22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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De nombreux groupes humains exposés néanmoins à des niveaux relativement élevés de rayonnements ionisants d’origine naturelle ou artificielle n’ont pas développé
un excès décelable de cancers. Ceci alimente la controverse des faibles doses.
22.3. FAIBLES DOSES
22.3.1. ABSENCE D’EFFETS DES FAIBLES DÉBITS DE DOSE
Un faisceau d’observations épidémiologiques convergentes révèle l’absence d’effets
des faibles débits de dose. De nombreux groupes humains fortement exposés à
l’irradiation naturelle, au Kerala et en Chine notamment, font l’objet de recherches
épidémiologiques soutenues. L’observation de leurs cellules sanguines montre la
trace de cette exposition sous forme d’anomalies chromosomiques mais on n’a
détecté aucune augmentation globale du risque de cancer, ni augmentation des malformations congénitales, ni anomalies cytogénétiques induites chez les nouveaunés dans la population bien surveillée du Kerala, en Inde, particulièrement exposée
à l’irradiation externe et à la contamination par le thorium. Des conclusions identiques sont obtenues dans les populations chinoises exposées et « il est important
de remarquer que l’incidence des cancers dans la plupart des populations exposées
à de faibles suppléments de doses de radiation n’a pas été trouvée augmentée et
que dans la plupart des cas, cette incidence semble avoir été réduite ». Ces arguments ont été repris récemment par l’Académie de médecine [7].
L’ensemble des travailleurs du nucléaire font l’objet d’une enquête de la part du
Centre International du Cancer à Lyon ; cette enquête ne révèle pas d’excès global et si une pente positive semble indiquer un risque accru de leucémie quand la
dose augmente dans le groupe, la pente est inverse pour les autres tumeurs [8].
Par ailleurs, l’étude épidémiologique historique des radiologues britanniques pour
la période 1897-1997 [3] vient d’établir que, pour les radiologues inscrits après 1954,
il n’existe pas d’excès de cancers chez ces praticiens par rapport à leurs confrères
non-radiologues, la tendance conduisant plutôt à un déficit. Il en est de même pour
de nombreux groupes de travailleurs professionnels exposés aux rayonnements
ionisants, notamment les manipulateurs de radiologie : alors que la fréquence des
cancers avait augmenté chez eux pendant la période où aucune mesure de radioprotection n’était prise, les excès de cancers ont disparu quand les doses ont été
réduites aux normes (50 mSv/an) en vigueur jusqu’en 1990 [6]. Enfin, de nombreuses relations dose-effet pour les tumeurs humaines induites en milieu professionnel ou médical se caractérisent par des relations non-linéaires évoquant l’existence
de seuils. C’est en particulier le cas avec des émetteurs alpha (radium et thorium
notamment), dont on devrait attendre pour des raisons biologiques qu’ils conduisent à des relations linéaires sans seuil, ceci en raison du caractère peu réparable
qui affecte les lésions moléculaires dues aux rayons alpha [9].
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