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Roland MASSE
Dans un certain nombre de cas, des controverses se sont élevées sur les niveaux
réellement rencontrés au voisinage de certaines installations. D’une manière récurrente, l’installation Cogema de La Hague est soupçonnée d’exposer excessivement les populations du Cotentin, éventuellement d’être à l’origine de leucémies
radio-induites chez les enfants. Cette situation a conduit les autorités sanitaires à
réunir le Groupe de Radioécologie du Nord-Cotentin, groupe ouvert aux associations
locales. Rendu public en juillet 1999, le rapport a confirmé les évaluations faites
par les autorités nationales de contrôle et les évaluations de l’UNSCEAR : quels
que soient les scénarios retenus concernant le mode alimentaire et le mode de vie,
les niveaux d’exposition occasionnés par les installations autorisées n’atteignent
pas les limites fixées par le législateur. Dans le cas de La Hague, les niveaux ont
été évalués entre 0,005 et 0,060 mSv, selon les groupes considérés, des niveaux
500 fois inférieurs à ceux de l’irradiation naturelle ambiante (Ministère de l’Industrie,
rapport DGEMP/san, 20/07/2001).
Les résidus stériles miniers constituent des sources potentielles d’exposition au
radon et au radium éventuellement préoccupantes. Néanmoins, les évaluations faites récemment sur le site de Lodève montrent que le niveau moyen à 10 km alentour est contenu approximativement à 0,020 mSv [2, annexe C].
La seule situation actuelle de stockage des déchets en profondeur concernant la
France est constituée par les sites de tirs souterrains en Polynésie française. Cette
situation, créant un questionnement vif dans le Pacifique sud, à partir de 1995, a été
expertisée après l’arrêt définitif des tirs en 1996 par un groupe international, sous
l’égide de l’AIEA et avec la participation des experts australiens et néo-zélandais.
Différents scénarios ont été retenus, y compris l’effondrement de l’atoll à la mer ;
les mesures de migration des éléments dans la roche dans les conditions thermiques existantes, la présence de fissures ont permis une modélisation du devenir
du site ; l’impact local et régional résultant apparaît dans le tableau X.
Dans son commentaire, le groupe d’experts conclut à l’inutilité d’une surveillance
radiologique du site, compte tenu des ordres de grandeurs rencontrés.
Les situations qui peuvent résulter d’un programme d’enfouissement des déchets
sont de même nature. Quels que soient les scénarios, et ceci malgré la présence
envisageable de déchets hautement radioactifs et hautement toxiques comme le
plutonium 239, les doses résultantes après destruction des conteneurs et lente
migration dans le milieu sont des doses très inférieures au millisievert, elles atteignent possiblement cette valeur dans quelques situations [33], en particulier en relation avec la présence de radium 226 naturel (voir le chapitre 20).
On voit apparaître dans les modèles décrivant l’exposition du public les contributions déterminantes d’éléments comme l’iode 129, le chlore 36 ou le césium 135,
tous éléments de période physique de plusieurs millions d’années. Ces éléments
ont une durée de vie telle qu'ils ne peuvent être incorporés à dose radiotoxique,
leur seule contribution est une augmentation globale de la radioactivité ambiante,
imperceptible en termes de doses individuelles.
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