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Denis BABUSIAUX
LES MARCHÉS DE L’URANIUM
Après les accidents de Three Miles Island et de Tchernobyl, l’offre est devenue
excédentaire, les prix ont fortement chuté, entraînant la fermeture d’un certain
nombre de mines avant un certain retour à l’équilibre.
26.5. ENERGIE ET ENVIRONNEMENT
Les consommations d’énergie constituent un facteur important de dégradation de
l’environnement : production de déchets nucléaires, émission lors de la combustion
de combustibles fossiles de particules, de gaz polluants et de gaz à effet de serre
(risque de changement climatique).
Parmi les questions ainsi posées aux économistes figure celle de la quantification
des « effets externes » de l’utilisation de l’énergie, et en particulier la quantification
des dommages causés à l’environnement. A la question de la mesure des externalités s’ajoute celle des méthodes de leur « internalisation » (la façon de les prendre
en compte). Celle-ci peut se faire par le jeu d’une taxe (proposée par A. PIGOU dès
les années 1920).
La méthode préférée des Américains repose sur la mise en place de marchés de
permis d’émissions négociables. Ce concept est dérivé des travaux du prix Nobel
d’économie R. COASE, qui a montré que l’optimum social était indépendant des
allocations initiales de permis. Un tel marché favorise les initiatives de chacun et
les échanges, permettant d’atteindre au moindre coût un plafond d’émissions fixe
a priori.
Le premier marché a été créé aux Etats-Unis, en 1995, pour réduire les rejets de
dioxyde de soufre dans les fumées de combustion, à l’origine des pluies acides. Il
semble donner des résultats satisfaisants. Remarquons que le prix de la tonne de
soufre sur ce marché s’est établi (avant la remontée de 1998) à un niveau sensiblement inférieur, 1/5 environ de celui prévu auparavant par les experts. Ensuite des
marchés d’émissions d’oxydes d’azote ont été mis en place. C’est ce mécanisme
de marché qui était préconisé par les Etats-Unis, avant leur retrait, pour faciliter la
réalisation des objectifs fixés à Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet
de serre (de 6% en moyenne par rapport à 1990). Il a été adopté par l'Union européenne, la directive de 2003 prévoyant une mise en place au 1
er janvier 2005.
Réduire les émissions de CO 2 impose une inflexion de l’évolution des consommations d’énergie. Les progrès techniques, notamment en matière de transport,
devraient permettre de poursuivre la réduction de l’intensité énergétique. Mais la
seule maîtrise de la demande sera sans doute insuffisante. Les décisions politiques
à prendre constituent un élément majeur d’incertitude sur le futur de l’énergie. Pour
ce qui concerne les bilans énergétiques, si le gaz naturel a quelques atouts (les
Denis BABUSIAUX
LES MARCHÉS DE L’URANIUM
Après les accidents de Three Miles Island et de Tchernobyl, l’offre est devenue
excédentaire, les prix ont fortement chuté, entraînant la fermeture d’un certain
nombre de mines avant un certain retour à l’équilibre.
26.5. ENERGIE ET ENVIRONNEMENT
Les consommations d’énergie constituent un facteur important de dégradation de
l’environnement : production de déchets nucléaires, émission lors de la combustion
de combustibles fossiles de particules, de gaz polluants et de gaz à effet de serre
(risque de changement climatique).
Parmi les questions ainsi posées aux économistes figure celle de la quantification
des « effets externes » de l’utilisation de l’énergie, et en particulier la quantification
des dommages causés à l’environnement. A la question de la mesure des externalités s’ajoute celle des méthodes de leur « internalisation » (la façon de les prendre
en compte). Celle-ci peut se faire par le jeu d’une taxe (proposée par A. PIGOU dès
les années 1920).
La méthode préférée des Américains repose sur la mise en place de marchés de
permis d’émissions négociables. Ce concept est dérivé des travaux du prix Nobel
d’économie R. COASE, qui a montré que l’optimum social était indépendant des
allocations initiales de permis. Un tel marché favorise les initiatives de chacun et
les échanges, permettant d’atteindre au moindre coût un plafond d’émissions fixe
a priori.
Le premier marché a été créé aux Etats-Unis, en 1995, pour réduire les rejets de
dioxyde de soufre dans les fumées de combustion, à l’origine des pluies acides. Il
semble donner des résultats satisfaisants. Remarquons que le prix de la tonne de
soufre sur ce marché s’est établi (avant la remontée de 1998) à un niveau sensiblement inférieur, 1/5 environ de celui prévu auparavant par les experts. Ensuite des
marchés d’émissions d’oxydes d’azote ont été mis en place. C’est ce mécanisme
de marché qui était préconisé par les Etats-Unis, avant leur retrait, pour faciliter la
réalisation des objectifs fixés à Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet
de serre (de 6% en moyenne par rapport à 1990). Il a été adopté par l'Union européenne, la directive de 2003 prévoyant une mise en place au 1
er janvier 2005.
Réduire les émissions de CO 2 impose une inflexion de l’évolution des consommations d’énergie. Les progrès techniques, notamment en matière de transport,
devraient permettre de poursuivre la réduction de l’intensité énergétique. Mais la
seule maîtrise de la demande sera sans doute insuffisante. Les décisions politiques
à prendre constituent un élément majeur d’incertitude sur le futur de l’énergie. Pour
ce qui concerne les bilans énergétiques, si le gaz naturel a quelques atouts (les
