558
Denis BABUSIAUX
gressivement être ouverts à la concurrence, avec un système d’Accès des Tiers aux
Réseaux.
C’est dans ce cadre qu’en France, en 2000, a été créé le « Réseau de Transport Electricité » (RTE), entité d’EDF mais indépendante sur le plan de sa gestion, notamment financière. Les tarifs d’accès et plus généralement le contrôle du système
sont assurés par une « Commission de Régulation de l’Electricité ». Enfin, une
bourse de l’électricité, Powxernext, a été mise en place en 2001, associant les
gestionnaires des réseaux de transport français, néerlandais et belge à différents
partenaires dont EDF et Electrabel.
26.3.4.LE GAZ NATUREL EN EUROPE
Les marchés européens ont longtemps été caractérisés par un petit nombre de
sources d’importation (Algérie, Russie, Norvège) et de compagnies gazières en situation de monopole. Mais la recherche d’une meilleure compétitivité en présence
d’une abondance de l’offre a conduit la Grande-Bretagne à libéraliser les activités de
transport et de distribution. La directive européenne de 1998, selon des principes
semblables à ceux de la directive sur l’électricité, prévoit une ouverture progressive des marchés à la concurrence (43% en moyenne en 2008) qui devrait permettre aux gros consommateurs et aux centrales électriques d’obtenir un coût minimum d’approvisionnement, tandis que se développe l’interconnexion des réseaux
de pipes (Interconnector, Norfra).
Ces évolutions des marchés de l’électricité et du gaz ont posé et posent encore aux
économistes des problèmes nouveaux : tarifs d’accès aux réseaux, coûts « passés », charges d’interconnexion, analyse de divers phénomènes de pouvoir de marché, gestion du risque, gestion de la congestion du réseau, formation des prix aux
nœuds du réseau, mécanismes d’incitation en investissement de développement
du réseau...
26.4. LES MARCHÉS INTERNATIONAUX
LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Le premier choc pétrolier (1973) est le plus souvent interprété comme le résultat
d’un comportement de cartel (figure 26.1 ). De nombreux économistes, à la suite
de R. SOLOW, prennent pour référence la « loi d’HOTELLING » et considèrent que les
prix deviennent le reflet, non des coûts de production, mais de la rareté d’une ressource dont le caractère épuisable avait été quelque peu oublié. Depuis, le principal acteur a été l’Arabie Saoudite qui, lorsqu’elle avait les moyens de moduler sa
production (en dehors des périodes de chocs et contre-chocs) a joué un rôle de
régulateur des prix. Mécanisme d’ailleurs inhabituel où la demande supplémentaire
est satisfaite par appel à la production la moins chère.
Précédent

- 560/636

Suivant