22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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rant à l’instabilité génétique reste encore très incomplètement élucidée et pourrait
être en grande partie comparable à une réponse de stress [16]. En effet, de nombreuses observations se rapportant à la mutagenèse ou à la cancérisation in vitro 19
s’expliquent mieux par un système d’interactions cellulaires, c’est-à-dire par un
« effet de champ », que par l’irradiation d’un seul gène ou d’une seule cellule [15].
LES LÉSIONS MOLÉCULAIRES INDUITES PAR DE FAIBLES DOSES
Les lésions moléculaires induites par de faibles doses sont diluées dans celles provenant du métabolisme cellulaire. Les dommages créés par l’irradiation s’ajoutent
aux autres lésions de l’ADN, produites en permanence par l’hydrolyse spontanée
de la molécule et les interactions qu'elle subit avec les espèces radicalaires, dérivées naturellement du métabolisme oxydatif provenant de la respiration cellulaire.
Bien qu’il y ait des différences notables d’appréciation de cette contribution, un
bilan de 10 000 lésions de l’ADN par jour et par cellule paraît vraisemblable. En
comparaison l’impact d’une dose de 1 mSv, par an, correspondant globalement à
une seule interaction dans chaque cellule avec une trajectoire électronique, paraît
extrêmement dilué dans la somme des événements quotidiens [17]. On accorde
pour cette raison aux lésions les plus complexes de l’interaction des rayonnements
avec l’ADN un rôle spécifique dans la genèse des effets pathogènes aléatoires. Les
lésions complexes, incluant ruptures double brin de la chaîne d’ADN, pontages et
dommages de base, sont ainsi supposées être les moins réparables et, de ce fait,
les plus impliquées dans les phénomènes de cancérogenèse induite [2]. L’importance de cette notion pour la compréhension de la mortalité cellulaire et de la mutagenèse ne peut être négligée, néanmoins elle n’implique pas de mécanisme spécifique conduisant aux conséquences tardives de l’irradiation. Les mutations qui en
résultent notamment ne se distinguent pas de celles dues à d’autres causes et
ne permettent pas d’attribuer à l’irradiation une signature dans les tumeurs radioinduites, ce qui semble indiquer que les mécanismes mis en œuvre après irradiation sont ceux-là mêmes qui sont mis en œuvre dans les cancers spontanés, ce qui
introduit le concept de stress génotoxique dû à l’irradiation : les mutations importantes ne sont pas celles qui sont directement induites mais celles qui résultent de
la réaction que la lésion initiale de l’ADN déclenche.
RÉACTION CELLULAIRE À L’IRRADIATION
L’importance croissante que prend cette notion est contemporaine des progrès de
la biologie moléculaire et cellulaire qui permettent d’envisager les réactions cellulaires à l’agression d’une manière globale, avec le développement des outils de type
19 On peut faire acquérir, in vitro, à certaines cultures cellulaires non-cancéreuses des comportements
voisins de cellules tumorales sous l’effet de traitements cancérogènes. Toutes les cellules ne s’y
prêtent pas et ce n’est que très récemment qu’on a pu ainsi « cancériser » des cellules humaines
normales, en bloquant préalablement les mécanismes de la sénescence et du contrôle de l’apoptose.
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rant à l’instabilité génétique reste encore très incomplètement élucidée et pourrait
être en grande partie comparable à une réponse de stress [16]. En effet, de nombreuses observations se rapportant à la mutagenèse ou à la cancérisation in vitro 19
s’expliquent mieux par un système d’interactions cellulaires, c’est-à-dire par un
« effet de champ », que par l’irradiation d’un seul gène ou d’une seule cellule [15].
LES LÉSIONS MOLÉCULAIRES INDUITES PAR DE FAIBLES DOSES
Les lésions moléculaires induites par de faibles doses sont diluées dans celles provenant du métabolisme cellulaire. Les dommages créés par l’irradiation s’ajoutent
aux autres lésions de l’ADN, produites en permanence par l’hydrolyse spontanée
de la molécule et les interactions qu'elle subit avec les espèces radicalaires, dérivées naturellement du métabolisme oxydatif provenant de la respiration cellulaire.
Bien qu’il y ait des différences notables d’appréciation de cette contribution, un
bilan de 10 000 lésions de l’ADN par jour et par cellule paraît vraisemblable. En
comparaison l’impact d’une dose de 1 mSv, par an, correspondant globalement à
une seule interaction dans chaque cellule avec une trajectoire électronique, paraît
extrêmement dilué dans la somme des événements quotidiens [17]. On accorde
pour cette raison aux lésions les plus complexes de l’interaction des rayonnements
avec l’ADN un rôle spécifique dans la genèse des effets pathogènes aléatoires. Les
lésions complexes, incluant ruptures double brin de la chaîne d’ADN, pontages et
dommages de base, sont ainsi supposées être les moins réparables et, de ce fait,
les plus impliquées dans les phénomènes de cancérogenèse induite [2]. L’importance de cette notion pour la compréhension de la mortalité cellulaire et de la mutagenèse ne peut être négligée, néanmoins elle n’implique pas de mécanisme spécifique conduisant aux conséquences tardives de l’irradiation. Les mutations qui en
résultent notamment ne se distinguent pas de celles dues à d’autres causes et
ne permettent pas d’attribuer à l’irradiation une signature dans les tumeurs radioinduites, ce qui semble indiquer que les mécanismes mis en œuvre après irradiation sont ceux-là mêmes qui sont mis en œuvre dans les cancers spontanés, ce qui
introduit le concept de stress génotoxique dû à l’irradiation : les mutations importantes ne sont pas celles qui sont directement induites mais celles qui résultent de
la réaction que la lésion initiale de l’ADN déclenche.
RÉACTION CELLULAIRE À L’IRRADIATION
L’importance croissante que prend cette notion est contemporaine des progrès de
la biologie moléculaire et cellulaire qui permettent d’envisager les réactions cellulaires à l’agression d’une manière globale, avec le développement des outils de type
19 On peut faire acquérir, in vitro, à certaines cultures cellulaires non-cancéreuses des comportements
voisins de cellules tumorales sous l’effet de traitements cancérogènes. Toutes les cellules ne s’y
prêtent pas et ce n’est que très récemment qu’on a pu ainsi « cancériser » des cellules humaines
normales, en bloquant préalablement les mécanismes de la sénescence et du contrôle de l’apoptose.
