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Denis BABUSIAUX
Pour analyser les prix d'offre de l'électricité, il faut rappeler qu'il s'agit d'une énergie
qui ne peut pratiquement pas être stockée. Les opérateurs doivent donc répondre
à la demande à tout moment (à l'exception de celle des clients avec lesquels ont
été passés des contrats d'effacement). Les coûts marginaux de court terme à
un instant donné correspondent aux coûts d'exploitation (frais variables) de la dernière centrale appelée, les centrales étant classées par coûts (variables) croissants :
hydraulique, nucléaire, thermique classique moderne, thermique ancien, turbines à
gaz. Ils peuvent donc prendre des valeurs très différentes suivant l'heure, le jour et
la saison. Les coûts marginaux de long terme, qui constituent la référence pour
la tarification d'un service public ou pour la définition d’une politique commerciale,
peuvent être obtenus, comme dans le cas du raffinage, à partir des résultats des
modèles d'optimisation du parc de production. Que ces modèles fassent appel à
la programmation linéaire ou à la théorie du contrôle, comme le modèle d'Investissement d'Electricité de France, les coûts marginaux correspondent aux variables
duales associées aux contraintes de satisfaction de la demande. Les modèles les
plus complets tiennent compte du caractère aléatoire des consommations, ce qui
correspond à retenir autant d'équations de demande que de postes horo-saisonniers
et d'aléas considérés pour chaque poste. Ils fournissent les bases nécessaires à
l’élaboration d’une politique de prix qui peuvent être modulées selon les heures et
les saisons, mais également en temps réel suivant les options définies avec les
clients.
Enfin, remarquons que pour limiter des productions « inutilement » coûteuses, des
politiques de gestion de la demande (Demand Side Management) et de programmation intégrée des ressources peuvent inciter les clients à acheter des équipements plus économes en énergie.
26.3. LES MARCHÉS (RÉGIONAUX) DES ÉNERGIES DE RÉSEAUX
Jusqu’aux expériences récentes de déréglementation, la production, le transport
et la distribution d’électricité, le transport régional et la distribution de gaz naturel
étaient partout et sont souvent encore assurés par des entreprises en situation
de monopole naturel, situation liée à l’exploitation en réseau et aux économies
d’échelle. En dehors des Etats-Unis, il s’agit en général de monopoles publics.
Ces monopoles sont remis en cause dans un certain nombre de pays. Les partisans
de la déréglementation font remarquer que la concurrence permet d’améliorer l’efficacité des entreprises et que les coûts d’agence pèsent sur les prix de revient des
monopoles. Ils proposent donc, en s’appuyant sur le concept de marchés contestables, une ouverture des réseaux. Les modalités en sont variées.
Denis BABUSIAUX
Pour analyser les prix d'offre de l'électricité, il faut rappeler qu'il s'agit d'une énergie
qui ne peut pratiquement pas être stockée. Les opérateurs doivent donc répondre
à la demande à tout moment (à l'exception de celle des clients avec lesquels ont
été passés des contrats d'effacement). Les coûts marginaux de court terme à
un instant donné correspondent aux coûts d'exploitation (frais variables) de la dernière centrale appelée, les centrales étant classées par coûts (variables) croissants :
hydraulique, nucléaire, thermique classique moderne, thermique ancien, turbines à
gaz. Ils peuvent donc prendre des valeurs très différentes suivant l'heure, le jour et
la saison. Les coûts marginaux de long terme, qui constituent la référence pour
la tarification d'un service public ou pour la définition d’une politique commerciale,
peuvent être obtenus, comme dans le cas du raffinage, à partir des résultats des
modèles d'optimisation du parc de production. Que ces modèles fassent appel à
la programmation linéaire ou à la théorie du contrôle, comme le modèle d'Investissement d'Electricité de France, les coûts marginaux correspondent aux variables
duales associées aux contraintes de satisfaction de la demande. Les modèles les
plus complets tiennent compte du caractère aléatoire des consommations, ce qui
correspond à retenir autant d'équations de demande que de postes horo-saisonniers
et d'aléas considérés pour chaque poste. Ils fournissent les bases nécessaires à
l’élaboration d’une politique de prix qui peuvent être modulées selon les heures et
les saisons, mais également en temps réel suivant les options définies avec les
clients.
Enfin, remarquons que pour limiter des productions « inutilement » coûteuses, des
politiques de gestion de la demande (Demand Side Management) et de programmation intégrée des ressources peuvent inciter les clients à acheter des équipements plus économes en énergie.
26.3. LES MARCHÉS (RÉGIONAUX) DES ÉNERGIES DE RÉSEAUX
Jusqu’aux expériences récentes de déréglementation, la production, le transport
et la distribution d’électricité, le transport régional et la distribution de gaz naturel
étaient partout et sont souvent encore assurés par des entreprises en situation
de monopole naturel, situation liée à l’exploitation en réseau et aux économies
d’échelle. En dehors des Etats-Unis, il s’agit en général de monopoles publics.
Ces monopoles sont remis en cause dans un certain nombre de pays. Les partisans
de la déréglementation font remarquer que la concurrence permet d’améliorer l’efficacité des entreprises et que les coûts d’agence pèsent sur les prix de revient des
monopoles. Ils proposent donc, en s’appuyant sur le concept de marchés contestables, une ouverture des réseaux. Les modalités en sont variées.
