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Gérard CLAUDET
La réaction, dite de transesterification, est réalisée dans des unités de capacité
voisine de 100 000 t/an (une de 250 000 t/an).
Elle peut s'écrire schématiquement :
1 t d'huile végétale + 100 kg de méthanol = 1 t d'EMHV + 100 kg de glycérine
Par la présence de méthanol, on retrouve dans le Diester une fraction de produit
d'origine fossile.
En 2002, le Diester était incorporé au gazole automobile jusqu'à 5%, et environ
4000 véhicules de flottes captives, appartenant aux membres du « club des villes
Diester », devenu en 2003 « partenaires diester », fonctionnaient avec un taux
de 30%.
L'éthanol ou son dérivé l'Ethyl-Tertio-Butyl-Ether (ETBE) [15]
L'utilisation d'alcool pur n'est possible que dans des moteurs conçus et réglés
spécialement, notamment en ce qui concerne les taux de compression et les
systèmes d'admission.
L'emploi en mélange avec l'essence de pétrole peut être envisagé sans aucune
modification matérielle, mais une autre limitation apparaît avec le risque de démixtion des mélanges en présence d'eau, normalement absente mais accidentellement possible.
Pour ces raisons, et malgré le désir de réduire plus fortement les émissions de
gaz à effet de serre (N 2 O, CH 4 , CO 2 ), le compromis retenu en France, et récemment en Espagne, consiste en l'incorporation, jusqu'à 15%, d'ETBE comme additif de formulation oxygéné dans les essences sans plomb.
La réaction de formation de l'ETBE peut s'écrire :
47% éthanol déshydraté + 53% isobutylène (fossile) = 100% en masse ETBE
Avec une introduction de 15% en volume dans l'essence, on obtient, pour les
véhicules à pot catalytique, une réduction de 4% des hydrocarbures imbrûlés et
de 18% des émissions de benzène, en plus de la réduction d'émission de CO 2 .
Ces deux filières ont permis de substituer 300 000 tep de produits pétroliers, en
2002, en évitant ainsi l'émission de 810 000 t de seul CO 2 (1 000 000 t équivalent
CO 2 pour la somme de tous les gaz à effet de serre).
Les principales caractéristiques de l'action biocarburants, en France, sont résumées
dans le tableau IV, d'où il ressort de nombreux avantages, déjà cités, mais qui fait
aussi apparaître quelques limitations dont il faudra tenir compte dans les perspectives à plus long terme :
avec des indices énergétiques (énergie restituée/énergie fossile utilisée) relativement faibles, notamment pour l'éthanol et l'ETBE, et compte tenu des quantités
produites, l'impact de la substitution des biocarburants aux produits pétroliers
reste d'une efficacité limitée.
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