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Roland MASSE
biopuce. Des dizaines de gènes sont immédiatement observés « allumés » après
exposition aux rayonnements ionisants et la majorité d’entre eux n’a pas encore de
fonction connue [18]. On est loin d’une conception balistique de l’effet : un impact
aléatoire dans une cible. Trois aspects méritent une attention particulière :
certaines fonctions cellulaires sont temporairement modifiées et de manière variable selon la dose et le débit ;
les signaux qui en résultent sont interprétés pour orienter les programmes vers
la mort cellulaire, la réparation des lésions ou la survie au prix d’une mutation ;
les cellules atteintes réagissent et communiquent des messages de stress à leurs
voisines, et obligent à prendre en compte quatre notions nouvelles.
La première notion est celle d’inductibilité. On s’est aperçu que le fait d’irradier
préalablement des cellules humaines dans la gamme de dose de 10 mGy aboutissait, à des doses de l’ordre de 1 Gy, à une augmentation de la résistance des cellules préirradiées par rapport aux cellules naïves, en particulier pour ce qui concerne
les mutations induites. Donc les mécanismes de défense sont inductibles. Le phénomène se manifeste dans une plage de dose relativement réduite, entre 0 et
500 mGy. Il disparaît aux doses supérieures [17].
La deuxième notion est celle de non-spécificité. Les mêmes mécanismes de réparation sont activés en présence d’eau oxygénée et de divers radicaux et toxiques
mutagènes. Les effets de l’irradiation, dans la plage de dose supérieure à 10 mGy
du moins, modifient la manière dont sont traitées les mutations éventuellement
induites par d’autres toxiques, et surtout les lésions spontanées dues au métabolisme cellulaire. Cette notion autorise la non-monotonie des relations dose-effet
pour la mutagenèse. Certains y voient la justification à ce que soient considérés
d’éventuels effets bénéfiques qui demandent cependant à être établis par une
observation épidémiologique rigoureuse [19].
La troisième notion est celle d’hypersensibilité cellulaire aux faibles doses pour
les effets létaux. Lorsqu’on a eu la possibilité de suivre le devenir individuel des
cellules irradiées, on s’est aperçu que la pente décrivant la mortalité cellulaire en
fonction de la dose était maximale à l’origine de la courbe, puis passait par un épaulement dans la gamme de 100 à 200 mGy, et augmentait par la suite dans la gamme
du gray, mais sans atteindre les valeurs initiales. Ce phénomène n’est pas accompagné par une augmentation relative des mutations dans la partie initiale de la relation dose-effet. Il y a donc soustraction d’une fraction importante des cellules initialement lésées pour la manifestation des mutations viables éventuelles dans la
gamme des faibles doses [20].
La quatrième notion est celle d’instabilité génétique radio-induite par voisinage
aux faibles doses. Les seules mutations que l’on peut mettre en évidence in vitro,
dans la plage de 10 mGy, avec des rayons gamma, sont des mutations qui conduisent à la mort peu retardée par instabilité génétique [16], elles intéressent des cellules irradiées et des cellules non-irradiées, et sont provoquées essentiellement par
Roland MASSE
biopuce. Des dizaines de gènes sont immédiatement observés « allumés » après
exposition aux rayonnements ionisants et la majorité d’entre eux n’a pas encore de
fonction connue [18]. On est loin d’une conception balistique de l’effet : un impact
aléatoire dans une cible. Trois aspects méritent une attention particulière :
certaines fonctions cellulaires sont temporairement modifiées et de manière variable selon la dose et le débit ;
les signaux qui en résultent sont interprétés pour orienter les programmes vers
la mort cellulaire, la réparation des lésions ou la survie au prix d’une mutation ;
les cellules atteintes réagissent et communiquent des messages de stress à leurs
voisines, et obligent à prendre en compte quatre notions nouvelles.
La première notion est celle d’inductibilité. On s’est aperçu que le fait d’irradier
préalablement des cellules humaines dans la gamme de dose de 10 mGy aboutissait, à des doses de l’ordre de 1 Gy, à une augmentation de la résistance des cellules préirradiées par rapport aux cellules naïves, en particulier pour ce qui concerne
les mutations induites. Donc les mécanismes de défense sont inductibles. Le phénomène se manifeste dans une plage de dose relativement réduite, entre 0 et
500 mGy. Il disparaît aux doses supérieures [17].
La deuxième notion est celle de non-spécificité. Les mêmes mécanismes de réparation sont activés en présence d’eau oxygénée et de divers radicaux et toxiques
mutagènes. Les effets de l’irradiation, dans la plage de dose supérieure à 10 mGy
du moins, modifient la manière dont sont traitées les mutations éventuellement
induites par d’autres toxiques, et surtout les lésions spontanées dues au métabolisme cellulaire. Cette notion autorise la non-monotonie des relations dose-effet
pour la mutagenèse. Certains y voient la justification à ce que soient considérés
d’éventuels effets bénéfiques qui demandent cependant à être établis par une
observation épidémiologique rigoureuse [19].
La troisième notion est celle d’hypersensibilité cellulaire aux faibles doses pour
les effets létaux. Lorsqu’on a eu la possibilité de suivre le devenir individuel des
cellules irradiées, on s’est aperçu que la pente décrivant la mortalité cellulaire en
fonction de la dose était maximale à l’origine de la courbe, puis passait par un épaulement dans la gamme de 100 à 200 mGy, et augmentait par la suite dans la gamme
du gray, mais sans atteindre les valeurs initiales. Ce phénomène n’est pas accompagné par une augmentation relative des mutations dans la partie initiale de la relation dose-effet. Il y a donc soustraction d’une fraction importante des cellules initialement lésées pour la manifestation des mutations viables éventuelles dans la
gamme des faibles doses [20].
La quatrième notion est celle d’instabilité génétique radio-induite par voisinage
aux faibles doses. Les seules mutations que l’on peut mettre en évidence in vitro,
dans la plage de 10 mGy, avec des rayons gamma, sont des mutations qui conduisent à la mort peu retardée par instabilité génétique [16], elles intéressent des cellules irradiées et des cellules non-irradiées, et sont provoquées essentiellement par
