par exemple,
date de mise en service des installations : 2005 ou plus,
durée de vie normalisée : 10, 20, 30 ou 40 ans,
taux d’utilisation des capacités de production pour les gisements ou facteur de
charge pour les centrales électriques (80% à partir de la 3
e année, par exemple),
contenu des dépenses d’investissement : construction avec ou sans intérêts intercalaires et démantèlement,
production brute ou nette (l’autoconsommation et les pertes peuvent dépasser
10%).
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