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Thierry ALLEAU & Michel ROSTAING
25.4.10. QUELS RISQUES AVEC L’HYDROGÈNE ?
L’hydrogène est un combustible de mauvaise réputation et considéré comme dangereux. Cette situation provient essentiellement du fait de l’accident spectaculaire
du ballon dirigeable Hindenburg, aux Etats-Unis en 1937, sans parler des rapprochements que peuvent faire certains avec l’accident de la navette Challenger, voire la
bombe à hydrogène !
L’accident de l’Hindenburg a été récemment éclairci à l’issue d’un travail très
com-plet 15 qui démontre, sans ambiguïté, que cet accident est dû uniquement à
l’inflammabilité du dépôt qui protégeait l’enveloppe et que si ce ballon avait été
gonflé à l’hélium, le déroulement de l’accident (au cours duquel il n’y a eu aucune
explosion mais seulement un incendie) et ses conséquences (35 voyageurs et
un technicien au sol tués sur 97 membres d’équipage et passagers) auraient été
presque identiques.
Néanmoins, un important travail d’information auprès du public est à poursuivre
pour démystifier ce gaz auquel, pourtant, les citoyens étaient habitués puisque le
gaz de ville, après la dernière guerre, était constitué à 50% d’hydrogène 16 , sans
qu’il y ait eu davantage d’accident qu’avec le gaz naturel, aujourd’hui.
Il est par ailleurs et à ce sujet intéressant d’évoquer une autre étude récente menée
en Allemagne 17 , montrant que la majorité des Allemands accepte l’hydrogène en
tant que combustible ; cela s’explique en grande partie par le fait que de nombreux
véhicules à hydrogène (à moteur thermique ou à pile à combustible) sont en cours
de test dans ce pays, à titre expérimental et en milieu urbain, et qu’une large publicité en est faite.
Toutes les études de sûreté menées jusqu’ici, tant expérimentales que théoriques,
démontrent que l’hydrogène n’est pas plus dangereux que le gaz naturel mais que
les risques sont différents :
le comportement des matériaux sera différent, et en particulier un plus grand
soin devra être apporté au choix des enveloppes du fait de leur fragilité accrue
en présence d’hydrogène ;
le domaine d’inflammabilité dans l’air est plus large avec l’hydrogène (4-75%)
qu’avec le gaz naturel (5,3-15%) ;
l’énergie minimale d’inflammation est plus faible pour l’hydrogène (20 μJ) que
pour le gaz naturel (290 μJ) ;
mais le coefficient de diffusion dans l’air est quatre fois plus élevé pour l’hydrogène (0,61 cm
3 /s) que pour le gaz naturel (0,16 cm
3 /s) : sa grande légèreté, qui est
15 Le rapport est disponible sur le site www.dwv-info.de/pm/pe00hb.htm
16 Le reste étant constitué de CO (monoxyde de carbone).
17 Voir le site www.hydrogen.org/accepth2/
Thierry ALLEAU & Michel ROSTAING
25.4.10. QUELS RISQUES AVEC L’HYDROGÈNE ?
L’hydrogène est un combustible de mauvaise réputation et considéré comme dangereux. Cette situation provient essentiellement du fait de l’accident spectaculaire
du ballon dirigeable Hindenburg, aux Etats-Unis en 1937, sans parler des rapprochements que peuvent faire certains avec l’accident de la navette Challenger, voire la
bombe à hydrogène !
L’accident de l’Hindenburg a été récemment éclairci à l’issue d’un travail très
com-plet 15 qui démontre, sans ambiguïté, que cet accident est dû uniquement à
l’inflammabilité du dépôt qui protégeait l’enveloppe et que si ce ballon avait été
gonflé à l’hélium, le déroulement de l’accident (au cours duquel il n’y a eu aucune
explosion mais seulement un incendie) et ses conséquences (35 voyageurs et
un technicien au sol tués sur 97 membres d’équipage et passagers) auraient été
presque identiques.
Néanmoins, un important travail d’information auprès du public est à poursuivre
pour démystifier ce gaz auquel, pourtant, les citoyens étaient habitués puisque le
gaz de ville, après la dernière guerre, était constitué à 50% d’hydrogène 16 , sans
qu’il y ait eu davantage d’accident qu’avec le gaz naturel, aujourd’hui.
Il est par ailleurs et à ce sujet intéressant d’évoquer une autre étude récente menée
en Allemagne 17 , montrant que la majorité des Allemands accepte l’hydrogène en
tant que combustible ; cela s’explique en grande partie par le fait que de nombreux
véhicules à hydrogène (à moteur thermique ou à pile à combustible) sont en cours
de test dans ce pays, à titre expérimental et en milieu urbain, et qu’une large publicité en est faite.
Toutes les études de sûreté menées jusqu’ici, tant expérimentales que théoriques,
démontrent que l’hydrogène n’est pas plus dangereux que le gaz naturel mais que
les risques sont différents :
le comportement des matériaux sera différent, et en particulier un plus grand
soin devra être apporté au choix des enveloppes du fait de leur fragilité accrue
en présence d’hydrogène ;
le domaine d’inflammabilité dans l’air est plus large avec l’hydrogène (4-75%)
qu’avec le gaz naturel (5,3-15%) ;
l’énergie minimale d’inflammation est plus faible pour l’hydrogène (20 μJ) que
pour le gaz naturel (290 μJ) ;
mais le coefficient de diffusion dans l’air est quatre fois plus élevé pour l’hydrogène (0,61 cm
3 /s) que pour le gaz naturel (0,16 cm
3 /s) : sa grande légèreté, qui est
15 Le rapport est disponible sur le site www.dwv-info.de/pm/pe00hb.htm
16 Le reste étant constitué de CO (monoxyde de carbone).
17 Voir le site www.hydrogen.org/accepth2/
